Retraites : les économistes dénoncent une «non-réforme»

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Le Figaro a interrogé trois économistes pour savoir ce qu'ils pensent de la réforme des retraites de Jean-Marc Ayrault. » Retraites : les gagnants et perdants de la réforme » Retraites : les professions libérales fâchées d'avoir été évincées de la négociation
? Marc Touati, président du cabinet ACDEFI

«C'est une non-réforme! On est très loin du compte pour sauver le système des retraites. Une fois de plus, le gros du coût sera supporté par les entreprises et le travail en général. Le gouvernement parle de réforme juste, mais elle ne l'est pas. Les régimes spéciaux, par exemple, ne sont toujours pas alignés sur le régime général.

Cette réforme s'appuie sur un horizon lointain dont le cadrage économique est très loin de la réalité, que ce soit en termes de croissance ou de chômage. Même remarque pour les prévisions démographiques: rien ne dit que les bébés d'aujourd'hui auront du travail demain, et donc pourront cotiser. Pour sauver les retraites, il faudrait commencer par retrouver la croissance par des mesures fortes: baisser les impôts et couper dans les dépenses publiques de fonctionnement. Il faut ensuite harmoniser les différents systèmes de retraite, supprimer la différence entre le public et le privé et tous les régimes spéciaux qui coûtent une fortune. Enfin, il faut soutenir la retraite par répartition par l'introduction d'un système de capitalisation.»

? Antoine Bozio, directeur de l'Institut des politiques publiques

«L'ensemble des mesures annoncées me semble assez justifié. Les hausses de cotisation sont modérées, mais pas insignifiantes. Par contre, les projections économiques du gouvernement sont très optimistes. On ne pouvait pas attendre plus du gouvernement pour une réforme aussi rapide qui doit rétablir l'équilibre financier du système. Il faut maintenant poursuivre l'effort et aller vers une convergence des différents systèmes de retraite. Il faut aussi assurer un pilotage d'ensemble des régimes qui suive l'évolution de l'espérance de vie et les aléas économiques, afin d'adapter notre système en amont, plutôt que d'attendre d'être face au mur avant de réagir.

Un point, passé pour mineur dans la réforme, est intéressant: la création d'un compte retraite unique pour chaque Français. Ce dispositif de coordination entre les régimes est un premier pas vers leur convergence.»

? Marc Fiorentino, associé chez monfinancier.com

«Le gouvernement n'a pas saisi l'occasion de faire une réforme structurelle des retraites, alors qu'il disposait d'une conjonction d'éléments favorables. On avait une prise de conscience collective très forte depuis quelques mois de la nécessité d'une réforme, l'opinion publique était prête à faire des sacrifices. On risque de le payer cher sur les marchés et auprès de l'Europe, qui attendaient des signes politiques forts de notre volonté de réduire les déficits par des réformes structurelles.

Cette non-réforme est également une mauvaise nouvelle pour la croissance. Si les ménages étaient assurés de la pérennité du système des retraites, ils pourraient libérer une partie de leur épargne qui est une épargne de précaution, principalement pour leur retraite. Elle est actuellement à des niveaux records, et elle pèse sur la consommation. Cette réforme manque de courage politique. Il est certain que le gouvernement devra revenir dessus avant la fin du quinquennat.»

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  • slivo le jeudi 29 aout 2013 à 12:17

    il faudra payer pour les retraités et payer pour la horde de glandus et d'assistés sans travail que l'on fabrique ou importe...

  • SuRaCtA le jeudi 29 aout 2013 à 11:22

    M1945416 c'est la "justice sociale" à la sauce Hollande... ou les catégorie sociaux xprofesionelles correspondant à son éléecorat sont plus égales que les autres ! La taruferie n'a quw trop duré, mettre des rustines pour sauvegarder un systeme profondement inégalitaire est fondamentallement scandaleux !

  • imagine7 le jeudi 29 aout 2013 à 11:02

    Au lieu de prolonger le départ à la retraite que l'on commence par donner du travail aux gens car la personne qui est demandeur d'emploi à 57 ans aurait du mal a retrouver un emploi donc restera encore plus longtemps au chômage !!!

  • M1945416 le jeudi 29 aout 2013 à 10:51

    mais je suis d'accord aussi avec jigi, il y a des catégories qui ne sont pas avantagés, et que "nos politiques, élus"sont bien trop nombreux, que ce serai a mettre à plat aussi

  • M1945416 le jeudi 29 aout 2013 à 10:49

    j'ai une amie, retraitée fonctionnaire, elle touche la retraite depuis ses 50 ans après 15 ans de travail ( 3 enfants) , elle touche pour ça presque 900€ , en équivalence pour +de 40 ans de travail ce serai 2500€ ... une employée de commerce touche 900€ pour plus de 40 ans de travail, elle est ou l'égalité? sans compter la sécurité de l'emploi, ce qui est pas négligeable.. des cas comme ça rien que dans mon quartier il y en a 3 ...

  • jlgi le jeudi 29 aout 2013 à 09:02

    pour M626672...Comment dire à un C.. qu'il est C.. ...Je suis fonctionnaire et je vais toucher à peu près 800 euros à la retraite...Parle plutôt de ce que tu connais et adresse toi aux vrais fonctionnaires, ceux qui profitent de leur fonction: députés, sénateurs et autres sangsues de l'Etat et des collectivités.

  • M626672 le jeudi 29 aout 2013 à 08:33

    Le message de Danquingn est très clairs. On voit ce que pensent les syndicats qui ne travaillent que pour les fonctionnaires et les régimes spéciaux et leurs syndiqués. Ils pissent à la raie des salariés du privé qui touchent dont les retraités touchent 30% de moins que les fonctionnaires et la moitié des régimes spéciaux. Le tout payé par les salariés du privé qui sont les seuls à produire de la richesse. Il faut vite faire un referundum pour faire disparaître la plus grosse injustice de France

  • danquign le jeudi 29 aout 2013 à 07:58

    les syndiqués te pissent à la raie !

  • b.renie le jeudi 29 aout 2013 à 07:33

    Il est clair que l'on est loin de l'inévitable. Pour assurer l'avenir des retraites il faut remettre à plat l'ensemble du dispositif pour créer à terme de 30 ans un système unique pour toute la population. Le désir général d'équité l'impose car il s'agit d'une institution nationale s'imposant à l'ensemble des citoyens. Les syndicats irrédentistes et corporatistes portent une responsabilité énorme