Retraités : deux pistes pour booster vos revenus

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Quel que soit votre statut professionnel, partir en retraite se traduit presque toujours par une baisse de revenus. Il est pourtant possible de combler l'écart. Explications.

Pour les futurs retraités, il sera plus difficile de combler l'écart entre dernier salaire et pension de retraite. Pourquoi? Parce que cette pension sera proportionnellement plus faible par rapport au dernier salaire. Il faudrait donc que les placements rapportent plus. Malheureusement, le rendement de l'épargne s'amenuise. D'où l'importance de prendre les devants et d'envisager, si l'épargne ne suffit pas, d'autres solutions.

Travailler plus longtemps

Première piste: travailler plus longtemps, dans l'idée de se constituer une retraite plus confortable.C'est ce qu'on appelle la surcote ou majoration de la pension. Celle-ci est de 0,75 % par trimestre civil supplémentaire accompli au-delà de l'âge auquel on atteint le taux plein pour le régime de base des professionnels libéraux, et de 1,25 % pour le régime de base des salariés du privé et des contractuels de la fonction publique (ainsi que pour les régimes des commerçants et artisans, des fonctionnaires de l'Etat ou des agents des fonctions publiques territoriales et hospitalières notamment).

Pour qu'il y ait surcote, il faut avoir atteint son âge légal de départ en retraite. Il est fixé à 60 ans et 9 mois pour les personnes nées en 1952, à 61 ans et 2 mois pour celles nées en 1953, à 61 ans et 7 mois pour celles nées en 1954, et à 62 ans pour toutes les personnes nées à partir de 1955. Seconde condition: il faut pouvoir bénéficier d'une retraite à taux plein, ce qui suppose un nombre minimum de trimestres: 165 pour les générations nées en 1953, mais bien plus pour les autres. Il s'agit des trimestres dits cotisés, mais aussi des trimestres attribués pour les périodes de maladie, maternité, chômage, etc., ou pour enfant ou congé parental notamment, tous régimes de retraite confondus.

Une femme née en 1960 peut théoriquement partir à la retraite en 2022, à 62 ans. Mais, pour avoir le taux plein, elle doit totaliser 167 trimestres à ce moment-là. Si elle a eu 3 enfants par exemple, elle bénéficie à ce titre de 24 trimestres (8 par enfant) gratuitement, ce qui lui permet d'atteindre plus vite le «quota» exigé. Le cas échéant, dans la mesure où elle décide de continuer à travailler au-delà de ses 62 ans et de ses 167 trimestres - un employeur ne peut pas obliger un salarié à partir à la retraite avant qu'il ait 70 ans - sa retraite de base sera augmentée de 5 % par an (1,25 % par trimestre supplémentaire accompli).

S'intéresser au cumul emploi-retraite.

Seconde piste: s'intéresser au cumul emploi-retraite. Pour disposer de revenus complémentaires et arrondir sa pension de retraite, une autre solution est de continuer à travailler alors que l'on est à la retraite. Il s'agit du cumul emploi-retraite. Ce dispositif est ouvert à tous les retraités: ex-salariés du privé, indépendants, professionnels libéraux, fonctionnaires, salariés d'un régime spécial, etc. Toutes les activités professionnelles sont possibles: vous pouvez poursuivre le même métier et adopter le même statut qu'auparavant (vous étiez cadre et vous êtes embauché par un concurrent, par exemple) ou en changer totalement (vous vous engagez dans une activité de conseil indépendant, par exemple). En 2013, selon la Caisse nationale d'assurance-vieillesse (Cnav), 351.054 retraités, dont 53 % d'hommes, cumulaient une activité salariée et une pension du régime général.

Plus de 350.000 retraités ont une activité salariée

L'idéal est de pouvoir engranger des nouveaux revenus sans limites, y compris s'ils dépassent le montant de la pension. Pour cela, il faut réunir certaines conditions. La première est d'avoir cessé toute activité professionnelle: si vous êtes salarié, vous devez donc rompre votre contrat de travail, même si vous envisagez de retourner chez votre employeur. Le cas échéant, vous signerez un nouveau contrat de travail. Si vous êtes fonctionnaire, vous devez avoir été radié des cadres. Cette obligation ne s'applique toutefois pas aux activités artistique, littéraire ou scientifique exercées accessoirement avant la demande de retraite. Si vous êtes indépendant (artisan, commerçant…) ou exercez une profession libérale, vous devez observer un certain formalisme (déclaration de cessation d'activité auprès de votre caisse de retraite, puis poursuite dans le dispositif du cumul) sans qu'il soit utile de fermer boutique, puis de la rouvrir quelques jours après…

La deuxième condition est d'avoir fait liquider ses droits à la retraite. Attention: dès le 1er janvier 2015, il faudra faire valoir tous ses droits auprès de tous ses régimes de retraite (français et étrangers) alors qu'aujourd'hui il est possible de liquider ses droits dans un régime auquel on a cotisé dans le passé (salarié par exemple), donc de percevoir une pension et, en parallèle, de poursuivre son activité professionnelle (libéral par exemple) comme si de rien n'était.

À partir de l'an prochain, les cotisations versées au titre de la nouvelle activité ne produiront plus de nouveaux droits à la retraite. Aujourd'hui, un retraité, ex-salarié, qui devient autoentrepreneur par exemple, acquiert des points de retraite auprès du régime des indépendants s'il n'y a jamais été affilié. Demain, ces cotisations seront à fonds perdu.

La troisième et dernière condition est d'avoir atteint l'âge légal de départ en retraite applicable à sa génération, mais aussi et surtout de partir à taux plein, avec le nombre de trimestres requis tous régimes de base confondus (voir tableau). Ce paramètre est essentiel: s'il n'est pas respecté, le cumul n'est pas intégral mais limité. Autrement dit, les nouveaux revenus sont plafonnés.

Lever le pied avant l'âge légal, c'est possible!

Plutôt que de cesser d'un coup leur activité professionnelle, certains préfèrent opter pour une transition en douceur entre vie active et retraite. Ce dispositif est ouvert à partir de l'âge légal applicable à sa génération ou dès 62 ans pour les personnes nées à partir de 1955. Il est soumis à approbation de l'employeur. Ce qui explique que, fin 2013, seulement 2769 assurés du régime général ont été concernés. Début 2015, il sera possible d'en profiter dès 60 ans. Le salarié (ou le professionnel libéral ou l'indépendant, mais non le fonctionnaire ou le salarié d'un régime spécial) doit réduire son temps de travail d'au moins 20 % ; en contrepartie, il perçoit par anticipation une fraction de sa pension de retraite. Si le salarié effectue 55 % de son temps plein, par exemple, il recevra, dès 2015, 45 % des droits acquis. «Pour ne perdre aucun droit, l'idéal est de négocier avec son employeur un temps partiel cotisé sur la base d'un temps plein», conseille Pascale Gauthier, directrice associée de Novelvy Retraite. Lorsque l'activité cesse, la pension est alors recalculée pour tenir compte des nouveaux droits acquis entre-temps.

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