"Retraite, une nouvelle ère ?" - Le débat de la semaine avec le Cercle des économistes (Jean-Michel Charpin)

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Après l'accord sur les retraites complémentaires du secteur privé, le gouvernement prépare la réforme du régime général. Tous les gouvernements ont tenté de faire avancer le dossier avec plus ou moins de succès. Pour Jean-Michel Charpin, seule une visibilité de long terme rétablira la confiance.

La France a démarré tardivement ses réformes des retraites. Mais, contrairement à ce qu'écrivent quelquefois certains commentateurs, elle a réalisé, en plusieurs étapes, des réformes importantes : la réforme Balladur de 1993, la grande réforme Fillon de 2003, celle des régimes spéciaux en 2007 et le décalage des bornes d'âges (âge minimal de liquidation et âge de bénéfice automatique du taux plein) en 2010. Au total, ces réformes ont une ampleur équivalente à celles des autres pays concernés aussi par le vieillissement.

La manifestation la plus significative de ces changements se trouve dans la très forte augmentation des taux d'activité et d'emploi des seniors en France depuis 2000. Certes, leurs niveaux, comparés à ceux des autres pays, restent encore modestes, parce que la France partait en 2000 de très bas. Mais ils ont déjà rejoint les niveaux du début des années quatre-vingt : 45% pour le taux d'activité des 55-64 ans après avoir atteint 31% en 1999-2000.

Cependant, les réformes se sont succédé de façon anxiogène à la fois pour les personnes concernées et pour les observateurs. Le dispositif de pilotage créé par la loi Fillon n'a pas fonctionné : le rendez-vous de 2008 a déçu, il ne s'est quasiment rien passé, pas même une réunion avec les partenaires sociaux. La réforme de 2010 a ensuite été courageusement menée, mais dans une improvisation certaine, rien n'est aujourd'hui prévu au-delà de l'horizon 2018-2020. On comprend, dans ces conditions, que les jeunes générations s'inquiètent pour leur avenir et les observateurs pour celui des finances de la France.

La pression sur les régimes de retraite va durer jusqu'en 2035. Ensuite, les projections démographiques de l'INSEE montrent que le flux correspondant au baby-boom s'inverse : les générations nombreuses connaissent alors des taux de mortalité élevés et les nouveaux retraités sont moins nombreux parce qu'ils appartiennent à des générations postérieures au baby-boom.

Pour retrouver la confiance, il faut donner de la visibilité et organiser un pilotage sérieux à cet horizon.

Ma proposition serait d'inclure dans la loi l'évolution des durées de cotisation nécessaires pour bénéficier du taux plein et des bornes d'âges jusqu'en 2035, date à partir de laquelle les ratios démographiques devraient se stabiliser. Parallèlement un dispositif de pilotage serait mis en place, permettant de guider non seulement la situation financière des régimes de retraite, mais aussi d'autres indicateurs à sélectionner conjointement avec les partenaires sociaux (par exemple, taux de remplacement, emploi des seniors, indicateurs d'équité et de solidarité etc.).

Rien ne serait figé : ce qu'une loi a fait, une autre peut le modifier. Mais les cotisants et futurs retraités devraient se trouver rassurés. Et la France cesserait d'être considérée - bien à tort - comme le cancre des retraites par les organisations internationales et les opérateurs financiers.

Jean-Michel Charpin



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Jean-Michel Charpin est inspecteur général des finances et membre du Conseil d'orientation des retraites. En 1999, il rend son rapport « L'avenir de nos retraites » au Premier ministre. Polytechnicien et diplômé de l'ENSAE, Jean-Michel Charpin a rempli plusieurs fonctions dans le secteur public dont celles de directeur général de l'INSEE, de commissaire au Plan et de directeur du CEPII. Il a également été professeur d'économie à l'Ecole centrale et membre du Comité de direction générale de la BNP.
Ses principaux domaines d'expertise sont la macroéconomie, les statistiques, les retraites et l'énergie.

