Réunion à Paris pour sortir de l'impasse au Proche-Orient

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RÉUNION À PARIS SUR LA SITUATION AU PROCHE-ORIENT
RÉUNION À PARIS SUR LA SITUATION AU PROCHE-ORIENT

par Elizabeth Pineau et John Irish

PARIS (Reuters) - Les représentants de 28 pays et organisations, dont le secrétaire général de l'Onu et le secrétaire d'Etat américain, se retrouvent vendredi à Paris pour une conférence destinée à remettre en haut de l'agenda diplomatique un processus de paix israélo-palestinien paralysé.

François Hollande ouvrira les débats de cette réunion, née d'une volonté de rétablir un semblant de confiance entre Israéliens et Palestiniens, alors que les efforts pour ramener la paix sont dans l'impasse depuis plus d'un an.

L'idée est aussi de prévenir une nouvelle explosion de violence dans une région fragile, en particulier à Gaza.

"Si l'on ne sort pas de l'impasse, nous courons à la catastrophe", prévient le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, dans un entretien au Monde.

"Notre volonté est de sortir du statu quo actuel. Sur le terrain, notamment dans les territoires palestiniens, la situation se dégrade", dit-il. "J'ai largement consulté : les pays de la région s’inquiètent de cette situation sans perspective".

Jean-Marc Ayrault, qui s'est rendu sur place le mois dernier, cite notamment "la colonisation qui se poursuit, organisée ou diffuse" et "l'espace disponible qui se réduit" pour un Etat palestinien.

"Dans les territoires palestiniens ou dans les camps en Jordanie et au Liban, la propagande de Daech exploite le désespoir. Tous ceux qui sont soucieux de la paix et veulent la sécurité dans la région font ce même constat", ajoute-t-il.

L'initiative française est donc motivée par la volonté de ne pas laisser un vide politique et diplomatique dans ce dossier, sans quoi "on risque d'aller vers beaucoup plus de violences", dit un diplomate parisien.

En visite en Israël et dans les territoires palestiniens ces dernières semaines, ni le Premier ministre Manuel Valls, ni Jean-Marc Ayrault n'ont réussi à rallier le chef du gouvernement israélien, Benjamin Netanyahu, à l'idée française de conférence de paix.

Israël redoute qu'un tel forum international ne cherche à dicter les termes d'un accord visant à l'établissement d'un Etat palestinien et lui préfère des négociations directes avec les Palestiniens.

"IL FAUT QUE LA TENSION BAISSE"

"Si on les met autour d'une table, il est fort probable que la discussion ne durera pas plus que quelques minutes", explique-t-on à Paris. "Nous souhaitons recréer l'environnement, la confiance, l'horizon politique pour que des négociations directes, in fine, puissent prendre place."

Le communiqué final de la réunion devrait réaffirmer les principes d'un accord, sans entrer dans trop de détails sur les questions délicates que sont la création d'un Etat palestinien, les colonies, la sécurité des deux parties et les frontières.

L'espoir est d'organiser une autre conférence après les élections américaines de novembre, cette fois avec les principaux intéressés.

Les pourparlers israélo-palestiniens sont au point mort depuis l'échec de la relance des efforts de paix par les Etats-Unis en 2014.

Outre l'Onu et les Etats-Unis, la Russie, la Chine, l'Indonésie, le Canada et près de la moitié des pays de l'Union européenne seront représentés, de même que la Ligue arabe, l'Arabie saoudite, l'Egypte, la Turquie et le Maroc.

Un niveau élevé de participation que Paris met en avant pour souligner l'utilité de cette réunion face aux scepticismes.

"La méthode est fondée sur le pragmatisme et une forme de modestie. La France n'a pas la prétention de résoudre ce problème seule", se défend un diplomate.

Selon Jean-Marc Ayrault, l'idée est d'envoyer le message suivant aux Palestiniens et aux Israéliens : "Nous n'allons pas négocier à votre place, c'est votre responsabilité, Israéliens et Palestiniens, mais nous voulons vous aider".

Le chef de la diplomatie propose la mise en place de plusieurs groupes de travail. L'un d’eux se concentrera sur l'économie, un autre sur les questions de sécurité.

Les efforts de la conférence vont rejoindre ceux du Quartet (Etats-Unis, Union européenne, Russie et Nations unies), qui devrait publier d'ici peu un rapport sur la situation sur terrain.

"Il faut que la tension baisse. Si elle monte, vous avez la probabilité d'une explosion à Gaza, en Cisjordanie ou les deux, et personne n'y a intérêt", insiste-t-on à Paris.

(Edité par Sophie Louet)

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