Réunion à hauts risques pour le conseil de Volkswagen mercredi

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* Pötsch va présider son premier conseil en pleine tourmente * VW est censé présenter avant jeudi un plan détaillé en Allemagne * Le patron de la filiale US sera entendu jeudi au Congrès par Andreas Cremer WOLFSBURG, Allemagne, 6 octobre (Reuters) - Hans Dieter Pötsch présidera mercredi pour la première fois le conseil de surveillance de Volkswagen VOWG_p.DE , une réunion qui pourrait être l'une des plus importantes de l'histoire du groupe en raison de l'ampleur du scandale de la fraude aux tests anti-pollution. Cette réunion extraordinaire des 20 membres du conseil, plus de deux semaines après la révélation de l'affaire par les autorités américaines, doit débuter à 9h00 (07h00 GMT) au siège du groupe à Wolfsburg, ont précisé des sources au sein de Volkswagen. Elle pourrait durer des heures tant sont nombreux et complexes les sujets inscrits à l'ordre du jour, ont-elles précisé. Ces débats auront lieu à quelques heures de l'échéance fixée par les autorités allemandes au constructeur pour présenter un plan détaillé de modification des quelque 11 millions de véhicules concernés, et à la veille de l'audition du patron de la filiale américaine de VW au Congrès américain. Mardi, le nouveau président du directoire, Matthias Müller, nommé fin septembre après la démission de Martin Winterkorn, s'est adressé pour la première fois en public à plus de 20.000 salariés réunis sur le site de Wolfsburg. "Nous allons surmonter la crise", a-t-il promis. Mais il a averti que tous les projets et les investissements seraient réévalués et qu'il y aurait des coupes "massives" dans certains domaines. "Je vais être très transparent: cela ne se fera pas sans douleur", a-t-il dit. La capacité de Volkswagen à regagner la confiance des automobilistes et des investisseurs pourrait dépendre des deux échéances clés qui attendent le groupe cette semaine. D'une part, la KBA, l'autorité fédérale allemande du secteur automobile, exige du groupe qu'il présente avant jeudi un plan de mise en conformité de ses voitures avec les règles en vigueur en matière d'émissions, et d'autre part, Michael Horn, le président de la filiale américaine, doit témoigner jeudi devant une commission du Congrès américain. BESOIN DE CLARTÉ Pour le constructeur, ces deux échéances sont l'occasion de répondre aux critiques qui mettent en cause la lenteur de ses réactions face au scandale et la rareté des mesures concrètes mises en oeuvre. S'il a reconnu le 22 septembre que 11 millions de véhicules dans le monde étaient équipés du logiciel permettant de fausser les résultats des tests d'émissions, VW a attendu vendredi, le 2 octobre, pour mettre à la disposition de ses clients les informations leur permettant de savoir s'ils sont concernés. Et pour l'instant, ceux qui savent que leur voiture ou leur utilitaire devra être modifié ignorent comment cela se passera et si cela aura des conséquences sur la consommation de carburant et les performances du véhicule. Des éléments clés dont pourraient dépendre le nombre et la nature des procédures judiciaires menaçant le groupe. Ce dernier ayant déclaré que huit des 11 millions de véhicules affectés avaient été vendus dans l'Union européenne, l'enjeu judiciaire et financier en Europe pourrait bien dépasser celui qui se joue aux Etats-Unis. "On a besoin de clarté sur l'Europe", estime Max Wurburton, analyste de Bernstein, dans une note publiée cette semaine. "Si le problème est contenu aux Etats-Unis (...) alors les conséquences financières seront gérables. Mais si VW a triché aussi en Europe, la situation deviendra bien plus grave." Dernier dossier délicat pour le conseil de surveillance mercredi: celui des responsabilités internes. Plus de dix dirigeants du groupe ont été suspendus, dont trois responsables de l'ingénierie. Mais une source proche du conseil de surveillance a déclaré lundi à Reuters que l'enquête interne en cours n'avait pour l'instant mis au jour aucune preuve mettant en cause ces cadres. Volkswagen a prévenu que ses investigations et celles du cabinet juridique américain Jones Day prendraient des mois. Mais il n'est pas sûr que cet appel à peine voilé à la patience suffise à contenter les parlementaires américains jeudi face à Michael Horn. Deux sources proches du conseil ont déclaré que la réunion de mercredi visait entre autres à fournir à Michael Horn des informations détaillées sur la manipulation des résultats des tests aux Etats-Unis. (avec les bureaux de Reuters; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)


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