Rétrospective 2012 (3ème partie) – 2012, la Bourse dans tous ses états…

Boursorama le
3
Troisième volet de notre rétrospective de l’année 2012. L’introduction en Bourse de Facebook devait être l’évènement de l’année à Wall Street. Le fiasco sera à la hauteur de la couverture médiatique. En France, le Cac 40 a retrouvé des couleurs, surtout les valeurs bancaires (*).

Millésime 2012 positif à la Bourse de Paris. Beaucoup d’actionnaires ont beau avoir déserté les marchés actions et préfèrent encore se réfugier sur des placements réputés « plus sûrs » mais qui ne rapportent rien, le Cac 40 a retrouvé quelques couleurs cette année, surtout à partir du deuxième semestre. Début juin, l’indice phare de la Place parisienne était repassé sous les 3.000 points... Ce n’est finalement qu’à partir de la fin juillet, après les paroles rassurantes de Mario Draghi (voir la Rétrospective (1ère partie)), que la situation se décante. Les investisseurs reprennent peu à peu confiance. Au 21 décembre en clôture, le Cac 40 s’adjugeait finalement 15,7% depuis le début de l’année. Les valeurs bancaires qui avaient été particulièrement sanctionnées par la crise se sont envolées dans la deuxième partie de l’année : l’action Société Générale bondit de 68% sur la même période, BNP Paribas de 44,5% et Crédit Agricole de 40%. Même les projets du gouvernement de réforme bancaire n’ont pas entamé l’euphorie du rebond. Si le scénario du pire n’est plus « pricé » dans les cours, il faut cependant constater que les valorisations des valeurs bancaires restent toujours faibles.

Parmi les vedettes de l’exercice 2012, on relève Lafarge en tête des valeurs les mieux orientées du Cac 40 (+75,5%). Le cimentier profite de son exposition à la croissance des pays émergents. D’autres valeurs ont fait beaucoup parler d’elles à l’instar d’Iliad (Free) qui a bousculé avec fracas le monde de la téléphonie mobile. L’action s’adjuge 38% alors que l’opérateur historique France Télécom dévisse dans le même temps de 31%. Coup de chapeau également à Gemalto (+86,5%) qui intègre le Cac 40 en cette fin d’année. La valeur technologique remplace Alcatel Lucent qui abandonne encore près de 20% en 2012.

Facebook fait un flop

Ce devait être l’introduction de l’année, un évènement planétaire ! L’arrivée fracassante à Wall Street du réseau social star sur lequel des centaines de millions de jeunes et moins jeunes passent leurs journées... Au final, l’introduction en Bourse de Facebook restera dans les mémoires comme... un flop retentissant. Introduit le 18 mai à 38 dollars, l’action entamera très vite une chute vertigineuse. Facebook devait valoir 100 milliards de dollars, et pourquoi pas 200 ? Il ne faudra pas longtemps aux investisseurs pour réaliser que la monétisation du célèbre réseau social ne répond pas aux attentes. Tombée sous les 20 dollars au cours de l’été, la valeur se reprendra en fin d’année à un peu plus de 25 dollars. En 2012, la véritable star de la Bourse de New York sera resté... Apple. Début septembre, l’action de la firme de Cuppertino atteint même les 700 dollars avant de subir une sévère correction pendant l’automne. La sortie de l’iPhone 5 n’aura pas forcément tenu ses promesses. Tim Cook, malgré ses efforts, n’a pas le charisme de Steve Jobs et beaucoup d’investisseurs redoutent désormais la « normalisation » de la firme à la pomme, dont l’action gagne toutefois 160% depuis 3 ans !

Les déboires de PSA

En France, on aura beaucoup parlé automobile et sidérurgie en 2012. Malgré le ralentissement des ventes d’automobiles dans un marché européen surcapacitaire, Renault réalise une année boursière faste : le titre a bondi de 53%. Le succès de Nissan et la meilleure internationalisation profitent à la marque au losange tandis que celle au lion fait grise mine. L’action Peugeot a dévissé de 54%. PSA Peugeot Citroën a bel et bien vécu en 2012 une « annus horribilis ». Le 12 juillet, Philippe Varin annonce un plan drastique de réduction des coûts : 8.000 suppressions d’emplois et la confirmation de la fermeture de l’usine d’Aulnay. L’inquiétude gagne les investisseurs : PSA perdrait de l’argent. Le groupe « brûlerait » 200 millions de cash flow chaque mois. En septembre, la publication du rapport Sartorius, du nom de l’expert mandaté par le gouvernement, confirme la nécessité de cette restructuration mais pointe les erreurs stratégiques de la direction antérieures à 2012 : la trop faible internationalisation du groupe et le comportement de la famille Peugeot qui a notamment privilégié les versements de dividendes et les rachats d’actions (6 milliards d’euros dépensés entre 1999 et 2011).

