Retraites : Ayrault s'applique à ne mécontenter  personne

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Si le premier ministre a donné des raisons de se réjouir à certains, il n'a rien dévoilé de sa préférence entre hausse de la CSG et relèvement des cotisations.

Opération déminage réussie pour le premier ministre Jean-Marc Ayrault. Lundi, dans une ultime séance de deux journées de consultations bilatérales sur le dossier des retraites, le chef du gouvernement s'est appliqué à dire à chacun des partenaires sociaux ce qu'il voulait entendre.

Pour débuter sa journée de consultation, Jean-Marc Ayrault a exclu méthodiquement et officiellement toutes les mesures qui pouvaient braquer la CFDT, le syndicat sur lequel il compte s'asseoir pour porter sa réforme. «Pas de baisse des pensions, pas de modification des calculs des retraites d'ici à 2020, pas d'accélération massive de la durée de cotisation, pas de modification des règles de calculs pour les fonctionnaires ou les régimes spéciaux», a listé avec satisfaction son secrétaire général, Laurent Berger, sur le perron de Matignon. Pour ne rien gâcher, des points défendus de longue date par la centrale de Belleville seront intégrés dans la réforme gouvernementale, comme la mise en place d'un «compte pénibilité».

Reçue à l'heure du café, la CGT ne s'est, quant à elle, pas montrée particulièrement véhémente à la sortie de Matignon. Son secrétaire général, Thierry Lepaon, s'en est tenu au discours traditionnel du premier syndicat contestataire de France (retour à la retraite à 60 ans, hausse des pensions, etc.). Avant d'assurer, sans entrain particulier: «nous ne regrettons pas notre mobilisation du 10 septembre» contre la réforme.

Baisse du coût du travail

Jean-Marc Ayrault a même réservé, en milieu d'après-midi, une surprise de taille pour le Medef. En contrepartie des efforts qui seront demandés aux entreprises, le chef du gouvernement a proposé une baisse du coût du travail via un allégement de charges. «Le premier ministre nous a tendu la main», s'est ainsi félicité le président du Medef, Pierre Gattaz, à sa sortie. Rien de plus précis pour l'instant même si «le premier ministre avait l'air très sincère et sa proposition semblait très pensée», s'étonne un membre de la délégation patronale, qui craint toutefois «un marché de dupes». En échange, le Medef serait prêt à accepter une hausse modérée des cotisations retraites, sur quatre ans. Genre +0,1 point par an. «Si on est au final gagnant...», s'enthousiasme-t-on déjà avenue Bosquet.

La proposition de Jean-Marc Ayrault fait écho à une demande du Medef qui réclame le transfert des 5,4 points de cotisation de la branche famille sur de la CSG ou de la TVA. Soit la bagatelle 35 milliards d'euros. Les employeurs seront vite fixés. «Avant fin septembre», assure le Medef, dans le cadre des budgets 2013 de l'État et de la Sécu.

Si Jean-Marc Ayrault a réussi à «contenter» à la fois syndicats et patronat, c'est aussi et surtout parce qu'il n'a pas abordé les sujets qui fâchent. Au premier rang desquels le sauvetage à court terme du système de retraite qui accusera un besoin de financement de 20 milliards en 2020. Or, comme l'exécutif s'est refusé à reporter l'âge légal de départ à la retraite et d'allonger avant 2020 la durée de cotisation, il ne lui reste plus que l'outil fiscal pour boucher les trous. Soit en augmentant la CSG, soit en relevant les cotisations retraite, soit en mixant un peu des deux...

Aucun syndicat ne veut d'une hausse de la CSG. Tous plaident pour relever les cotisations vieillesse. «Nous n'excluons pas une hausse des cotisations, patronale mais aussi salariale», a ainsi rappelé Thierry Lepaon. La logique veut que le régime de retraite, contributif par nature, soit financé par les cotisations sociales. «Je cotise, je reçois», a résumé Laurent Berger. Pour l'heure, le gouvernement réfléchit et n'arbitrera pas avant quelques jours. Fin du suspense d'ici à vendre, indique-t-on de source proche du dossier.

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  • d.jousse le mardi 27 aout 2013 à 10:45

    bonne méthode pour ne satisfaire personne!!!!

  • glaty le mardi 27 aout 2013 à 10:13

    "" mécontenter personne "" qu'il dit le 1 er ministre !! Mais,si il AUGMENTE ENCORE LA CSG,!! Tout le monde sera concerné ,A noté . il ne parle pas d'augmenter les petites retraites alors que c'est la qu'il faut aider les gens qui ont travaillé toute leur vie !!et pas les jeunes qui deviendront des "parasites" de la société,si on commence dèja à les habituer à toucher de l'argent sans rien faire!!Leur mentalité deviendra!!!POURQUOI SE FATIGUER AU TRAVAIL ALORS QUE J'AI UN REVENU SANS TRAVAILLER

  • lorant21 le mardi 27 aout 2013 à 09:18

    Le gamelin a encore frappé. Cela s'appelle de la lachété, ni plus ni moins.

  • jfmaudi le mardi 27 aout 2013 à 09:12

    Si l'objectif est de ne mecontenter aucun partenaire social (les autres on s'en fout) pour ne pas risquer d'avoir des manifs, c'est sur qu'il est habile a defaut d'etre efficace. Ouf, eh ben, on a bien bosse, on a fait croire qu'on allait faire des mega reformes courageuses pour garantir l'avenir, la justice sociale et l'equite et on s'en tire en ponctionnant ceux qui votent pas pour nous. On est tres bons, vraiment, sincerement, qu'est ce qu'on est forts.

  • j.barbe6 le mardi 27 aout 2013 à 09:03

    Surtout pas les syndicats de fonctionnaires.Salariés du privé unissez vous !

  • roulio86 le mardi 27 aout 2013 à 08:51

    bien sur qu'il va mécontenter personne, puisqu'il ne fait rien ....à si pour 2020....mais pour l'heure c'est toujours la meme chose, ils font se qu'ils savent faire depuis qu'ils sont là c'est à dire taxes et retaxes pour tous........voila la grande reforme....