Retraites: «accord historique» pour le Medef, les syndicats divisés

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L'accord semblait peu probable, il s'est pourtant conclu vendredi soir sur les retraites complémentaires. Mais il n'a pas fait l'unanimité parmi les partenaires sociaux, FO et la CGT ayant refusé de le signer.

Au lendemain du projet d'accord instaurant un recul d'un an pour l'obtention d'un taux plein de sa retraite complémentaire, les partenaires sociaux affichent leur satisfaction pour les uns, leur colère pour les autres. La négociation s'annonçait en effet tendue, la plupart des observateurs pensaient même qu'un accord avait peu de chances d'être obtenu. Seuls trois des cinq syndicats (CFDT, CFTC, CGE-CGC) ont paraphé l'accord, la CGT et FO quittant finalement la table des négociations. Tour d'horizon des réactions.

• Un «accord historique» pour les organisations patronales

Côté Medef, on n'annonce rien de moins qu'un «accord historique», selon les propres mots de Claude Tendil, le négociateur patronal qui ajoute que «pour la première fois, les organisations patronales et salariales admettent que le comportement est un élément qui peut modifier l'équilibre des régimes». Les organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) ont pourtant fait quelques concessions puisqu'elles souhaitaient que l'âge pour le taux plein soit de 64 ans (et non 63 comme finalement décidé) et proposaient des décotes beaucoup plus élevés (jusqu'à 25%) que les 10% pendant deux ou trois ans finalement retenus. Des compromis qui pourraient signifier des hausses de cotisations patronales (dont le montant reste à chiffrer) dès 2019.

• «Responsabilité assumée» et équilibre préservé pour les syndicats signataires

Satisfaction affichée également du côté des organisations syndicales qui ont opté pour la signature. Pour la CFDT, la victoire se trouve dans la pérennité apportée aux comptes de l'Agirc et de l'Arrco. «A l'horizon 2024-2025, ces régimes seront équilibrés et l'ensemble des salariés pourront en bénéficier», a annoncé Laurent Berger, son secrétaire général, ce samedi sur France Inter qui se félicite également que les syndicats signataires aient assumé leur «part de responsabilité pour sauver les retraites complémentaires».

Même satisfaction pour la CFE-CGC où Serge Lavagna, le négociateur de l'organisation, se réjouit d'avoir fait mentir les pronostics: «L'échec était annoncé, cela n'est pas le cas». Le syndicat a en outre salué la victoire que représente «un abattement contributif et pas obligatoire» qui ne touchera pas les plus modestes.

• Dénonciation d'un «report de l'âge de la retraite» côté opposants

L'ambiance n'est évidemment pas la même du côté des deux syndicats qui ont quitté les négociations. Les deux organisations syndicales, qui n'apportaient pourtant pas les mêmes revendications dans cette négociation (Force ouvrière n'était pas contre une sous-indexation par rapport à l'inflation, ce que rejetait catégoriquement la CGT), n'ont pas pu accepter le recul de l'âge pour obtenir un taux plein, et un accord qui leur semble mettre très peu à contribution les entreprises. «Le projet d'accord acte de fait le report de l'âge de retraite et l'abaissement du niveau des retraites complémentaires», a déploré Eric Aubin de la CGT. Pour Philippe Pihet (FO), les efforts sont supportés à «90% par les salariés et à 10% par les entreprises».

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