Rétro : 2007, le triomphe des Boks et la déroute des Bleus

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Douze ans après leur premier sacre mondial, les Springboks sont titrés au Stade de France au terme d'un tournoi maîtrisé. Les Français ont, eux, fonctionné sur courant alternatif avant d'être sortis en demi-finales par leur meilleur ennemi anglais.

Les Boks, maîtres incontestés
Le trophée Webb-Ellis repasse sous l’équateur. Quatre ans après le sacre de l’Angleterre, le premier pour une nation de l’hémisphère Nord, l’Afrique du Sud remporte en 2007 la Coupe du monde pour la deuxième fois de son histoire. Si ce titre n’est pas aussi symbolique que celui de 1995, empoché par les Springboks à la maison dans un contexte politique très particulier, il récompense logiquement l’équipe la plus régulière du tournoi. Sortant d’un Tri-Nations manqué avec une seule victoire en quatre matchs, les hommes de Jake White, emmenés par Victor Matfield, Bakkies Botha ou encore François Steyn, débarquent en France sur la pointe des pieds avant d’attaquer la phase de poules. Leur statut ne tarde pas à changer après un premier tour impressionnant, illustré par la gifle infligée à l’Angleterre au Stade de France (0-36). Figurant désormais parmi les favoris du tournoi, l’Afrique du Sud connaît sa plus grosse frayeur de la compétition en quarts de finale contre les Fidji. Cette sélection du Pacifique séduit toute la planète rugby par son jeu et sa fraîcheur, notamment lors de sa victoire pleine de panache contre le pays de Galles en poules (34-38).

Elle conquiert définitivement les spectateurs et les observateurs en faisant sérieusement douter les Boks. Les deux équipes sont encore à égalité à une vingtaine de minutes du coup de sifflet final avant que la rencontre ne bascule (37-20). Les équipiers de Percy Montgomery, meilleur réalisateur de la compétition (105 points inscrits), se défont en demies de l’Argentine (37-13), sensation de l’édition en 2007 en s’incrustant à la surprise générale dans le dernier carré, avant de retrouver le XV de la Rose en finale. Piqués au vif après leur lourd revers du premier tour contre les Sud-Africains, les Anglais ont réagi en mettant en place une stratégie minimaliste et pragmatique. La réussite les accompagne en quarts face à l’Australie (12-10) en quarts puis contre la France (14-9) en demies avant de buter sur la dernière marche. Les partenaires du capitaine John Smit sont couronnés à Saint-Denis au terme d’un match sans relief et maîtrisé sans trembler pour détrôner le tenant du titre (15-9). Ils rejoignent ainsi les Wallabies en tête des nations les plus titrées au Mondial.

Eternels favoris, les Néo-Zélandais s’extirpent en toute tranquillité du premier tour, avec quatre victoires et une moyenne de plus de 77 points par rencontre. Mais ils sont emportés par la furia française à Cardiff et sont éliminés dès les quarts de finale, leur plus mauvaise performance en Coupe du monde. Alors que les nations du Tournoi ne sont pas à la fête (Irlande, Galles et Italie éliminés dès le premier tour, l’Ecosse en quarts), d’autres sélections du Nord se révèlent, comme la Géorgie. Les compatriotes de Mamuka Gorgodze sont d’ailleurs tout proche de faire tomber le XV du Trèfle à Bordeaux (défaite 14-10). Pour leur première participation, les Portugais ne sont pas ridicules, même s’ils prennent une déculottée contre les Blacks (108-13, le score le plus large du tournoi). Des promesses pour la suite et la preuve de la mondialisation du rugby.

Le phénomène Bryan Habana
L’ailier sud-africain est la grande révélation de la compétition. Par sa vitesse, son goût pour le jeu et son sourire qui ne quitte jamais son visage, il régale le public français. Au sein d’une équipe en pleine confiance et complètement libérée offensivement, il sublime le travail collectif avec ses qualités de finisseur. En toute logique, il termine meilleur marqueur d’essais du Mondial 2007 avec huit réalisations et égale ainsi le record établi par Jonah Lomu en 1995. Il sera élu dans la foulée meilleur joueur de l’année par l’International Rugby Board. En l’espace d’un mois et demi, il est ainsi devenu l’un des phénomènes de la planète rugby.

Un immense gâchis
Alors que la Coupe du monde est organisée pour la première fois sur son sol, l’équipe de France rate une belle opportunité de glaner son premier sacre planétaire. Intéressants lors des matchs de préparation, avec deux succès contre l’Angleterre (15-21 puis 22-9) et une victoire face au pays de Galles (7-34), les partenaires de Fabien Pelous et Raphaël Ibanez tombent de leur nuage dès leur entrée dans le Tournoi. Ils tombent face à l’Argentine lors du match d’ouverture, au grand dam des 80 000 spectateurs du Stade de France (12-17). Ils assurent finalement l’essentiel, en sécurisant la deuxième place de leur groupe derrière les Pumas en enchaînant sur trois victoires, contre la Namibie (87-10), l’Irlande (25-3) et la Géorgie (64-7).

Terminer deuxième oblige les Bleus à croiser le fer avec l’ogre néo-zélandais dès les quarts de finale. Pour ce match « délocalisé » au Millennium Stadium de Cardiff, les Français tombent les Blacks au bout d’une rencontre d’une intensité folle. Après les avoir défié du regard lors du haka en se plaçant à un mètre de leurs adversaires avec des maillots bleu, blanc rouge, ils créent la sensation. Les équipiers de Thierry Dusautoir, héroïque en défense avec 33 plaquages, résistent avant de porter l’estocade. Le troisième ligne toulousain inscrit le premier essai de son équipe avant que Yannick Jauzion n’inscrive celui de la victoire à une dizaine de minutes de la fin. Une réalisation entachée d’un léger en-avant sur la dernière passe Frédéric Michalak que l’arbitre anglais Wayne Barnes ne signale pas. Ce fait de jeu n’enlève rien à la performance des Français.

Ces derniers retrouvent leur meilleur ennemi anglais au tour suivant et payent la débauche d’énergie consentie lors de leur escapade galloise. Sans jus et sans inspiration, les Bleus ne se remettent pas d’un nouveau retard à l’allumage, avec un essai encaissé dès la deuxième minute sur une erreur de Damien Traille. S’ils virent en tête à la mi-temps (6-5), ils finissent par céder, la faute à la botte quasi infaillible de Jonny Wilkinson. Le XV de la Rose se qualifie pour la finale (9-14) et envoie les comparses de Serge Bersen vers le match de la troisième place. Les Argentins se présentent à nouveau sur leur route et leur infligent une nouvelle défaite. Les 80 minutes sont une lente agonie pour des Français sur les rotules et sanctionnés par une terrible déroute (10-34). Leur parcours se termine en queue de poisson alors que leur exploit de Cardiff avait fait naître les espoirs les plus fous chez leurs supporters.

Le parcours des Bleus
Poule
Argentine
bat France : 12-17
France bat Namibie : 87-10
France bat Irlande : 25-3
France bat Géorgie : 64-7

Quarts de finale
France
bat Nouvelle-Zélande : 20-18

Demi-finales
Angleterre bat France : 14-9

Match pour la troisième place
Argentine
bat France : 34-10

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