Retraites complémentaires : un rabot inéluctable

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Les pensions des régimes Agirc (cadres) et Arrco (tous salariés), en grande difficulté à cause de la conjoncture, pourraient être gelées pendant trois ans. » Les retraités seront de plus en plus mis à contribution » Le pouvoir d'achat des retraités risque de s'éroder

Les choses se sont accélérées, vendredi, lors de la deuxième séance de négociation sur les retraites complémentaires qui doit déboucher, d'ici à mars, sur un accord paritaire visant à rééquilibrer les comptes des régimes Agirc (cadres) et Arrco (tous salariés), dans le rouge à cause de la crise. Les syndicats ont en effet répondu positivement à la proposition formulée il y a un mois par le patronat de geler pendant trois ans les pensions ou de les sous-indexer par rapport à l'inflation pendant cinq ans.

«Nous souhaitons que les retraités les plus modestes soient épargnés, a nuancé Jean-Louis Malys, le chef de file de la délégation CFDT. Les efforts à fournir doivent être partagés.» Autrement dit, les retraités ne devront pas être les seuls à faire des sacrifices. Philippe Pihet, négociateur FO et président de l'Arrco, n'est pour sa part «pas opposé au fait d'étudier une moindre revalorisation des pensions au 1er avril 2013 dès l'instant où il y a une augmentation des cotisations». Même son de cloche de Danièle Karniewicz, chef de file de la délégation de la CFE-CGC et ex-présidente du conseil d'administration de la Cnav. Pour elle, les efforts devront être partagés «entre les retraités, les salariés et les entreprises» et l'ex-patronne du régime général de proposer «une augmentation de 0,5% des cotisations à partager entre salariés et entreprises».

Seule la CGT s'oppose à toucher au niveau des pensions complémentaires. «Ce n'est pas aux retraités de payer la crise, s'est insurgé Éric Aubin, le “M. Retraites” de la centrale de Montreuil. On ne peut pas baisser le niveau des pensions sans paupériser cette catégorie de la population. Les pensions ont déjà baissé.» Pour lui, les entreprises doivent payer la facture, via une hausse «progressive» de 1,65% des cotisations patronales qui permettrait, à elle seule,d'«équilibrer les régimes d'ici à 2017». Le syndicaliste suggère aussi d'élargir «l'assiette des cotisations à l'épargne salariale».

Prochaine séance de négociation le 15 janvier

Mais rien n'est fait et «le numéro d'équilibriste» à trouver pour parvenir à un accord, dixit Danièle Karniewicz, est loin d'être «évident». Pour preuve, Jean-François Pilliard, le délégué général de l'UIMM et chef de file de la délégation patronale, s'est bien gardé de donner une position définitive. Pour lui, cette deuxième séance de discussion se bornait à «écouter les syndicats». Rien de plus. «Maintenant, nous allons analyser leurs propositions», a-t-il botté en touche, non sans faire une précision importante. «La question de l'augmentation des cotisations est prématurée», a indiqué Jean-François Pilliard, en raison de «la baisse des marges des entreprises et de leur niveau d'activité», qui demeure «préoccupante». Suite des événements le 15 janvier, lors de la prochaine séance au cours de laquelle il remettra aux syndicats un premier préprojet d'accord pour «faire avancer la discussion».

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  • ccondem1 le lundi 17 déc 2012 à 13:46

    Incroyable de voir tous nos décideurs tenir à encore racketter les actifs "contre" une diminution des pensions ! L'inéquité est totale pour les cotisants, c'est la double peine. Ca fait penser au refus de diminuer les dépenses pour obtenir un budget national enfin excédentaire...

  • M1945416 le lundi 17 déc 2012 à 13:28

    que chacun travaille pour sa retraite, point ligne, et là on sortira enfin du pb

  • rgisb813 le lundi 17 déc 2012 à 11:58

    Geler le point est un minimum, il faudrait envisager un new deal. Les retraités par leur laxisme et leurs votes sont aussi les responsables de l'impasse financière dans laquelle nous sommes. Plafonner les retraites complémentaires me semblent être une solution. Evidemment il faudrait également revoir le mode de financement peut être élargir l'assiette (comme indiqué dans les commentaires).

  • lm123457 le lundi 17 déc 2012 à 11:13

    Savez-vous que lecoût des pensions de reversions liées au mariage gay seront à évaluer (eh oui, le gvt ne les a pas évaluées ni provisionnées). C'est Dominique Baudis qui l'a dit dans son audition.Et après on nous dit que ca ne coute rien !De plus on devrait se méfier d'un argument (égalité) qui permet de justifier des trucs sans limite : mariage, adoption, inséminations sans donneur, avec donneur, mères porteuses, coparentalité à 3, 4 ... Cet argument qui "prouve" tout ne fait qu'enfumer.

  • frk987 le lundi 17 déc 2012 à 10:15

    Allons Dugan, vous semblez ignorer qu'on est dans un système par REPARTITION et non dans un système de capitalisation. On est encore une fois une exception MONDIALE. L'argent que vous versez ce n'est pas pour vous mais pour les retraités ACTUELS !!!!

  • dugan le lundi 17 déc 2012 à 10:13

    Les questions à se poser :- Ou est passé le fric des cotisations ?- Qui a encore piquer dans les caisses ?Car ces 2 caisses n'ont aucune raison de mal se porter... Si ce n'est une très mauvaise gestion ! A quoi sert de cotiser pour quelque chose que vous n'aurez jamais ... !

  • frk987 le lundi 17 déc 2012 à 10:00

    La retraite c'est une affaire de cotisations, ni + ni -, si vous plafonnez les retraites il faudra plafonner les cotisations, et là, soyez assuré que le système ne sera pas gagnant. Pour les fonctionnaires, il y a un problème jamais résolu, la non cotisation sur les primes, c'est compensé (et c'est scandaleux) par les 6 derniers mois comme base.

  • chnivet le lundi 17 déc 2012 à 09:38

    c'est les retraites des fonctionnaires ? calcul sur les 6 derniers mois de salaires .Avec 2000 de salaire net moyen ?Ou c'est la retraite des ouvriers et de vendeurs en magazin à 1100 euros mois qu'on veut raboter ?

  • facon12 le lundi 17 déc 2012 à 09:26

    toujours la meme chose on est gouverné par des fonctionnaires qui n'hésitent pas à prendre au privé pour donner aux leurs

  • danquign le lundi 17 déc 2012 à 08:08

    les syndicats ont pour but de défendre LEURS ADHÉRENTS !Bande d'ignares !