Retraites : la désindexation est lancée

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(lerevenu.com) - Tous les représentants de salariés et de cadres n'ont pas approuvé cet accord, notamment la CGC et la CGT qui ne le signeront pas. Mais la CFDT, FO, CFTC et, bien sûr, le Medef ont accepté un certain nombre de mesures qui vont permettre de renflouer de 25 milliards d'euros d'ici à 2017 les réserves de l'Agirc (anciens cadres) et de l'Arrco (anciens salariés). Cependant, à cette date, le déficit des deux régimes dépassera encore 10 milliards d'euros. Mais le pire a été évité.

Le texte de l'accord prévoit que, pour réduire de 3,1 milliards le déficit annuel des deux régimes de retraite complémentaire, salariés, employeurs et retraités feront des efforts. Les cotisations finançant l'Agirc et l'Arrco seront ainsi augmentées de 0,1 point supplémentaire à partir du 1er janvier 2014 et de 0,1 point supplémentaire, à compter du 1er janvier 2015. Ces cotisations sont payées à hauteur de 40% par les salariés et 60% par les employeurs. Cette mesure procurera une économie de 1,1 milliard d'euros aux deux régimes. 

Par ailleurs, solidarité oblige, les retraités du secteur privé sont donc eux aussi mis à contribution. L'économie prendra la forme d'une désindexation de l'inflation des pensions, dès le 1er avril prochain. Cette mesure-là rapportera 2 milliards d'euros. Lesdites pensions augmenteront donc de 1 point de moins que l'inflation jusqu'en 2015. Les partenaires sociaux sont néanmoins tombés d'accord pour que les pensions des anciens salariés soient, cette année, moins désindexées (revalorisation de 0,8%) que celles des anciens cadres (+0,5%). 

C'est la première fois, depuis 1990, que les retraites complémentaires des anciens salariés du privé seront moins revalorisées que l'inflation, rappelle à juste titre Les Échos : ?L'effort demandé aux retraités est historique?, écrit le quotidien. À l'époque, la désindexation n'avait duré que deux ans. Cette fois, le terme de cette moindre revalorisation des pensions que l 'inflation a été fixé à 2015.

Comme ces mesures ne relèvent en rien d'une réforme de fond du régime des retraites en France, qui peut dire aujourd'hui que ce mécanisme de désindexation ne sera pas prolongé ? Les promesses n'engagent que ceux qui y croient, avait ironisé, un jour, un ancien ministre de l'Intérieur. Tant que l'inflation ne relève pas la tête, le pouvoir d'achat des retraités du secteur privé ne sera pas entamé gravement. Mais le plus regrettable reste que, par ailleurs, le rendement des revenus complémentaires obtenus des placements sont devenus, eux, négatifs, une fois défalqués le taux d'inflation, mais surtout la fiscalité devenue des plus confiscatoires.

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