Retraites complémentaires : les cadres plus pénalisés

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Pour redresser les comptes des régimes des retraites complémentaires, le patronat propose que les pensions des cadres retraités progressent moins vite que celles des salariés.

Les retraités pourraient être mis à contribution dès le 1er avril pour redresser les finances des régimes complémentaires. Et les cadres plus encore que les salariés. Ce sont les propositions mises sur la table jeudi matin par le patronat lors de l'ultime séance de négociations avec les syndicats sur les retraites complémentaires Agirc (pour les cadres) et Arrco (pour tous les salariés). Les discussions devaient se prolonger jusqu'au soir.

D'après les premières propositions du Medef soumises à négociation, les pensions des cadres retraités augmenteraient moins que celle des salariés retraités. Les unes comme les autres progresseraient moins que l'inflation (1,75%), et déboucheraient donc sur une perte de pouvoir d'achat. Jusqu'à présent, les pensions étaient indexées sur les prix. La sous-indexation se prolongerait durant trois ans. Si les syndicats ne sont pas opposés au principe de faire progresser les pensions moins vite que l'inflation, les curseurs devaient encore bouger durant la journée au fil des discussions.

Hausse des cotisations sans hausse des droits

En début d'après-midi, Éric Aubin, le monsieur retraites de la CGT, déclarait ainsi qu'ils «n'avaient pas réellement commencé les négociations». Les syndicats demandent en effet depuis plusieurs mois un effort aussi du côté employeur, via une hausse des cotisations. Le patronat a concédé, lors de la dernière séance de discussion mi-février, une hausse du taux d'appel. En clair, cette mesure revient à faire cotiser plus employeurs et salariés, mais sans créer davantage de droits à la retraite pour ce dernier.

Parmi les représentants des salariés, seule la CFDT en accepte le principe, alors que les quatre autres préfèrent augmenter le taux contractuel. Ce levier permet, lui, de générer des droits à la retraite supplémentaires. «Une hausse des cotisations sans une hausse des droits n'est pas concevable pour nous, assène Éric Aubin. Depuis 1993, 60% des efforts pour redresser le système des retraites ont été réalisés par les salariés et les retraités, contre 40% seulement par les employeurs, a calculé le Conseil d'orientation des retraites. Aujourd'hui, le Medef doit accepter une hausse du taux contractuel.» Force ouvrière semblait pour sa part prêt à envisager un mix entre taux d'appel et taux contractuel. Les négociations devaient se poursuivre jusqu'à 20 heures.

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  • rleonard le vendredi 8 mar 2013 à 12:00

    Je me suis livré à un petit calcul : j'ai pris toutes les cotisations versées (salarie + employeur) et je les place sur un compte d'epargne remunéré à 2% RESULTAT je pourrais bénéficier d'une retraite supérieure d'environ 10% jusqu'à 100 ans !!! ca laisse reveur non !!

  • rleonard le vendredi 8 mar 2013 à 11:57

    cr que je me damande, c'est ou sont passées toutes les cotisations de ceux qui sont décédes avant la retraite ou quelques mois après ? ca doit en représenter des millions d'euros. Ils sont comme notre gouvernement, ils ne connaissent que le mot augmenter mais sur les economies de fonctionnement ... silence total

  • zzzle le vendredi 8 mar 2013 à 10:24

    Voilà où mènent les plans sociaux, les délocalisations, suppressions d'usines et d'emplois etc... de ce gouvernement soi disant socialiste comme des précédents===> plus de 1800Mds€ de dettes dont l'integralité est dûe au chômage.

  • ppetitj le vendredi 8 mar 2013 à 09:52

    En 1980 être cadre était très valorisant maintenant c'est un statut qui coute plus cher que cela ne rapporte. Vision court terme des politiques et régimes spéciaux à foison. Les francais à la retraite iront peuplé les pays étrangers à faible revenu pour pouvoir vivre décemment. Nous allons de nouveaux repartir en colonie.

  • knbskin le vendredi 8 mar 2013 à 09:03

    Ben, frk87, la "retraite des cadres", c'est une invention typiquement franchouillarde, qui sert quasi-exclusivement à justifier l'existence de la CFE/CGC ... De toutes façons, ce truc va clairement voler en éclats lorsque le système sera remis à plat ... un jour. D'ici là, c'est la mort lente.

  • frk987 le vendredi 8 mar 2013 à 08:56

    A salaire égal, un salarié n'a aucun intérêt à cotiser à l'Agirc donc a être cadre "officiel" , la logique est aberrante.

  • knbskin le vendredi 8 mar 2013 à 08:53

    Exact, frinie1, c'st scandaleux, ... mais à la marge par rapport au ratio cotisants / retraités. Il y en a juste qui sont "plus égaux que les autres".

  • frinie1 le vendredi 8 mar 2013 à 08:48

    A quand la mise à niveau des retraites du public sur le privé. Les économies seraient conséquentes et ce serait de la justice pour tous. Allez sur le site de "sauvegarde-retraites" et vous serez surpris des écarts

  • knbskin le vendredi 8 mar 2013 à 06:46

    ... En clair, dans les années 60/70, il y a des gens qui ont touché des retraites sans avoir jamais cotisé, maintenant, des gens vont cotiser DEUX FOIS : une première fois en "répa" pour les retraités actuels, ce qui ne leur donnera AUCUN droit, et une seconde fois en "capi" pour leur propre retraite. Voili voilou ...

  • knbskin le vendredi 8 mar 2013 à 06:44

    Les systèmes de retraite coulent à pic, a.guer ... parce que le ratio cotisants/retraités s'écroule. La question n'est pas de savoir qui ça gêne "plus" ou "moins" ... La question est que le "contrat" consistant à dire à chacun : "Paie pour les retraités actuels, demain les actifs paieront pour toi" est une esc.roquerie dissimulée sous le pompeux vocable de "solidarité entre les générations" ...