Retraite à 60 ans : les conditions bientôt fixées

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Le premier ministre a détaillé son calendrier social. Il recevra les partenaires sociaux mardi

Un «calendrier social» en quatre temps. Jean-Marc Ayrault a précisé ce mercredi l'échéancier des discussions préalables aux réformes sociales qu'il compte engager. Le premier ministre rencontrera mardi prochain chaque leader syndical et patronal représentatif, pour une première prise de contact. Il sera entouré de Michel Sapin (Emploi et Travail), Marisol Touraine (Affaires sociales) et Marylise Lebranchu (Fonction publique). Arnaud Montebourg (Redressement productif), qui lui avait grillé la politesse lundi en lançant une série de consultations à coup de communiqués de presse, n'est pour l'heure pas associé…

Jean-Marc Ayrault présidera ensuite, début juin, «une conférence de méthode» pour fixer le processus des discussions. S'en suivra une série de «rencontres bilatérales» pour préparer «la conférence sociale» qui sera ouverte et clôturée par le président de la République et se tiendra «avant le 14 juillet». Ce rendez-vous, qui vise «à lancer les chantiers de réforme et fixer les priorités», s'inscrira «dans un processus continu tout au long du quinquennat», avec des rencontres régulières. «Il n'est pas question de faire des shows, des sommets qui durent une heure ou deux, où chacun s'exprime, on repart et il ne se passe rien», a ironisé Jean-Marc Ayrault.

Le premier ministre a également précisé le timing de l'une de ses premières mesures fortes: le retour partiel à la retraite à 60 ans. Ses modalités seront annoncées «dans les trois semaines». Soit tout juste… entre les deux tours des législatives. Toutefois, compte tenu des délais nécessaires pour les consultations - obligatoires - du Conseil d'État et des caisses de retraite, le décret actant la mesure ne sera pas formellement publié dans ce délai.

Marges de manœuvre

Le chef du gouvernement a fait état de marges de manœuvre sur ce dossier - mais des marges étroites. Toute la question est de savoir quelles seront exactement les périodes prises en compte dans le calcul des 41 annuités nécessaires pour prendre sa retraite avant l'âge légal. La promesse de campagne de François Hollande n'inclut que les années cotisées, c'est-à-dire travaillées. Jean-Marc Ayrault a fait comprendre hier que les dérogations existant déjà dans le système des «carrières longues», instauré en 2003 par François Fillon, seraient reprises: les trimestres «validés» au titre de congés maladie ou maternité (dans la limite de quatre pendant toute la carrière) et du service national.

Sera-t-il possible d'assouplir encore le système, pour prendre en compte par exemple les périodes de chômage comme le réclament certains syndicats (voir ci-dessous)? Oui, à condition de «rester dans l'épure» de l'enveloppe envisagée pendant la campagne: un milliard d'euros supplémentaire par an. «Il ne s'agit pas d'augmenter le coût de cette mesure», a prévenu le premier ministre. Cette enveloppe s'entend Fonction publique incluse, précise une source gouvernementale. Tout dépendra en fait des simulations précises que le nouvel exécutif est en train de faire réaliser par les organismes concernés. Si, avec les paramètres envisagés pour le moment, le nombre de bénéficiaires potentiels est inférieur aux 150 000 par an jusqu'ici anticipés, cela permettra de se montrer un peu plus «généreux» sur les conditions d'accès au dispositif.

Restera néanmoins une question cruciale: comment les régimes de retraite complémentaires, qui puisent déjà dans leurs réserves, absorberont-ils la dépense? «Il ne faut pas dramatiser, a répondu Jean-Marc Ayrault. Nous avons pris un engagement pendant la campagne, il sera tenu.»

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  • M9778523 le jeudi 24 mai 2012 à 10:24

    Il fut un temps où les anciens s'assuraient de ce qu'ils laissaient derrière eux… Il est facile d'accuser l'individualisme de notre société, une des raisons vient du comportement égoïste de cette génération (55-60 ans).

  • M9778523 le jeudi 24 mai 2012 à 10:23

    Faire supporter le coût d'un retour au départ en retraite par nos enfants (taxe sur les cotisations salariales) est tout simplement une honte.En s'intéressant un minimum à la nouvelle génération qui entre sur le marché du travail (4 millions de chômeur, bac + 5 pour exercer des métiers qui se faisaient à bac +2 voir bac auparavant, stage, intérim, prestation, stagnation des salaires,...