Retraite à 60 ans : le calendrier s'accélère

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La réforme promise par François Hollande sera à l'ordre du jour du prochain Conseil des ministres.

«Le contenu» du décret sur le retour partiel à la retraite à 60 ans sera «annoncé avant les législatives», a déclaré jeudi sur Canal + Marisol Touraine... sans préciser de quel tour elle parlait! Invité de BFM ce matin, Jean-Marc Ayrault, le premier ministre, a annoncé que la réforme sera à l'ordre du jour du prochain Conseil des ministres.

La ministre des Affaires sociales a bouclé une première série de consultations avec les partenaires sociaux sur le sujet. Elle a confirmé à ses interlocuteurs que le dispositif, tel qu'initialement envisagé, coûterait un peu moins que les 5 milliards d'euros en 2017 estimés au départ - enveloppe que le premier ministre Jean-Marc Ayrault s'est engagé à ne pas dépasser. Mais elle s'est gardée de donner tout ordre de grandeur, invoquant des chiffrages divergents selon les services, et encore plus de dire ce que le gouvernement ferait de ces marges de man½uvre.

Le patronat, évidemment, rêve d'une hausse de cotisation moins importante que prévu, pour ne pas augmenter le coût du travail. Parmi les pistes évoquées, l'hypothèse que le relèvement d'un point inscrit dans le projet du candidat Hollande (moitié pour l'entreprise, moitié pour le salarié) ne bénéficie pas seulement aux régimes de base mais qu'une partie aille aux régimes complémentaires Agirc-Arrco, à qui la mesure coûtera aussi.

Options ouvertes

La CFE-CGC voudrait maintenir la hausse de cotisation d'un point pour les régimes de base sans rendre pour autant le dispositif plus généreux, compte tenu des déficits à combler. Les autres syndicats, eux, réclament des critères plus souples. À l'origine, le projet n'inclut que les années véritablement travaillées, le service national et au maximum 4 trimestres de maladie ou de maternité dans le décompte des annuités exigées (41 ans pour la génération 1952) pour prendre sa retraite à 60 ans. FO et la CFDT réclament par exemple que des trimestres de chômage puissent également être inclus, au moins pour les seniors sans emploi. Marisol Touraine a laissé toutes ces options ouvertes. Elle a en revanche indiqué que la revendication de la CFTC - ajouter les deux années de «bonus» accordées aux mères pour chaque enfant - ne correspondait pas à l'«esprit» d'un élargissement du dispositif «carrières longues» existant.

Elle a aussi écarté l'idée que les personnes ayant commencé à travailler à 20 ans puissent profiter du futur dispositif: il faudra avoir débuté sa carrière «avant 19 ans» ou «avant 20 ans» (cela reste à trancher), contre «avant 18 ans» actuellement. La confusion avait pu naître chez certains de ses interlocuteurs quand la ministre a expliqué qu'une personne ne disposant pas de «tous ses trimestres» le jour précis de ses 60 ans ne serait évidemment pas obligée d'attendre l'âge légal pour partir en retraite (60,9 ans pour la génération 1952, 62 ans à partir de la génération 1955)! Elle pourra cesser le travail dès qu'elle aura cumulé les annuités exigées, que cela arrive le lendemain de ses 60 ans, deux semaines ou trois mois plus tard.

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  • barriqu2 le lundi 4 juin 2012 à 10:13

    J ai commencé a 16 ans ! j en ai 49, et j en ai marre !je pense à des retraites au cas par cas selon les besoins et voir pour une formation de nos jeunes en entreprise accompagnée par les seniors, mais ça c est selon les cas........

  • dupon666 le vendredi 1 juin 2012 à 21:42

    ces histoires de retraite sont absurdes..quand on sait que plus de 50% des personnes de plus de 55 ans sont au chomedu ou en maladie..Ca ne couterait pas grand chose de les payer en retraite.Pour les autres si ça permet d'embaucher des jeunes ,c'est surement plus sain pour une economie dynamique.D'autant plus que la retraite à 60 ans en ayant cotisé 41 ans ça concerne surtout des travaux de smicards qui meritent bien d'arreter le travail.

  • alh7 le vendredi 1 juin 2012 à 18:00

    Il me semble que sur le plan constitutionnel,la loi ne peut être modifiée par un décret qui lui est d'ordre règlementaire... je pense que le premier ministre devrait consulter un constitutionnaliste

  • M4189758 le vendredi 1 juin 2012 à 12:01

    JPi - En comptant le temps du travail, plus le temps de la retraite les jeunes fonctionnaires engagés en 1981, sous Mr Mitterrand, seront encore payés pendant 24 ans (2036) et ceux engagés en 1996 jusqu'en 2051. Les nouveaux fonctionnaires que Mr Hollande veut engager de 2012 à 2017 seront à charge de l'état jusqu’en 2077 ... En a-t-on les moyens, face à l’endettement de la France ? Car c'est ça les déficits structurels.

  • M4189758 le vendredi 1 juin 2012 à 12:01

    Plutôt qu'une retraite à 60 ans, une retraite décente pour tous serait + juste. Pourquoi devant la différence de montant entre les retraites le PS ne propose-t-il pas + de justice et de décence ? Par exemple la fin des cumuls des retraites payées par l’état. Ici on parle des retraites que les polis tiques se sont votées. Un plafonnement des retraites serait aussi le bien venu : l’état n’a plus les moyens de payer des retraites de 19.000 euros aux uns et 700 à d’autres.

  • M9057062 le vendredi 1 juin 2012 à 11:09

    A Isegoria.Heureusement qu'il y a le Medef. S'il y avait seulement la CGT, il n' y aurait plus de retraite depuis longtemps....Heureusement aussi qu'il y a des gens qui entreprennent. La dette de la France n'est pas le fait des dirigeants d'entreprise.

  • M6575115 le vendredi 1 juin 2012 à 11:05

    Question simple: Quel i.d.i.o.t a pu au debut des années 80 baisser la retraite a 60 ans ?? Alors même que les salaires avaient plus que doublé dans les années 70 (donc des cotisations retraites sur des salaires moins important pendant les années précedentes), et que les progrés de la science ne cessaient d'augmenter une esperance de vie jusque la pas prise en compte dans le calcul des cotisations. Mais a l'epoque, c'était pas grave, on pouvait emprunter (dette plus que x2 dans les annees 80)

  • M2654585 le vendredi 1 juin 2012 à 10:57

    la retraite à soixante ans est un leurre électoral, et les actuelles discussions de la poudre aux yeux, la réalité est que la retraite à soixante se discute sur la base de la sécu, les complémentaires ne sont pas impliquées, ensuite cette baisse des revenus alliée à la hausse du coût de la vie fait que des retraités doivent rechercher une activité d'appoint

  • Al2175 le vendredi 1 juin 2012 à 10:57

    psti, connaissez vous le cout global (direct et indirect) d'un depart a 60 ans ? donc ne portez pas de jugement rapide et sans fondement economique.

  • Isegoria le vendredi 1 juin 2012 à 10:00

    Notre système de retraite était insubmersible, jusqu’à que cette grosse P... de Parisot a fait geler les cotisations sociale des entreprises... Résultat la ou avant il fallait juste ajuster de quelques points les cotisations, aujourd'hui la France doit emprunter 8 milliards par mois ! Bravo le MEDEF !