Retraites-Patronat et syndicats français ont rendez-vous en octobre

le , mis à jour à 19:39
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* Des régimes complémentaires dont les réserves s'épuisent * Nouveau rendez-vous syndicats-patronat le 16 octobre * D'importants points de blocages subsistent (Avec fin de la séance de négociation, déclarations) par Emmanuel Jarry PARIS, 22 juin (Reuters) - Les partenaires sociaux se sont donné lundi trois mois de plus pour tenter de surmonter leurs divergences sur l'avenir des retraites complémentaires des salariés français et ont reporté au 16 octobre leur prochaine négociation plénière. Une nouvelle mouture d'un projet d'accord, soumise vendredi aux syndicats par le Medef (voir ID:nL5N0Z53XT , a été jugée encore trop déséquilibrée par ces derniers. Les principaux points de blocage concernent notamment les abattements temporaires et dégressifs proposés par le Medef sur les pensions versées par l'Arrco et l'Agirc pour inciter les salariés à partir plus tard à la retraite, et sur le refus du patronat d'envisager à ce stade une augmentation de cotisation. "On sait qu'il y a un effort à faire mais on veut que l'effort soit partagé entre les retraités, les salariés et les entreprises", avait résumé dès dimanche le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. La session de lundi n'a duré qu'une heure et demie et s'est essentiellement soldée par un nouveau calendrier de discussions. D'ici le 16 octobre, syndicats et patronat discuteront lors de réunions bilatérales des mesures de redressement financier à court terme des deux régimes. Un groupe de travail se penchera parallèlement sur la question du pilotage d'un futur régime unifié, fusionnant l'Arrco et l'Agirc. La CFE CGC, syndicat de l'encadrement, ne veut pas entendre parler de fusion sans définition préalable d'un statut pour les cadres. La CGT y est également opposée à ce stade. Le négociateur de Force ouvrière (FO), Philippe Pihet, a cependant jugé possible de trouver des "terrains d'entente" sur la question du pilotage de l'Agirc-Arrco. Ces deux caisses, gérées par les partenaires sociaux, assurent à 12 millions de retraités un complément de revenu représentant 25% à 50% de leur pension, voire les deux tiers pour des cadres supérieurs. Comme le régime de base des retraites et le système de protection sociale en général, leur équilibre financier est affecté par le vieillissement de la population, l'atonie économique et la montée du chômage. "BASSINE PERCÉE" Si rien n'est fait, les réserves de l'Agirc, le régime des cadres, seront épuisées en 2018 et celles de l'Arrco, à laquelle sont affiliés la quasi totalité des salariés du privé, vers 2023-2025, en raison de déficits répétés, estiment les experts. Le patronat évalue leur besoin de financement entre 8,4 et 11,2 milliards d'euros à l'horizon 2020. Il propose des mesures qui permettraient de faire 6,9 milliards d'euros d'économies d'ici 2020, 10,8 milliards en 2030 et 14,4 milliards en 2040. Il souhaite notamment inciter les cotisants bénéficiant d'une pension à taux plein du régime de base avant 67 ans à retarder leur départ à la retraite, par le biais d'un système d'abattements progressifs et temporaires. Ces abattements sur l'allocation Agirc-Arrco seraient appliqués pendant trois années au maximum après le départ à la retraite (30% la première année, 20% la deuxième et 10% la troisième) et s'annuleraient à partir de 65 ans. Pour le Medef, c'est le seul moyen d'éviter à terme une décote "subie" et permanente, qui pourrait atteindre 12% pour les cadres, a souligné Claude Tendil. Les syndicats s'élèvent contre un tel système. La CFDT serait éventuellement prête à accepter un abattement mais pas plus de 10% et la CFTC n'envisage une décote maximum de 5% qu'en échange d'une hausse de cotisation. FO juge raisonnable d'envisager une hausse de cotisation de 0,4 point d'ici 2020, soit une charge supplémentaire d'environ 1,5 milliard d'euros pour les employeurs, selon Philippe Pihet. Mais le négociateur du Medef objecte que "verser de l'eau dans une bassine percée ne la remplira jamais". "Le problème de la cotisation n'est pas un sujet tabou mais passe par la résolution structurelle des déficits des régimes", a déclaré Claude Tendil. La session plénière du 16 octobre pourrait ne pas être la dernière, estiment d'ores et déjà les négociateurs. (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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