Retraite : un geste pour les femmes et les chômeurs âgés

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Deux trimestres au titre de la maternité et deux au titre du chô­mage entreront à compter du 1er novembre dans le calcul de la durée de cotisation requise pour bénéficier d'un départ anticipé à la retraite à 60 ans.

Voici les modalités du décret de retour partiel à la retraite à 60 ans présenté en Conseil des ministres.

o Quel est le principe de ce décret?

Dès que le décret entrera en vigueur, toute personne agée de 60 ans ayant cotisé 41,5 annuités pourra partir à la retraite à taux plein sans attendre l'âge légal, qui a été repoussé, lors de la réforme Woerth de 2010, progressivement de deux ans, jusqu'à 62 ans à partir de 2017. «Cela revient pour ces populations à gommer le critère d'âge dans les départs en retraite et à ne prendre en compte que la durée de cotisation», se félicite Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales en charge du dossier.

o Quels sont précisément les publics concernés?

Cette mesure vise «les personnes qui ont commencé à travailler tôt et ayant cotisé la durée requise». Le dispositif actuel (dit des «carrières longues») permet déjà un départ à la retraite avant ou à 60 ans pour celles qui sont entrées sur le marché du travail à 14, 15, 16 et 17 ans. Le nouvel exécutif a pris l'engagement pendant la présidentielle d'élargir la population cible à ceux qui ont commencé à travailler «à 18 ou 19 ans». Les périodes non travaillées mais prises en compte dans le décompte de la durée de cotisation (4 trimestres maximum au titre de la maladie, la maternité et les accidents du travail, 4 au titre du service militaire) sont maintenues dans le nouveau dispositif. Le gouvernement a décidé de les élargir pour «les personnes ayant connu des accidents de carrière» et pour les femmes «pénalisées dans leur carrière par les maternités».

o Quelles sont ces nouvelles périodes prises en compte?

Deux trimestres au titre de la maternité et deux au titre du chô­mage (indemnisé ou pas, Marisol Touraine ne sait pas) entreront à compter du 1er novembre dans le calcul de la durée de cotisation requise pour bénéficier d'un départ anticipé à la retraite à 60 ans. Grâce à ces dispositions, la ministre estime qu'«une assurée née le 1er janvier 1955, qui a commencé à travailler à 19 ans, a cotisé 161 trimestres (40,25 ans) et a eu trois enfants» n'aura ainsi pas à attendre 62 ans pour partir en retraite, mais pourra le faire deux ans plus tôt que prévu, soit au 1er janvier 2015. De la même façon, une personne née un an plus tard «qui a commencé à travailler à 18 ans, a cotisé jusqu'à 59 ans mais perd son emploi» n'aura pas à rester trois ans au chômage et pourra prendre sa retraite début 2016 au lieu de 2018.

o Combien de bénéficiaires?

Marisol Touraine estime à 110.000 en 2013 (100.000 en 2017) le nombre de bénéficiaires, tous régimes confondus, dont 85.000 grâce à la seule extension du dispositif «carrières longues» aux assurés ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans. Avec une marge d'erreur, au doigt mouillé, «de plus ou moins 10% par an», mais qui pourrait être supérieure.

o Pour quel coût?

La note avoisinera 1,1 milliard d'euros en 2013 et 3 milliards en 2017. Elle sera financée la première année par une hausse des cotisations vieillesse employeurs et salariés de 0,1 point chacune, qui montera progressivement pour atteindre 0,3 point dans quatre ans. Une augmentation de cotisations qui se montera à 2 euros par mois en 2013 (5 en 2017) pour un salarié payé 1 600 euros, soit le salaire médian.

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  • xela78 le jeudi 7 juin 2012 à 09:02

    Pourquoi les chomeurs agés?? cette résolution s'applique à tous ceux qui ont eu dans leur parcours professionnel une période de chomage.

  • M6860185 le mercredi 6 juin 2012 à 21:45

    non, c'est presque rien mais c'est sur les salaires employeurs et employés quand même. C'est peut étre la justice mais ça n'améliore pas la compétitivité !