Retraites: Attali avance la piste suédoise

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L'économiste était dimanche l'invité du «Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro».

La réforme des retraites était «inévitable» , mais elle est «injuste» . Invité dimanche du «Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro», Jacques Attali n'a pas mâché ses mots. Le président de la Commission pour la libération de la croissance, qui vient de rendre son deuxième rapport à Nicolas Sarkozy, estime que les nouvelles mesures d'âge créent des injustices envers ceux qui ont commencé à travailler tôt et ne résolvent pas l'équation financière puisqu'il faudra «remettre au pot dès 2018». Il prône plutôt le système suédois, «bien meilleur, puisque chacun prend sa retraite quand il veut». Ce système à points «nécessite d'homogénéiser tous les systèmes de retraites», y compris celui des fonctionnaires. «C'est maintenant qu'il faut commencer cette négociation, pour que cela puisse aboutir dans dix ans», insiste Jacques Attali, qui admet que la gauche aurait du mal à revenir à la retraite à 60 ans si elle prenait le pouvoir en 2012.

 

«Contrat d'évolution»

 

Sur le premier axe majeur de son rapport, l'endettement, Jacques Attali a rappelé qu'il était «impératif» de ramener la dette à 60 % du PIB en 2020 et à 3 % le déficit dès 2015. Les 40 experts de gauche et de droite qui ont participé à la commission ont calculé que si la croissance atteint 2 % d'ici à 2015, il faut dès lors trouver 75 milliards d'euros, via «25 milliards d'impôts nouveaux et 50 milliards d'économie». Certaines de leurs propositions chocs ont déjà fait l'objet de vives critiques, comme l'idée d'instaurer une TVA sociale, celle d'une participation financière des malades en affection longue durée, le gel du point d'indice des fonctionnaires au-delà de 2011 ou encore la mise des allocations familiales sous conditions de ressources : «Si on ne veut pas mettre les allocations sous conditions de ressources, très bien ; alors je demande poliment ce que l'on fait à la place.»

Pour l'emploi, seconde «urgence» du rapport, la commission propose notamment de résoudre le problème par un «contrat d'évolution», période pendant laquelle toute personne qui se forme ou cherche un travail serait rémunérée. «Cela permet de revenir plus vite au travail, car on est mieux accompagné et l'on s'adapte mieux au monde du travail», justifie l'économiste. Sur le plan international, l'ancien sherpa de François Mitterrand s'est aussi montré très dur : le G20, dont la France s'apprête à prendre la présidence, «ne sert qu'à prendre une photo ! Ce sont les États-Unis et la Chine qui se mettent d'accord sur tout».

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