Retraites complémentaires: le patronat durcit ses propositions

le , mis à jour à 22:00
7
LE PATRONAT DURCIT SES PROPOSITIONS SUR LES RETRAITES COMPLÉMENTAIRES
LE PATRONAT DURCIT SES PROPOSITIONS SUR LES RETRAITES COMPLÉMENTAIRES

PARIS (Reuters) - Le patronat a durci ses propositions pour redresser la situation financière des régimes de retraite complémentaire des salariés du secteur privé, à cinq jours d'une nouvelle séance de négociation des partenaires sociaux sur leur avenir, le 27 mai.

Dans un projet d'accord transmis vendredi aux syndicats après une série de discussions bilatérales, le Medef, la CGPME et l'Union professionnelle artisanale (UPA) fixent un objectif d'économies de 8,4 à 11,2 milliards d'euros en 2020, 12,7 à 20,1 milliards en 2030 et 14,1 à 25,6 milliards en 2040.

Dans leur précédente proposition, ces objectifs n'étaient respectivement que 7,1, 11,5 et 13,1 milliards.

Depuis lors, l'Arrco et l'Agirc ont confirmé la dégradation de leur situation financière, avec un doublement de leur déficit en 2014 par rapport à 2013, à 3,138 milliards.

Ces deux régimes versent à 12 millions de retraités plus de 70 milliards d'euros par an et leur assurent un complément de revenu représentant entre 25% et 50% de leur pension globale, voire jusqu'aux deux tiers pour des cadres supérieurs.

Si rien n'est fait, les réserves de l'Agirc, la caisse des cadres, seront épuisées en 2018 et celles de l'Arrco, à laquelle sont affiliés la quasi-totalité des salariés du secteur privé, subiraient le même sort vers 2023-2025, estiment les experts.

Dans la dernière mouture de ses propositions, le patronat propose notamment de sous-indexer les pensions versées de 1,5 point par rapport à l'inflation en 2016-2017-2018, une mesure qui pourrait toutefois être sans effet si la hausse des prix devait être faible ou nulle.

Il propose surtout, parmi d'autres mesures, une réduction définitive des pensions versées aux retraités cessant leur activité avant l'âge d'annulation de la décote (67 ans à partir de la génération 1956), à compter de 2017.

Pour les bénéficiaires d'une pension à taux plein du régime général de la Sécurité sociale, cette décote sera cependant temporaire et dégressive jusqu'à 67 ans.

Dans les deux cas, l'idée est d'inciter les assurés à poursuivre leur activité professionnelle au-delà de l'âge légal du départ à la retraite.

Cette mesure ne s'appliquerait pas à quelques cas particuliers, dont celui des détenteurs de retraites à taux plein mais de faible montant dans le régime de base et exonérés de contribution sociale généralisée (CSG).

Le patronat propose aussi, à partir de 2016, de réduire à 55% au lieu de 60% le taux des pensions de réversion versées à partir de l'âge de 60 ans aux conjoints survivants de retraités décédés. Le montant de cette pension serait en outre indexé sur la durée du mariage.

Enfin, le patronat maintient sa proposition d'une fusion de l'Agirc et de l'Arrco au sein d'un régime unifié à compter du 1er janvier 2019. Il en attend des économies de 1,3 milliard d'euros à l'horizon 2040.

L'objectif des mesures proposées par le patronat est de ramener l'Agirc-Arrco à l'équilibre en 2020.

(Emmanuel Jarry)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M3366730 le samedi 23 mai 2015 à 20:06

    A LIRE, car rien n'est fait : http://www.ifrap.org/retraite/les-regimes-speciaux-de-retraite-et-la-gestion-de-leurs-deficits, http://www.contrepoints.org/2014/03/25/160715-cnav-les-salaries-du-prive-sont-des-pigeons, http://tempsreel.nouvelobs.com/la-reforme-des-retraites/20130917.OBS7295/retraites-les-privileges-de-certains-regimes-tres-speciaux.html,http://bfmbusiness.bfmtv.com/emploi/cette-curieuse-petite-taxe-qui-finance-les-retraites-d-edf-et-gdf-868645.html, http://www.transition-energetiq

  • M3366730 le samedi 23 mai 2015 à 20:05

    Il serait temps de se poser les bonnes questions : l’État dépense chaque année plus de 4 milliards d’euros pour combler les caisses des régimes spéciaux de la SNCF et de la RATP http://www.contribuables.org/%C2%AB+Les+contribuables+continuent+%C3%A0+payer+les+privil%C3%A8ges+des+retrait%C3%A9s+de+la+SNCF+et+de+la+RATP+%C2%BB+%28IREF%29 + ce qu'ils siphonnent dans les caisses ARCCO/AGIRC + CNAV....

  • M3366730 le samedi 23 mai 2015 à 20:04

    En réalité, à quoi est dû le déficit des retraites AGIRC/ARRCO, au fait que depuis plusieurs années l'état ponctionne dans leurs comptes pour financer une partie des régimes de fonctionnaires ultra déficitaires, certaines entreprises para-pubic/privée. Rien que pour 2012 : 6,5 milliards d'euros pour financer les déficits de la RATP, de certaines "caisses" de fonctionnaires, de l'IRCANTEC (partie de la POSTE déficitaire) etc....... Il en est de même pour la CNAVTS qui finance le déficit d'EDF !

  • M4484897 le samedi 23 mai 2015 à 09:33

    aiki41 vous avez oublié 200.000 enseignants sans poste mais rémunérés sur le compte du contribuable ceci sans parler des 60.000 en cours de recrutement!

  • M4484897 le samedi 23 mai 2015 à 09:31

    M3182284 répartir l'effort sur tous suppose de faire disparaître tous les statuts privilégiés et n'avoir plus qu'une seule et unique caisse de retraite avec le même barême pour tous, cadre ou pas (ces derniers devant pouvoir économiser pour leurs vieux jours sur leurs salaires)

  • s.thual le vendredi 22 mai 2015 à 23:03

    tapons sur les petites retraites pour pouvoir acheter des œuvres d art non declarees ,,,un billet sur un tableau ca fait plus joli pour certains que des pauvres sur les trottoirs ,,,pauvre France ! egalité et fraternité parait il ?,,quand on lui montre la lune , le sot regarde le bout de votre doigt,,

  • M3182284 le vendredi 22 mai 2015 à 22:25

    ça fait mal, mais c'est hélas courageux de répartir l'effort sur tous. Gageons que les ultra pousseront des cris d'orfraie et que tout finira par le surendettement pour boucher des trou jamais comblés. On prend goût à la planche à billets

Partenaires Taux