Après l’été, la tempête médiatique s’abattra sur une autre valeur du Cac 40 : ArcelorMittal. Contrairement à Peugeot, le groupe sidérurgique dirigé par Lakshmi Mittal n’a pas inquiété les marchés à cause de sa situation financière (le titre abandonne tout de même 9% depuis le 01/01/2012). C’est la décision de la direction d’arrêter les hauts-fourneaux du site de Florange en Lorraine qui va contribuer à allumer l’incendie en France. Arnaud Montebourg, ministre du redressement positif, réclame la nationalisation, créant un espoir chez les ouvriers de l’usine et un grand débat en France. Un plan est finalement annoncé début décembre. De vagues promesses sur l’emploi sont données par la direction de Mittal mais l’arme ultime de la nationalisation n’est pas retenue. Comme dans l’automobile, la sidérurgie européenne est en surcapacité et échappera difficilement à la rationalisation de son outil industriel...

2012 n’aura pas été l’année des énergéticiens français. EDF décroche de 25,5% et GDF Suez de 27%. Ces mastodontes, exposés à la réglementation de leur marché domestique, n’ont pas la cote auprès des investisseurs. Le 6 décembre, GDF Suez a vécu son jeudi noir. Après l’annonce de perspectives dégradées pour 2013 et 2014, l’action a chuté de 11,3% en une seule séance. En cinq ans, GDF Suez plonge de plus de 62%. Quant à EDF, la valeur dévisse de 83% sur la même période !

Julien Gautier


(*) : Cours arrêtés au 20/12

ILS L’ONT DIT SUR BOURSORAMA :

Le 31 mai. Benoît Flamant, directeur général d’IT Asset Management, à propos du fiasco de l’introduction en Bourse de Facebook : « Cette arrivée en Bourse ratée de Facebook soulève plusieurs interrogations. C’est la première fois que des analystes associés à l’opération d’introduction en Bourse revoient leurs prévisions de croissance avant même la fin du road show traditionnel organisé pour l’évènement ! Or, le principe de « fair information » à tous les acteurs du marché a été largement battu en brèche... » Relire la suite de l’interview

Le 26 septembre. Marc Favard, directeur général d’Amilton AM et responsable des gestions, sur la hausse des marchés actions à partir de l’été : « Beaucoup de gérants ont raté le rally de l’été mais comprennent qu’il leur faut peu à peu se repositionner sur les marchés actions. Car si les flux restent concentrés sur les marchés obligataires, les performances sont décevantes, notamment dans l’investment grade. A court terme, l’attentisme reste dominant malgré le retour de quelques capitaux américains sur l’Europe et les pays émergents. Cela peut constituer une opportunité pour investir... » Relire la suite de l’interview

Le 27 novembre. Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS, à propos du projet de nationalisation du site de Florange (ArcelorMittal). « Arcelor Mittal est un groupe intégré en France. Si l’on décidait de nationaliser Florange, on désorganiserait le processus de production du groupe dans l’Hexagone. Le site de Dunkerque travaille par exemple pour la filière froide de Florange. De même, cette opération s’apparenterait à une aide publique qui devrait être justifiée auprès de la Commission européenne... » Relire la suite de l’interview



Rétrospective (1ère partie) - Crise de la zone euro : stop ou encore ?
Rétrospective (2ème partie) - 2012, l’année du changement ?

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • dwwd le vendredi 11 jan 2013 à 03:20

    La bourse augmente ??? Sur 6 ans, beaucoup y ont laissé des plumes. Oui le CAC est monté en 2012 mais cela cache très mal des années assez dures auparavant. Investir en bourse n'est pas de tout repos et rien n'est garanti. Sauf pour ceux qui ont la mémoire sélective !

  • guerber3 le mercredi 2 jan 2013 à 09:00

    Grâce à la monnaie-monopoly de Mario Draghi, les banques ont été sauvé de la faillite et ont donc fait monter les marchés..mais ce n'est pas avec ce genre de désinformation que l'avenir est devenu rose...les salaires baissent, le chômage augmente...et certains attirent les pigeons vers les actions...!

  • M7361806 le vendredi 28 déc 2012 à 10:37

    Avec les socialos au pouvoir en France la pauvreté augmente, la bourse aussi, expliquez-moi pouquoi !