Rétro : 1999, la symphonie inachevée

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Rétro : 1999, la symphonie inachevée
Rétro : 1999, la symphonie inachevée

Au terme d'une compétition haletante, l'Australie est sacrée pour la seconde fois. Mais l'exploit vient de la France qui élimine la Nouvelle-Zélande en demi-finales pour ce qui reste encore l'un des plus grands matchs de l'histoire.

L’Australie au sommet
La Coupe du monde fait sa mue, passant de 20 à 24 équipes. Plus de matchs, plus de spectacle aussi. Comme en 1991, les Samoans de Pat Lam humilient le pays de Galles (31-38) dans une rencontre à rebondissements. La Nouvelle-Zélande de Jonah Lomu, une nouvelle fois meilleur marqueur de la compétition avec huit essais, bat l’Angleterre (31-16) dans un match de haut niveau. Que dire de Jannie de Beer, auteur de cinq drops et de 34 points en quart contre des Anglais écœurés (44-21) ? Ou de l’essai de Diego Albanese pour une victoire historique de l’Argentine face à l’Irlande (28-24) ? Et lorsque les Blacks et les Tongiens exécutent leurs hakas respectifs en même temps et face à face, le monde de rugby exulte de plaisir. Et puis, l’Australie, déjà vainqueur en 1991, devient la première nation à remporter deux fois la Coupe Webb Ellis. Rarement inquiétés jusqu’en demi-finale, les Australiens doivent s’employer en prolongation pour battre l’Afrique du Sud (27-21) au terme d’un rencontre fermée où la seule lumière est venue d’un drop extraordinaire de 45 mètres de Stephen Larkham. Moins flamboyants qu’en 1991, les Wallabies ont bâti leur victoire sur une organisation sans faille autour de George Gregan et une défense hermétique, n’encaissant qu’un seul essai face aux Etats-Unis. Plus qu’une méthode, ce titre célébre la génération dorée du rugby australien Tim Horan, Jason Little, John Eales, déjà présents huit ans auparavant. 

La France héroïque
La défaite historique en Nouvelle-Zélande (47-3) deux mois avant avait presque éteint tout espoir de bien figurer dans la compétition. Le peu qui restait s’évaporant lorsque les sélectionneurs Pierre Villepreux et Jean-Claude Skrela décidaient de ne pas prendre Jean-Luc Sadourny et Fabien Galthié. Le tournoi débutait dans la douleur avec des victoires difficiles contre le Canada et les Fidji. En outre, les blessures successives de Thomas Castaignède et Pierre Mignoni et la suspension de Christian Califano après les Fidji laissaient imaginer le pire. Mais après un quart de finale convaincant contre l’Argentine (47-26), les coéquipiers de Galthié, finalement rappelé en Bleus, ont abordé la demi contre les Blacks avec confiance et volonté. Sous les ordres de Raphaël Ibanez, ces Bleus, regroupés en cercle, préféraient défier le « Kama te » des Black en chantant la Marseillaise. Et dans un Twickenham pour une fois acquis à la cause des Français, l’exploit eut lieu. La Nouvelle-Zélande pensait pourtant avoir fait le plus dur en marquant un deuxième essai par Lomu au début de la seconde mi-temps (24-10). Mais c’était oublier Christophe Lamaison, transcendé et auteur d’un « full house » (1 essai, 4 transformations, 3 pénalités, 2 drops) qui permettait de passer devant. Assénant un irréel 33-7 aux Blacks en 25 minutes, Dominici, Dourthe et Bernat-Salles, un essai chacun, mettaient une touche finale à la symphonie française. Mais comme en 1987, les Français avaient joué la finale avant l’heure. Une semaine plus tard, les Bleus exténués étaient incapables de franchir le rideau défensif australien, subissant une lourde défaite (35-12) pour un nouvel écart record en finale de Coupe du monde. Sachons garder en mémoire la victoire contre la Nouvelle-Zélande qui avait rappelé à la communauté du rugby qu’un match de rugby n’est jamais joué d’avance. Encore plus lorsque les Français sont de la partie.

Le parcours des Bleus
Poule

France bat Canada : 33-20
France bat Namibie : 47-13
France bat Fidji : 28-19

Quart de finale
France
bat Argentine : 47-26

Demi-finale
France bat Nouvelle-Zélande : 43-31

Finale
Australie bat France : 35-12

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