Réunica : " Nous voudrions davantage de commentaires sur la gestion réalisée par le gérant"

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(NEWSManagers.com) - Francis Weber, directeur financier de Réunica



Cadre d'une institution qui gère près de dix milliards d'euros, Francis Weber est également vice-président de l'AF2I. Une fonction qui l'a conduit a présider à la rédaction du " Guide du reporting des fonds ouverts" publié par l'association. Interrogé par Newsmanagers, ce responsable explique ici les attentes d'un investisseur institutionnel de premier plan vis-à-vis des gestionnaires d'actifs auxquels il a recours.
Newsmanagers : Combien Réunica gère-t-elle d' actifs et à combien de gestionnaires vous adressez-vous ?
Francis Weber : Actuellement nous gérons quelque 9 milliards d'euros mais ce montant va diminuer de plus d' un milliard d'euros du fait des prélèvements nécessaires pour faire face aux besoins de trésorerie des régimes AGIRC-ARRCO. Nous externalisons la quasi-totalité de nos encours, nous sommes même un des rares grands institutionnels à déléguer autant. De ce fait, nous entretenons des relations avec une quinzaine de maisons qui gèrent des fonds dédiés pour nous. Mais nous investissons aussi dans des fonds ouverts, de sorte qu'au total nous travaillons avec une centaine de gestionnaires. Nous confions des fonds dédiés à de grands établissements mais nous aimons également travailler avec des petites structures (" boutiques " ) qui sont souvent plus réactives et spécialisées sur une classe d' actifs.
NM : Dans quelle mesure recourez-vous aux maisons étrangères ?
F. W. : Nous confions des actifs à quelques-unes d'entre elles. Leur nombre serait plutôt à la hausse, ce qui va de pair avec la diversification de nos investissements hors de la zone euro. Il s' agit principalement d' établissements suisses et anglo-saxons.
NM : Avez-vous déjà anticipé l'introduction de la directive Solvabilité II dans votre allocation d'actifs ?
F. W. : Certes. Nous avons ainsi ajusté la structure de notre portefeuille. Nous avons réduit l' exposition des portefeuilles aux actions qui ne représente plus que 20 % environ de l'ensemble contre 30 % précédemment. Quant aux produits de taux, ils occupent le solde, soit à peu près 80%. Il faudra procéder à l' estimation du coût en capital des différentes composantes du portefeuille.
NM : Votre allocation aux actions diminue. Au profit de quelles autres classes ?
F. W. : Par exemple les obligations convertibles et les produits de performance absolue. Cela dit, nous nous intéressons aussi aux actions émergentes et non aux obligations de cette zone. Les positions sont couvertes sur les changes.
NM : Utilisez-vous des trackers ou des hedge funds ?
F. W. : Nous avons effectivement recours aux ETF pour les grands marchés, comme le CAC 40 par exemple. La gestion alternative, en revanche, a un rôle relativement discret chez nous. Il y a deux ans, elle représentait encore 3 % des actifs contre 1% aujourd'hui. Et ce sont surtout des stratégies long/short equity.
NM : Réunica délègue-t-elle aussi le reporting ?
F. W. : Non. Nous tenons à conserver cette activité en interne. Nous disposons d'ailleurs d'une équipe dédiée de trois personnes.
NM : Quelle importance attribuez vous aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ?
F. W. : En direct, nous investissons peu sur des fonds ESG. Mais nous avons demandé à un cabinet spécialisé, Vigeo, de réaliser une étude de qualité ESG sur tout notre portefeuille Ce dernier a obtenu une note supérieure à la moyenne. En ce qui concerne les valeurs les moins bien notées, nous allons émettre des recommandations. Nous commençons d'ailleurs à le faire. En fait, nous en sommes encore au stade où nous dépouillons l'étude. Il reste à identifier à la fois les valeurs et les gestionnaires concernés. Cela se limitera logiquement aux gestionnaires qui sont responsables de fonds dédiés créés pour nous.
NM : Vous avez présidé le groupe de travail qui a mis au point le décalogue du reporting à l'usage des gestionnaires d'actifs publié fin septembre 2010. Quelles sont celles des recommandations de ce document qui vous tiennent le plus à c?ur en tant que directeur financier de Réunica ?
F. W. : Je voudrais d'abord souligner que la qualité d'ensemble de reporting fourni par les gestionnaires s'est considérablement améliorée ces dernières années. Cela posé, notre gros souci reste le délai de communication de ce reporting. Et puis nous insistons beaucoup sur une transparence maximale du portefeuille ainsi que de tous les frais de gestion, au-delà de ceux qui sont affichés dans la communication habituelle. Autrement dit, le vrai taux de frais sur encours.
NM : Vous aviez aussi quelques demandes concernant les commentaires de gestion ?
F. W. : Oui. Nous n'avons finalement que faire du nième bilan de la situation macro-économique qui représente souvent une grande partie des commentaires. Nous sommes parfaitement capables de nous faire une opinion par nous-mêmes. En revanche, nous voudrions davantage de commentaires centrés sur la gestion réalisée effectivement par le gérant.

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