Retraite : la CFDT a déjà fixé les conditions de son soutien

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Le nouveau secrétaire général de la centrale de Belleville, Laurent Berger, fixe au chef de l'État, François Hollande, deux lignes rouges à ne pas franchir : « Le report de l'âge de départ à la retraite » et « Une baisse des pensions ».

La CFDT détient, plus qu'en 2003, les clés de la réforme des retraites. Parce qu'il a institué le dialogue social en mode de gouvernance, François Hollande aura besoin du soutien du syndicat réformiste pour faire passer des mesures difficiles. Laurent Berger, le nouveau secrétaire général de la centrale de Belleville, l'a bien compris et a avancé ses pions juste avant la remise du rapport Moreau. Il a posé, mercredi dans un entretien dans L'Express, les conditions de son acceptation. Une sorte de «donnant-donnant» on ne peut plus explicite…

Laurent Berger fixe au chef de l'État deux lignes rouges à ne pas franchir: «Le report de l'âge» de départ, comme en 2010, «parce que ce n'est pas juste, qu'il pénalise ceux qui ont commencé à travailler tôt». Et «une baisse des pensions» au prétexte que «sinon les gens n'auront plus confiance dans la retraite par répartition et seront tentés d'aller vers un système plus individualisé». Pour lui, le paramètre déterminant de la réforme doit être la durée de cotisation, une constante depuis 2003, sans âge légal. Bref, la «retraite à la carte» prônée par la CFDT depuis des années…

«Quelqu'un qui voudrait prendre sa retraite avec 38 ou 39 années de cotisation, alors que la durée exigée est actuellement de 41,5 ans, pourrait le faire sans condition d'âge en acceptant de toucher une pension moins importante», justifie Laurent Berger. En outre, le leader syndical réclame de revenir sur «les questions de pénibilité», partiellement réglées dans la réforme de 2010, de réduire les inégalités de retraite entre les hommes et les femmes et de régler le problème des «polypensionnés», ces salariés qui ont cotisé à plusieurs régimes.

Isoler la CGT

Ce n'est qu'à ces conditions que la CFDT acceptera une hausse des cotisations, une désindexation des pensions et surtout un rapprochement des régimes privé et public, mais «à condition de prendre en compte la spécificité des carrières et des structures de rémunération». Dit autrement, la centrale soutiendra une révision des bases de calcul des pensions dans la fonction publique - le passage des six derniers mois aux trois ou dix dernières années - si les primes sont intégrées. Et ce, pour trois raisons.

Primo, l'avenir du syndicalisme se situe pour la CFDT dans le privé et les petites entreprises, non dans la fonction publique où, elle n'est arrivée que quatrième lors des élections de 2011. Secundo, les Français jugent de plus en plus injuste que les fonctionnaires - et les salariés des régimes spéciaux - aient encore un traitement différencié et verraient mal qu'ils soient écartés des efforts à faire. Et tertio, la CFDT veut isoler la CGT dans le camp des syndicats contestataires, opposés à toute réforme de structure.

«La CFDT trace son chemin en fonction de ses propres objectifs. Notre détermination et notre méthode paient», rappelle Laurent Berger. Au premier et dernier relevé en avril de la représentativité basé sur le vote des salariés dans les entreprises, la CFDT talonne en effet désormais la CGT avec 26 % des voix, contre 26,77 % à la centrale de Montreuil…

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  • fbordach le samedi 15 juin 2013 à 13:20

    Ouarf! Moi Président je rassemblerai tous les français...Une réforme dans la justice et l'équité! Les rentiers, pardon les fonctionnaires et les travailleurs ressortissant des régimes spéciaux en rigolent par avance, eux qui ont déjà prévenu qu'ils feraient grève pour s'opposer à l'abolition de leurs privilèges. De toute manière ce gouvernement est sans vision, sans cap et sans tripes, donc le changement ce n'est pas vraiment pour maintenant!

  • Aeldar le vendredi 14 juin 2013 à 08:26

    Je pense que la CFDT à raison de vouloir rassembler du coté du privé, et de laisser la CGT avec ses corporations de cheminots et d'électriciens/gaziers qui ne pensent qu'à eux...

  • fbordach le vendredi 14 juin 2013 à 07:00

    bienvenue au kolkhose! Ou SONT donc l'équité et la justice chères à l'Etat-PS?