Retraites : le Medef prêt à une hausse des cotisations

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L'organisation patronale se dit prête à accepter une légère hausse des cotisations si le gouvernement s'engage au préalable à baisser les charges qui pèsent sur les entreprises. Elle réclame aussi une hausse rapide de la durée de cotisation pour aboutir à 44 ans dès 2020.

Le Medef, jusqu'ici vivement opposé à une hausse des cotisations des entreprises pour réduire le déficit des retraites, se dit prêt à faire un pas en avant... si le gouvernement en fait deux. Il propose ce jeudi une hausse «limitée» de 0,1 point pour les retraites «si le gouvernement décide, dans un premier temps, de baisser fortement l'ensemble des cotisations dans un délai rapide et selon un calendrier précis», explique Jean-François Pilliard, vice-président de l'organisation en charge du pôle social, dans Les Echos.

Le Medef souhaite que l'ensemble des cotisations pour la branche familiale de la Sécurité sociale, soit 5,4 points, soit simultanément transféré des entreprises vers la solidarité nationale via une hausse de CSG ou de TVA. L'échange ne paraît pas très équilibré mais Jean-François Pilliard précise que l'organisation «ne se place pas dans une négociation donnant-donnant, où chacun devrait faire des efforts de la même ampleur. Des efforts, les entreprises en fournissent depuis longtemps avec la hausse anormale des prélèvements qu'elles ont subie».

Avant lui, le patron du Medef Pierre Gattaz avait déjà réclamé une baisse de 100 milliards d'euros en cinq ans des charges et impôts qui pèsent sur les entreprises. Selon le patronant, le déficit des retraites est justement dû à la rentabilité «historiquement basse» des entreprises qui ne peuvent pas créer d'emplois. «Si les marge sont si faibles, c'est essentiellement à cause des niveaux de prélèvements obligatoires et du poids excessif des charges qui a explosé ces dernières années», confirme le vice-président.

Laisser passer les années avant de demander des efforts aux entreprises ne servirait à rien selon le Medef qui estime que la reprise, même si elle se confirmait, n'aboutirait qu'à une stagnation de l'économie. «Ce n'est pas comme cela que l'on crée de l'emploi!».

Les autres mesures proposées par le Medef pour réformer les retraites:

o Repousser l'âge de la retraite: le Medef appelle à la fois à une hausse de la durée de cotisation et à un report de l'âge légal. La première serait portée de 41 annuités aujourd'hui à 44 dès 2020. Une proposition que l'on retrouve également dans le rapport Moreau. Pour ce qui est du report de l'âge, il s'agirait de le repousser de 62 à 63 ans en 2020 également. Le gouvernement exclut catégoriquement d'utiliser ce deuxième outil, pourtant générateur de grandes économies.

o Un effort demandé aux retraités: le Medef est d'accord avec le gouvernement. Les retraités doivent participer à l'effort collectif pour redresser les finances du système. Il propose que les pensions augmentent moins vite que l'inflation ces trois prochaines années. Une mesure similaire a déjà été prise par les partenaires sociaux (patronat et syndicats) en ce qui concerne les régimes de retraite complémentaires Agirc et Arrco des salariés et des cadres. Le rapport Moreau sur les retraites, qui sert de base de travail au gouvernement pour préparer sa réforme, envisage une telle possibilité. Le gouvernement semble toutefois préférer un alignement du taux de CSG réduit de 6,6% dont profitent les retraités les plus aisés sur le taux des actifs (7,5%). Le Medef n'y est pas hostile.

o Fixer des lignes rouges: un peu à l'image des Allemands, qui se sont fixé des règles d'or pour piloter leur régime de retraite, le Medef souhaite la mise en place d'un seuil maximal des cotisations sociales à ne pas franchir. Et ce, pour ne pas étouffer la compétitivité des entreprises. Afin de protéger les futurs retraités, il propose d'autre part que l'écart entre le dernier salaire et la pension de retraite (le taux de remplacement) ne puisse pas dépasser un certain seuil.

o Vers un régime unique: fini la trentaine de régimes de retraites différents, en fonction des professions. Fonctionnaires, salariés, indépendants... le Medef veut, à terme, fusionner les régimes de base. Il fait sienne également la proposition d'une réforme systémique défendue depuis plusieurs années par la CFDT en appelant au passage à un système de retraite par points. Ce dernier aurait l'avantage, selon le Medef, d'une plus grande lisibilité du lien entre cotisations et droits à la retraite.

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  • M1961G le vendredi 26 juil 2013 à 15:45

    le rapport moreau est injuste car il ne parle pas des fonctionnaires ,des régimes spéciaux , de la durée de l'espérance de vie entre un homme et une femme . si une femme vit plus longtemps , alors elle devra travailler plus longtemps car l'égalité entre un homme et une femme doit être identique . pourquoi la gauche ne parle pas de cela ,étonnant non!!!!!

  • M1961G le vendredi 26 juil 2013 à 15:38

    le système de retraite par répartition est mort et le medef en reculant l'âge et la durée de cotisation préfère que les français meurent au travail . les fonctionnaires du medef peuvent travailler jusqu'à 70 ans car ils travaillent peu . le medef et le rapport moreau oublie de signaler que la femme vivant plus longtemps devra travailler plus longtemps qu'un homme ,c'est logique car c'est le critère qui est retenu .

  • M1961G le vendredi 26 juil 2013 à 15:32

    la France a fait peu de réforme en 30 ans et voudrait sacrifier les futures générations pour ses droits à la retraite . la retraite des actifs du privé est un acquit comme edf,sncf . le medef devra faire la même retraite pour tout les français et surtout faire payer les retraités car ce son eux qui font le déficit et pas les travailleurs . dans ce pays ,il est étonnant de toujours vouloir faire payer les travailleurs et pas les rentiers .

  • M1961G le vendredi 26 juil 2013 à 15:23

    une grève générale des actifs du privé qui crée la richesse permettra de remettre tout le monde d'accord . le medef propose de spolier les futurs retraités au détriment de ceux qui le sont déjà et qui eux ont coulés le système car beaucoup partaient avant 58 ans. c'est le peuple qui décidera de la future retraite car les actifs du privé ne sont pas des pigeons . les actifs du privé veulent la même retraite pour tous .

  • M3296765 le jeudi 25 juil 2013 à 17:32

    le medef n'a pas tort mais il faut absolument supprimer les régimes spéciaux qui sont une honte à la république.madoff est en prison pour 150 ans et la répartition fait peser sur les jeunes la double peine de cotiser plus, plus longtemps et ne rien avoir à la fin en opposition aux générations précédentes qui ont peu cotisé et touchent beaucoup en rapport avec leurs faibles cotisations.préparons les barricades contre FO et la CGT qui sont les véritables aristocrates de la république.

  • r.lebleu le jeudi 25 juil 2013 à 13:11

    heureusement qu'on a le medef !