Retraite des cadres : réserves épuisées dès 2016-2018

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L'échéance pourrait arriver dix ans plus tôt que prévu. Pour l'Arrco, caisse de tous les salariés, les réserves auraient fondu en 2020-2023. Syndicats et patronat se réuniront en octobre pour tenter d'éviter ces scénarios.

Syndicats et patronat ont examiné vendredi de nouvelles projections pour les régimes de retraite complémentaire des salariés du privé. Ces prévisions tiennent compte de la conjoncture moins bonne que prévu lors de leur dernier accord, en 2011, et notamment de la remontée du chômage.

Sans changement des règles (âge de départ, cotisations, rendement...), les réserves de l'Agirc (cadres) seront totalement épuisées dès 2016 ou 2018, selon les hypothèses économiques retenues. L'échéance envisagée jusqu'ici était 2026. Pour l'Arrco (tous salariés), les réserves seront épuisées entre 2020 et 2023, et non pas après 2030.

Les partenaires sociaux, qui cogèrent ces régimes, se réuniront le 12 octobre pour envisager de prendre des mesures afin d'éviter ces scénarios noirs. Mais la négociation s'annonce très difficile.

La CFE-CGC suggère une réflexion sur l'ensemble du système de retraite, en faisant de l'Agirc-Arrco un régime totalement contributif (le montant de la pension dépendant directement des cotisations versées par chacun au fil de sa carrière), et en transférant ailleurs les dispositifs de solidarité (compensation des périodes de chômage, avantages familiaux...). La CGT réclame déjà une hausse des cotisations ou l'élargissement de leur assiette, à la charge des employeurs. Le Medef rétorque que les marges des entreprises sont au plus bas et qu'une hausse des cotisations aura déjà lieu pour financer le retour partiel à la retraite à 60 ans, ce qui alourdira le coût du travail.

Un doute sur l'extension du dispositif «carrières longues»

Le patronat a par ailleurs semé le trouble sur la transposition de cette mesure «carrières longues» dans les régimes complémentaires. Il a expliqué avoir demandé une expertise juridique pour s'assurer que cette transposition était automatique, et ne nécessitait pas de mesure législative ou de nouvelle négociation avec les syndicats. Simple précaution, a assuré son représentant Jean-François Pilliard, pour éviter des contestations en justice que le coût du dispositif pourrait susciter (272 millions d'euros pour l'ensemble Agirc-Arrco en 2013, 1,2 milliard par an à l'horizon 2020-2030).

Mais la démarche patronale inquiète les syndicats, qui se demandent s'il ne s'agit pas pour les entreprises d'une manière détournée de contester le retour partiel aux 60 ans. «Ce n'est absolument pas une prise de position politique, conteste Jean-François Pilliard. La probabilité d'une difficulté juridique nous semble infime et la déclinaison du décret du gouvernement aux régimes complémentaires est l'hypothèse que nous avons retenue dans toutes nos discussions».

En attendant le résultat de l'expertise - d'ici à la fin du mois - il subsistera donc un petit doute pour les salariés qui souhaitent bénéficier de la mesure dès son entrée en vigueur, le 1er novembre: pourront-ils toucher leur retraite complémentaire sans abattement, comme leur retraite de base?

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  • M7377356 le mardi 14 aout 2012 à 10:30

    J'ai cotisé en tant que travailleur indépendant pendant 33 ans ( après 7 ans de cotisation salarié) à la CIPAV . cette caisse est très excédentaire car il y a beaucoup plus de cotisants que de retraités . Hélas l'ETAT est passé par là en 1983 (avec l'arrivée des socialistes) cet état a vite puisé dans nos réserves depuis ( tous les ans) afin de combler les déficits des régimes spéciaux SUITE ci-dessous

  • M7377356 le mardi 14 aout 2012 à 10:29

    ( ces régimes qui gouvernent toutes les caisses même celles ou ils n'ont rien a y faire) ces régimes spéciaux , il ne faut surtout pas y toucher sinon il y a des grêves en pagaille . la France a besoin d'une bonne poigne de fer pour remettre ces "planqués" au boulot comme tout le monde !!!!

  • ostrevan le lundi 9 juil 2012 à 15:15

    Et puis il n'y a qu'en France que les cadres ont une caisse particulière, il y aura donc à terme une fusion avec la caisse des salariés et se sont les travailleurs qui vont "reboucher".

  • ostrevan le lundi 9 juil 2012 à 15:12

    Les cadres cotissent sur le plafond; qu'ils cotisent sur l'ensemble du salaire !

  • titus82 le lundi 9 juil 2012 à 12:53

    Si on distribuait un peu moins d'argent à des gens improductifs et dont certains n'on rien à faire sur notre territoire il y en aurait pour les retraites !!! Il serait temps de vous réveiller Mrs les Politiques!!!

  • erikk5 le lundi 9 juil 2012 à 08:43

    Une même retraite pour tout le monde ou une seul retraite par capitalisation

  • dupon666 le lundi 9 juil 2012 à 03:34

    le recul de l'age de la retraite ne fait que transferer les charges vers l'assurance maladie (indemnités journalieres) et l'assurance chomage..Il serait souhaitable de faire un calcul GLOBAL et serieux pour connaitre le cout reel de la retraite à 60 ans,surtout dans un pays ou le chomage des jeunes commence à etre preoccupant.

  • knbskin le dimanche 8 juil 2012 à 19:56

    Cela souligne d'ailleurs la profonde débilité des régimes spéciaux "par profession", dont les effectifds sont instables par définition (voir mineurs, informaticiens, etc.).

  • knbskin le dimanche 8 juil 2012 à 19:52

    La fonction publique territoriale a un "régime" équilibre (on calcule les cotisations et les retraites) et ce régime doit être "bénéficiaire" : ce n'est pas un exploit, la fonction publique territoriale est une des rares catégories professionnelles dont la population active augmente ! Et le nombre de retraités y est encore faible.

  • knbskin le dimanche 8 juil 2012 à 19:50

    Hum ! Il existe divers "régimes" de retraite des fonctionnaires. Les fonctionnaires d'Etat ont des cotisations faibles (salarié + employeur) par rapport au montant de la retraite (75 % du dernier salaire ou des 6 derniers mois, je ne sais plus). Le calcul cotisations / retraites n'est même pas fait : c'est le Trésor public qui paie rubis sur l'ongle.