Retraites : des conditions de départ assouplies

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Les salariés ayant travaillé dans des conditions difficiles pourraient partir à la retraite dès 59 ans.

Sous le regard attentif de Marisol Touraine, les députés socialistes ont remisé la plupart de leurs ambitions au vestiaire lors de l'examen de la réforme des retraites en commission des affaires sociales, qui s'est achevé mercredi midi. Il n'était pas question de remettre en cause «l'équilibre atteint au terme d'une longue consultation avec les partenaires sociaux», les avait prévenus la ministre des Affaires sociales, présente lors des travaux parlementaires. À la poubelle, par exemple, la prise en compte des années d'études et des stages dans le calcul de la retraite.

Les élus de la majorité se sont en fait attachés à adoucir les conditions de départ anticipé dans le cadre du futur «compte pénibilité», qui pourraient bénéficier à un salarié sur quatre ou cinq. Ce dispositif permettra aux salariés soumis à des conditions de travail difficiles ­d'accumuler des points afin de se former pour changer de travail, de bénéficier d'un temps partiel ­subventionné et surtout de partir plus tôt à la retraite. Avec les dispositions prévues initialement, ils avaient la possibilité d'accumuler assez de points pour avancer de deux ans leur départ. Grâce à un amendement écologiste, ils pourront partir en retraite anticipée dès 59 ans, soit trois ans avant l'âge ­légal.

Comptes plombés en 2025

Les élus socialistes ont aussi voulu se montrer plus généreux que l'exécutif envers les salariés qui ­seront proches de la retraite lorsque le dispositif entrera en vigueur, en 2015. Le gouvernement avait prévu de doubler les points accordés à ceux âgés de 57 ans au moins. Un dédommagement au titre des périodes passées de travail pénible, techniquement impossibles à ­retracer aujourd'hui. Les élus ­socialistes ont abaissé cet âge à 52 ans. Ce sont donc cinq générations supplémentaires qui pourront accumuler assez de points pour partir plus d'un an et demi plus tôt que prévu à la retraite. Cette disposition devrait peser sur les comptes du système de retraite à horizon 2025, en plein papy-boom.

En revanche, conformément au souhait de Marisol Touraine, l'équilibre de la réforme à court terme n'a pas été rompu. Et pour cause, les élus socialistes ont renoncé à leur amendement le plus coûteux: exclure plus de retraités du minigel de six mois de leurs pensions, ce qui aurait amputé les 800 millions de recettes attendues de ce report de la revalorisation des pensions du 1er avril au 1er octobre 2014. Au final, seuls les bénéficiaires du minimum vieillesse seront épargnés, comme le gouvernement l'avait prévu. «Ce n'est pas dans la réforme des retraites que nous allons apporter des réponses au pouvoir d'achat des plus modestes, mais dans le cadre du budget de l'État pour 2014», s'est justifiée Marisol Touraine devant la commission des affaires sociales. Les députés ont toutefois inscrit dans le texte que les futurs excédents financiers dégagés par le système de retraite, s'il y en a, n'iront pas assainir la dette mais seront utilisés «prioritairement au profit du pouvoir d'achat des retraités les plus modestes».

Le projet de loi sera examiné la semaine prochaine dans l'Hémi­cycle. Pour mettre la pression sur les députés, les syndicats contestataires CGT, FO, la FSU et Solidaires, ont appelé à une série de manifestations d'ici au 15 octobre, jour où le texte devrait être adopté en première lecture à l'Assemblée.

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  • M4358281 le vendredi 4 oct 2013 à 16:14

    Oh toute la CGT très fatiguée va partir en retraite

  • bouchet1 le jeudi 3 oct 2013 à 09:23

    donc, nous allons payer avec leqs impots que nous payons aujoud'hui, à la place des patrons voyous et creiminels qui ont obligé des salariés à etre exposés à des produits toxiques (et donc qui ont été empoisonés). volia la justice sociale : certains empoisonne ou abime l'organisme d'autres et nous nous payons à leurs places ! ....