Rétro : 1991, les Wallabies dans la légende

le
0
Rétro : 1991, les Wallabies dans la légende
Rétro : 1991, les Wallabies dans la légende

La deuxième Coupe du monde fut moins spectaculaire que la précédente malgré le jeu flamboyant de l'Australie et l'émergence des Samoa. Le quinze de France a connu, lui, une lente agonie.

L’Australie en jouant
Organisée conjointement par les cinq nations du Tournoi, la Coupe du monde 1991, plus décevante en termes de jeu, a procuré néanmoins son lot d’émotions. La pénalité ratée de Gavin Hasting en demi-finales contre l’Angleterre (défaite 9-6) ou les plaquages destructeurs des Samoans en font partie. Si l'Angleterre visait le titre à domicile, ce fut encore une fois une nation du Sud, l’Australie, qui s’imposa en finale (12-6). Sortis indemnes d’une poule difficile contre le pays de Galles (38-3), l’Argentine (32-19) et les surprenants Samoans (9-3), les Wallabies entraient dans la légende avec une victoire hitchcockienne contre l’Irlande en quarts de finale (19-18). Les hommes de Bob Dwyer, privés de leur meneur Nick Farr-Jones, sorti sur blessure, allaient connaître l’enfer vert de Lansdowne Road. Les Irlandais survoltés prenaient l’avantage au score à quelques minutes de la fin à la suite d’un essai de Gordon Hamilton devant une foule envahissant le terrain de bonheur. Mickaël Lynagh annonçait alors une énième attaque et lançait David Campese dans l’intervalle avant de marquer en bout de ligne.

Passée tout prêt de la défaite, l’Australie joua alors un rugby extraordinaire pour sortir les tenants du titre (16-6). Les Néo-Zélandais furent hypnotisés par le festival de Campese. Auteur d’un essai tout en vitesse, il réussissait une passe aveugle pour Tim Horan. Au bout du compte, la victoire à Twickenham révélait au monde du rugby une génération exceptionnelle de talent et de décontraction : David Campese, meilleur joueur de la compétition, Mickaël Lynagh, Tim Horan et John Eales. Autres (et seules) satisfactions : les victoires des Samoa, vainqueurs du pays de Galles (16-13), en perdition à l’Arms Park, et de l’Argentine (35-12), et le parcours du Canada, valeureux en quarts de finale contre la Nouvelle-Zélande (13-29), élargissaient un peu plus les frontières du rugby. 

Le cauchemar de Blanco
Ce fut une autre histoire pour la France. Dans une ambiance déjà délétère, la non-sélection de Pierre Berbizier au profit du jeune Fabien Galthié ne laissait augurer rien de bon pour la suite. Et pourtant, cette Coupe du Monde devait être le point d’orgue de la génération de Serge Blanco. Le mythique arrière disputait là ses derniers matchs avec les Bleus. Après deux rencontres trop faciles, les hommes de Daniel Dubroca montraient des premiers signes de fébrilité contre de vaillants Canadiens. Une semaine plus tard, le quart de finale au Parc des Prince contre l’Angleterre fut le cimetière de la brillante carrière internationale de Serge Blanco.

Face à des Anglais plus roublards que joueurs, les Français ont livré certainement leur pire match en Coupe du Monde. La tactique concoctée par le capitaine de l’Angleterre Will Carling était claire : faite disjoncter des Français, notamment un Blanco sous pression. La rencontre fut alors d’une grande médiocrité : chandelles, accrochages, marrons, coup bas. Le plan anti-Blanco sapa le moral des Bleus. Victime d’une nouvelle agression, l’arrière français explosait avant d’allumer Nigel Heslop d’une belle gauche. Malgré l’essai de Jean-Baptiste Lafond, son sixième pour le meilleur marqueur de la compétition, la France n’aura jamais eu le match en main, finalement battue à la suite d’une énième chandelle anglaise (10-19). Symbole du désarroi français : Dubroca s'en prenait physiquement à l'arbitre, David Bishop, à la fin de la rencontre. Blanco parti, ce samedi noir garde encore un mauvais goût d’inachevé.

Le parcours des Bleus
Poule
France bat Roumanie : 30-3
France bat Fidji : 33-9
France bat Canada : 19-13

Quart de finale
Angleterre bat France : 19-10

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant