Retraite : syndicats et patronat fixent leurs conditions

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Les huit organisations représentatives ont défilé dans le bureau de Jean-Marc Ayrault en vue de préparer la conférence sociale de fin juin.

Des positions inconciliables! En recevant lundi à Matignon des délégations des centrales syndicales et patronales en guise de préparation de la conférence sociale prévue fin juin, Jean-Marc Ayrault a lancé la réforme des retraites annoncée par l'exécutif pour la fin de l'année. Et, ce faisant, le premier ministre a eu la confirmation qu'il sera difficile de mettre toutes les organisations d'accord.

Le patronat, pour une fois uni, refuse toute hausse des cotisations ou baisse des pensions pour combler le trou de 20 à 25 milliards d'euros à l'horizon 2020. «Notre préconisation est d'allonger la durée de cotisation à 43 ans d'ici à 2020 et de repousser l'âge légal de la retraite à au moins 65 ans à l'horizon 2040», a plaidé Laurence Parisot, la présidente du Medef. Même ligne de conduite à la CGPME qui plaide en plus pour «une accélération de la convergence entre le public et le privé, notamment en ce qui concerne le mode de calcul des pensions». Les fonctionnaires partant en retraite ont en effet leur pension calculée sur leurs six derniers mois de traitement, contre les 25 meilleures années dans le privé.

Régime par points

Il en va autrement des syndicats qui ne parlent plus d'une même voix sur ce sujet. Il y a d'abord ceux qui rejettent l'utilité d'une évolution des paramètres. À l'instar de la CGT qui, en guise de «réforme structurelle», exige une hausse des salaires et le retour de la croissance. «Si on allait vers un salaire minimum à 1700 euros, on n'aurait pas de problème de retraite», justifie Thierry Lepaon, son secrétaire général. Jean-Claude Mailly, son alter ego de FO, a quant à lui «planté les banderilles» des lignes rouges à ne pas franchir. À savoir une désindexation des pensions, un allongement de la durée de cotisation ou un nouveau recul de l'âge légal de départ. «On a toujours dit qu'on était prêt à regarder, y compris à accepter, des augmentations de cotisations», a toutefois convenu Jean-Claude Mailly qui a en revanche fermé, une nouvelle fois, la porte à «une réforme globale, dite systémique, qui consisterait à tout chambouler pour faire un régime par points».

Cette piste, qui vise plus à «redonner confiance aux jeunes générations» qu'à résoudre les déséquilibres, est portée par la CFDT. Si Laurent Berger, son secrétaire général, l'a rappelé, il a en revanche refusé de «prendre position» sur la réforme. «On se positionnera début juin sur la base des recommandations du rapport Moreau», a-t-il indiqué. Mais il n'acceptera pas «un énième replâtrage, une réforme financière qui ne mettrait pas fin aux inégalités actuelles». À savoir les inégalités de pension hommes femmes, de carrières longues, de polypensionnés...

«La CFDT a toujours dit qu'entre âge de départ et durée de cotisation, le paramètre le plus juste était la durée de cotisation, ça ne veut pas dire qu'à l'heure qu'il est, la CFDT ait pris position sur telle ou telle proposition qui n'est pas encore sur la table», a encore insisté Laurent Berger pour qui la future conférence sociale devra avant tout être recentrée sur l'emploi. «C'est l'urgence du moment, justifie Véronique Descacq, la numéro deux de la centrale réformiste. Chaque table ronde de la conférence devra traiter d'emploi et une discussion être dédiée à l'accompagnement des chômeurs et au retour à l'emploi.»

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  • pelochon le lundi 20 mai 2013 à 22:37

    LP j'irai danser et cracher sur ta tombe, retraite ou pas

  • M4045623 le vendredi 17 mai 2013 à 15:35

    Comme toujours, on ne songe à taxer que les travailleurs et la production.Allongement de la durée de cotisation,ou augmentation de l'age de depart= prélevement suplementaire sur ceux qui travaillent actuellement, diminution du rendement et de l'interet du systeme actuel.Mais les jeunes risquent de se demander : pourquoi continuer à payer pour des vieux qui ont raflé tout l'immobilier, nous empechent de nous loger, gagent plus que les actifs et nous ont laissé des montagnes de dettes?

  • Al2175 le jeudi 16 mai 2013 à 19:39

    ok et avis des fonctionnaires qu'en pense t-il?rien les autres vont payerje SOOUHAITE UN 1968 MAIS BEAUCOUP PLUS DUR ( 1958)

  • M7847994 le mardi 14 mai 2013 à 18:05

    le problème des retraites en France ne sera jamais résolu tant que nos syndicats irresponsables couvriront les fonctionnaires.Comme dit M4661438,ils ne représentent que 6% des salariés.Le politique qui aura le courage d'aligner les retraites privés et publiques, n'est pas encore naît.

  • birmon le mardi 14 mai 2013 à 15:02

    Ces positions inconciliables provoqueront à l'automne la grande crise sociale et politique qui placera le président devant ses responsabilités.

  • gstorti le mardi 14 mai 2013 à 10:18

    et aujourd'hui ont fait exactement le contraire...

  • gstorti le mardi 14 mai 2013 à 10:18

    remettre la retraite a 65 ans pour tous, public comme privé, plus de régimes speciaux; aligner les cotisations public et privé; sachant que 90% des salariés du privé ont perdu leurs emplois avant cette age, prévoir un fonds de pre-retraite, sachant que 100% du public sera en activité, cela donne pres de 10 ans d'économie a l'etat... cherchez l'erreur...

  • paumont1 le mardi 14 mai 2013 à 10:17

    autrement dit chacun campe sur ses positions, les syndicats préparent une bombe atomique (mouvement de grève de masse) et le Medef la sienne (dont on connait bien la litanie ,licenciements...) Quel imbécile leur fournira la bombe à hydrogène? pendant ce temps là les déficits explosent, le parallèle avec la crise syrienne ou meurent des enfants pendant que la Russie et la Chine d'un coté, et le reste de la communauté internationale d'autre-part, campent sur leur positions est saisissant...

  • M4661438 le mardi 14 mai 2013 à 10:01

    les syndicats ne représentent que 6% des salariés, il n'est pas normal qu'ils puissent décider pour les 94% non syndiqués !