Retraite : les nouvelles règles vont rapporter à la Cnav
Une bonne surprise pour les finances publiques - par les temps qui courent, c'est plutôt rare… La Caisse nationale d'assurance-vieillesse (Cnav, autrement dit le régime général qui couvre les salariés du privé) a fait ses calculs: la hausse de cotisations imposée par le gouvernement devrait lui rapporter davantage que l'extension du dispositif «carrières longues» ne lui coûtera. L'écart sera de 600 millions d'euros dès l'an prochain et atteindra un bon milliard en 2020.
Avec cette mesure, 59.700 assurés du régime général devraient pouvoir partir en retraite plus tôt que prévu en 2013. Le nombre des bénéficiaires devrait ensuite croître au fil des ans, pour plafonner à presque 100.000 par an à la fin de la décennie - il devrait ensuite diminuer progressivement compte tenu de l'allongement de la durée des études mais les simulations précises restent à faire. Le coût correspondant (pensions versées et manque à gagner sur les cotisations) augmentera parallèlement, pour frôler 1,9 milliard d'euros en 2020. En face, les cotisations des employeurs et des salariés seront progressivement relevées (jusque 0,25 point au total), ce qui devrait rapporter 2,9 milliards à la même échéance.
Pas de «cagnotte»Inutile toutefois de se réjouir excessivement de ces prévisions. D'abord, «les perspectives de solde financier de la Cnav pour les années 2013 à 2018 étaient négatives», rappelle Pierre Mayeur, son directeur (6 milliards de déficit attendus en 2013, 4,6 milliards en 2015). «Ce ne sera pas de trop!», commente le président de la caisse, Gérard Rivière (FO), même si «pour une fois, on ne peut que se féliciter que le gouvernement n'ouvre pas des possibilités dans une grande générosité sans les financer». Bref, il n'y a aucune «cagnotte» cachée…
En outre, le dispositif sera aussi source de dépenses supplémentaires pour les régimes complémentaires des salariés du privé (500 millions dès l'an prochain pour la seule caisse Arrco, ont révélé Les Échos). Et l'équilibre entre coûts et recettes additionnels n'est pas précisé pour les fonctionnaires ou les indépendants.
Les nouveaux bénéficiaires sont les personnes ayant commencé à travailler avant 20 ans, qui pourront cesser le travail dès qu'elles disposeront de «tous leurs trimestres» (41 annuités pour la génération 1952; 41,25 pour les générations 1953 et 1954; 41,5 ans ensuite), et au plus tôt à 60 ans. Seront pris en compte tous les trimestres travaillés mais aussi le service national, les arrêts maladie et maternité (4 trimestres au maximum, voire 6 pour les mères de famille) et jusque 2 trimestres de chômage indemnisés. Le dispositif sera ouvert le 1er novembre.
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