Retraite : comment s'y préparer ?

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Avec l'entrée en vigueur, le 1er juillet, de la réforme des régimes complémentaires obligatoires, les Français peuvent avoir une idée précise de ce qu'ils percevront.

Les Français n'ont qu'une très vague idée de ce qui les attend à l'issue de leur carrière professionnelle, et cela les angoisse. Selon une étude internationale de la banque HSBC, plus d'un Français sur trois (38 %) ignore quelle sera sa principale source de revenus à la retraite. C'est le score le plus élevé dans le monde (17 % sont dans ce cas au Royaume-Uni, 9 % en Inde). Preuve supplémentaire de ce flou, les Français sont aussi parmi les plus nombreux à se sentir mal préparés pour leur retraite (50 % contre 41 % en moyenne dans les 17 pays évalués). Assez logiquement, ces incertitudes génèrent des craintes: pour la première fois depuis 2005 (date de lancement de cette étude annuelle), la sécurité financière a rattrapé la bonne santé comme condition essentielle pour vivre une retraite heureuse. Et ils sont 69 % à penser que leur situation sera dégradée par rapport à celle de leurs aînés. «L'ascenseur social entre les générations n'est pas cassé, mais il a perdu de sa vitesse, estime le sociologue Jean-Philippe Viriot Durandal. Les classes moyennes, notamment, craignent le déclassement et se sentent de moins en moins protégées des effets de la mondialisation.» Malgré ces craintes, les nouvelles règles de la retraite sont désormais claires. Après la réforme de la retraite de base, adoptée en octobre dernier, l'avenir des régimes complémentaires obligatoires restait en suspens. Une inconnue de taille puisque les régimes Agirc (cadres) et Arrco (pour tous les salariés du privé) représentent en moyenne 57 % de la pension des cadres contre 31 % de la pension des non-cadres. L'accord signé par les partenaires sociaux le 18 mars dernier (même si la CFE-CGC, non signataire, s'oppose à ce texte) s'applique aux retraites complémentaires dès le 1er juillet. Rapide panorama des principales modifications.

A quel âge va-t-on partir?

Jusqu'ici, pour toucher une pension complémentaire sans décote, deux possibilités: soit attendre 65 ans, soit liquider sa retraite au plus tôt à 60 ans et avoir tous ses trimestres au régime de base (163 pour les assurés nés en 1951, 164 pour ceux nés en 1952, 165 pour les classes 1953 et suivantes). Les négociateurs Agirc-Arrco ont décidé de décliner « toute la réforme, rien que la réforme » du régime de base: ces deux bornes seront progressivement relevées, pour atteindre 62 ans et 67 ans à partir de la génération 1956. La première étape intervient dès ce 1er juillet, avec le passage à 60 ans et 4 mois pour les personnes nées à partir du 1er juillet 1951. Dans certaines conditions (carrières longues, pénibilité, mères d'au moins trois enfants nées avant 1956, travailleurs handicapés), les départs anticipés restent possibles. Et il est possible de liquider sa retraite Agirc-Arrco cinq ans avant l'âge légal appliqué au régime de base (soit 55 ans aujourd'hui et 57 à l'avenir), mais au prix d'une forte amputation de la pension.

Le dispositif actuel finançant le coût des retraites avant 65 ans pour les régimes complémentaires s'appuie sur l'AGFF (Association pour la gestion des fonds de financement de l'Arrco et Agirc). Il est reconduit jusqu'en 2018. Une bonne nouvelle pour les assurés car par le passé, le Medef a parfois menacé de ne pas prolonger ce système, ce qui aurait amputé les retraites de façon sensible. D'un point de vue pratique, les pensions Agirc-Arrco seront désormais versées chaque mois et non plus de façon trimestrielle à compter de 2014. Quant au rendement, c'est-à-dire le rapport entre cotisations versées et pensions reçues, il va continuer de reculer à l'Arrco en 2011 et 2012. Il baissera plus vite encore à l'Agirc pour être aligné sur celui de l'Arrco. Jusqu'ici, pour 100 euros cotisés pendant la carrière, la pension annuelle s'élève à 6,59 euros à l'Arrco et 6,70 euros à l'Agirc. Mais ensuite, de 2013 à 2015, ce rendement sera stabilisé.

La nouvelle règle concernant les parents d'au moins trois enfants est unique : un bonus de 10 % pour l'ensemble des retraites complémentaires, comme dans les régimes de base. L'avantage serait plafonné à 1 000 euros par an à l'Arrco et autant à l'Agirc. Ce bonus remplace les 5 % proposés par l'Agirc auxquels s'ajoutaient, pour les cadres, 8 % pour les parents de trois enfants, 12 % pour quatre enfants, 16 % pour ceux qui en ont cinq, 20 % pour six et 24 % au-delà. Ces nouvelles règles devraient avantager une très vaste majorité de cotisants et désavantager certains cadres à très hauts revenus et/ou parents d'au moins quatre enfants. La réforme s'appliquera aux droits et aux retraites obtenus à compter du 1er janvier 2012, pour les retraites liquidées après cette date; l'ancienne règle s'appliquant jusqu'à la fin de l'année. La majoration Arrco pour chaque enfant encore à charge pendant la retraite (5 % non plafonnés) avait pour sa part bien failli disparaître. Elle est finalement étendue à l'Agirc.

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