Le Cercle des économistes a été créé en 1992 avec pour objectif ambitieux de nourrir le débat économique. Grâce à la diversité des opinions de ses 30 membres, tous universitaires assurant ou ayant assuré des fonctions publiques ou privées, le Cercle des économistes est aujourd'hui un acteur reconnu du monde économique. Le succès de l'initiative repose sur une conviction commune : l'importance d'un débat ouvert, attentif aux faits et à la rigueur des analyses. Retrouvez tous les rendez-vous du Cercle des économistes sur leur site.

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  • zzzle le mercredi 20 mar 2013 à 09:17

    Voilà où mènent les plans sociaux, les délocalisations, suppressions d'usines et d'emplois etc... de ce gouvernement soi disant socialiste comme des précédents===> plus de 1800Mds€ de dettes dont l'intégralité due au chômage et assumée injustement sans aucune contrepartie par les organismes sociaux dont les caisses de retraite .

  • M9566237 le mercredi 20 mar 2013 à 09:03

    Ils baissent les salaires et ils voudraient que les gens cotisent en plus, que les retraites aillent à ceux qui ont versé dans les caisses mais pas l'inverse, il n'est pas normal ceux qui ont cotisé pour leur retraite touchent moins qu'un minimum vieillesse....

  • M4189758 le mercredi 20 mar 2013 à 08:57

    JPi - La retraite universelle, elle existe ailleurs et fonctionne très bien. Mais nous sommes en France et donc nous devons passer par une politique des petits pas ou pas de politique. Pour y arriver il nous faut commencer par un 'gros' plafonnement des retraites, publique et privées. Et je pense qu'une échelle des retraites de 19000 euros/mois à 500 euros/mois c'est pas bien. Allons y ! Plafonnons!

  • olivie91 le mardi 19 mar 2013 à 17:46

    On attend et on tésorise... bon ça bloque l'économie et fait des liquidités aux banques

  • olivie91 le mardi 19 mar 2013 à 17:44

    Bon bah tchat terminé il n'en sait pas plus que nous et pas d'idées nouvelles pour faire avancer.

  • p.schule le mardi 19 mar 2013 à 17:16

    La justice,ce mot là Hollande l'avait à la bouche tout le temps.Dernièrement ,j'ai vu sur la chaine sénat,un débat sur les possibilités de réforme.Sur une question d'un internaute"pourquoi laisser les privilèges à la fonction publique"Réponse du socialo:Faut débat car les smicars fonctionnaires touchent moins de retraites que le privé,Ils ne sont pas avantagés,arrétez de dire ça!!!!!!!!!!!On a comprit sur qui allait se faire la réforme des retraites!

  • M1945416 le mardi 19 mar 2013 à 11:07

    j'ai une voisine retraitée depuis l'âge de 50 ans (3 enfants ) après juste 15 ans de travail dans le public bien sur, et elle a autant de retraite qu'aura une simple vendeuse après 42 ans de boulot ( à 150 € près) super hein? et je parle que pas des autres cas dans notre secteur ... égalité???

  • M4905181 le mardi 19 mar 2013 à 11:02

    Les retraites,nous entendons les interrogations à ce sujet depuis PLUS DE 30ans A noter qu'à compter de 1981 nous enregistrons 1.4 million fonctionnaires en plus que nous "traînerons pendant en moyenne 50à60 ans .Dans un premier temps ne serait-il pas plus intelligent de la part de Nos"gouvernants"d'aligner les régimes "public" et "privé" y Compris et surtout nos députés,sénateurs TOUT LE MONDE AU MEME REGIME n'en déplaise à la SNCF et beaucoup d'autres M.HOLLANDE c'est LA JUSTICE pour tous

  • M1945416 le mardi 19 mar 2013 à 09:50

    60 milliards d'économies , oui mais tous les ans, livre de Agnès Verdier ... il y a de quoi faire, mais ceux qui profitent du système et vident les caisses, sont justement ceux qui dirigent ... alors bon

  • d.e.s.t. le mardi 19 mar 2013 à 09:27

    Très bien , mais son oeuvre majeure est le rapport sur la maîtrise des dépenses publiques , qui permettrait 20 milliards d'euros d'économies annuelles , mais qui est enterré par les politiques ni courageux, encore moins téméraires!Lisez aussi les rapports de l'Ifrap et le livre: "60 milliards d'économies...par an"!