Retraite : Les habits neufs du Perp

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Au fil des réformes, le plan d'épargne pour la retraite populaire a perdu un peu de sa rigidité. Suffisamment pour recommencer à séduire les Français ?

Comment sortir le Perp de l'ornière ? Ce placement d'épargne-retraite a beau offrir un séduisant avantage fiscal (les versements effectués sur le plan sont déductibles du revenu imposable), il n'a pas encore conquis les Français. A fin juin, les sommes ainsi placées atteignaient péniblement 6,7 milliards d'euros. Un score assez médiocre pour un produit qui existe depuis 2003. Car le principe même du Perp a effrayé plus d'un épargnant : on y investit sa vie durant, et le capital ainsi accumulé est transformé, lors du départ à la retraite, en une rente viagère. Autrement dit, c'est un placement au long cours, un tunnel dont il est difficile de sortir. Pour les souscripteurs habitués à la souplesse de l'assurance-vie - et à ses retraits en capital possibles à tout moment -, le contraste était saisissant.

Le gouvernement a donc peu à peu revu sa copie et accordé quelque souplesse supplémentaire au Perp pour le rendre plus séduisant. Et, aujourd'hui, il n'est plus tabou de parler de retraits en capital sur ce placement. Mais dans des conditions bien encadrées. Au cours de la phase d'épargne (pendant la vie active), le souscripteur n'avait initialement le droit de récupérer son capital que dans trois cas : la fin des droits aux allocations chômage, la liquidation judiciaire (pour les chefs d'entreprise), et l'invalidité grave (dépendance). Depuis 2010, il est autorisé à le faire aussi si son conjoint (ou son partenaire pacsé) décède et s'il est confronté à une situation de surendetttement.

Retraits: une fiscalité plus douce

Mais surtout, de nouvelles possibilités de sortie ont aussi été prévues au moment de la retraite. La première entorse au sacro-saint principe de la conversion en rente viagère a été faite pour l'achat de la résidence principale. Les souscripteurs qui s'apprêtent à prendre leur retraite peuvent en effet, s'ils n'ont pas été propriétaires de leur logement au cours des deux années précédentes, retirer en totalité ou en partie le capital de leur Perp pour s'offrir leur nouveau home sweet home. En 2010, ce principe a été écorné une seconde fois avec une nouvelle disposition qui accorde à tout un chacun, sans condition particulière, le droit de retirer jusqu'à 20 % du capital disponible sur le Perp avant de le transformer en complément de retraite.

Plus discrètement, le régime fiscal de ces retraits a été modifié. Au départ, le capital retiré pour l'achat de la résidence principale devait être réintégré à l'impôt sur le revenu, avec un système particulier pour limiter les sauts de tranche d'imposition. Cette fiscalité à la sortie était la contrepartie de l'économie d'impôt dont avait profité le souscripteur grâce à ses versements. «Désormais, le régime fiscal est plus avantageux. Le capital retiré est en effet soumis à une taxe forfaitaire de 7,5%, après un abattement de 10%», explique Nicolas Deschamps, directeur du marché de l'épargne-retraite individuelle d'Axa France. Exemple : sur un capital de 1 million d'euros disponible sur le Perp, si 200 000 euros sont retirés à la retraite, seuls 180 000 sont imposables et soumis à la taxe de 7,5 %. «Une fiscalité douce comparée à l'avantage fiscal accordé à l'entrée: pour les contribuables taxés dans la plus haute tranche à 41%, 200.000euros versés sur un Perp au fil des années permettent une économie d'impôt allant jusqu'à 82.000euros», ajoute Nicolas Deschamps.

Ces nouvelles règles suffiront-elles à réconcilier les Français avec le Perp ? Ils y seront sans doute sensibles, mais les assureurs qui distribuent ce placement avancent un argument plus percutant. «Il faut faire prendre conscience aux Français de leur longévité, et de l'intérêt d'avoir des revenus assurés à vie pour compléter des retraites plus faibles. A 65ans, un homme a une espérance de vie de vingt-quatre ans, et une femme, de vingt-sept ans», rappelle Nicolas Deschamps. Peut-être est-ce pour cela que les versements sur les Perp ont augmenté de 3 % sur les six premiers mois de l'année.

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