Retraite : Hollande ne rassure pas les syndicats

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La CGT, déçue par les annonces du chef de l'État, promet déjà une journée d'action en septembre.

L'opération déminage de François Hollande, pendant deux heures dimanche soir dans l'émission «Capital» sur M6, n'aura pas servi à grand-chose. Le président de la République a eu beau caresser les fonctionnaires et les salariés des régimes spéciaux dans le sens du poil, les syndicats affichent tous leur déception. Pour ne pas dire plus... «Dans la boîte à outils, je ne vois qu'un marteau et une enclume et, entre les deux, il y a les salariés et les retraités», juge Thierry Lepaon, le patron de la CGT, qui a d'ores et déjà promis d'organiser une journée d'action début septembre contre la réforme à venir.

«Les réformes ont déjà eu lieu»

Le chef de l'État avait pourtant employé les grands moyens pour déminer un terrain devenu de plus en plus glissant après les fuites du rapport Moreau, remis vendredi. D'abord, «l'âge légal ne bougera pas, il a déjà été porté à 62 ans», a insisté François Hollande, préférant agir sur la durée de cotisation qui doit suivre, «pour le moyen et long terme», l'évolution de l'espérance de vie. Et encore, la durée requise pour bénéficier d'une retraite à taux plein ne bougera-t-elle pas «avant 2025». Ensuite, le chef de l'État ne touchera pas aux pensions des retraités. Mieux, François Hollande a promis de les «sécuriser», ce qui revient de facto à écarter toute désindexation par rapport à l'inflation, contrairement à ce qu'ont acté les partenaires sociaux dans les régimes complémentaires au mois de mars. Une hausse de la CSG des retraités aisés ou la suppression de l'abattement fiscal de 10 % pour frais professionnels ne paraît en revanche pas exclue.

Le chef de l'État a surtout renvoyé aux calendes grecques toute évolution spécifique, pourtant réclamée par les Français, concernant les régimes spéciaux ou les fonctionnaires. «Les réformes ont déjà eu lieu», a martelé François Hollande au motif approximatif - ce sera vrai en 2022 - que «les durées de cotisation et les taux de cotisation sont déjà les mêmes aujourd'hui». Pas question donc de revenir sur la base de calcul des pensions des fonctionnaires (sur les six derniers mois de traitement) ou sur les âges de départ en retraite de certains salariés de régimes spéciaux (50 ans pour les cheminots roulants, 55 pour les électriciens...). «Les mêmes efforts seront demandés à tout le monde», a justifié François Hollande. «Les efforts seront partagés par l'ensemble des Français et justement répartis», a abondé lundi Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales. Pour elle, les fonctionnaires «seront appelés à faire des efforts au même titre que l'ensemble des Français». Ni plus ni moins...

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  • fbordach le jeudi 20 juin 2013 à 18:36

    fbordach à l'instant Ouarf! Courage, fuyons... Une réforme dans la justice et l'équité. Les fonctionnaires et les syndicalistes des sociétés aux régimes de retraites spéciaux en rigolent encore. Allez, le changement c'est pas pour maintenant, on reprendra la copie dans 2 a 3ans, quand nous serons encore un peu plus sinistrés.

  • mlemonn4 le mardi 18 juin 2013 à 16:44

    Nous avons les monarques et élites de l’establishment les plus incompétents et véreux que nous méritons; à ce rythme-là, nous n'aurons bientôt plus d'assiette à manger; A défaut de justice, quand allons-nous mettre dehors à coups de pompe dans le cul, tous ces incompétents, profiteurs, pique-assiettes et dilapideurs du bien public qui commettent au quotidien l’abus de biens social, la fraude, le vol, la subornation (et j’en passe) tout en se drapant des valeurs de la République!

  • knbskin le mardi 18 juin 2013 à 16:42

    Surtout, ne faisons rien et attendons Saint Kondratieff ! ;)

  • mipolod le mardi 18 juin 2013 à 13:49

    Si les syndicats ne sont pas rassurés imaginez comment les français peuvent être stressés par tant d'incompétence !! Nous vivons une dictature doctrinaire !

  • M8252219 le mardi 18 juin 2013 à 09:17

    le président à peur de la rue, l'égalité devant la retraite n'est pas pour demain, les régimes spéciaux et le statut des fonctionnaires lui font peur. leur potentiel de nuisance vont faire reculer le gouvernement. Salariés et retraités du privé DEBOUT. le mot égalité est inscrit au fronton de la République.

  • cachagui le mardi 18 juin 2013 à 08:19

    Et si nous avions le courage,les uns les autres d'admettre que notre systeme de retraite va a la faillite si nous continuons a etre aussi egoistes surtout vous les retraites qui admettez le etes le pricipal responsable de son deficit et ceci je vous le rappelle pour memoire depuis 1982.Vous devez faire un effort aussi.

  • fbordach le lundi 17 juin 2013 à 23:50

    Non, un marteau et une faucille!