Retraite : Parisot veut reculer l'âge de départ

Le Figaro le 15/01/2013 à 18:10
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La présidente du Medef met encore une fois sur la table la question d'une nouvelle réforme des ­retraites, mais dans un sens ­différent de l'exécutif.

Bien qu'empêtrée dans sa tentative de modifier les statuts pour rester à son poste deux ans de plus, Laurence Parisot n'a rien perdu de sa détermination à faire «bouger les lignes», pour reprendre le slogan du programme présidentiel du Medef en 2007. Lors de sa conférence de presse mensuelle mardi, où elle est apparue fatiguée et les traits tirés, la présidente de l'organisation patronale a mis encore une fois sur la table la question d'une nouvelle réforme des ­retraites, mais dans un sens ­différent de l'exécutif. «Il est ­illusoire de croire que les difficultés sont derrière nous après la ­réforme de 2010», a ­martelé la ­patronne des ­patrons.

Pour Laurence Parisot, les choses sont même presque aussi simples qu'en 2008 lorsqu'elle avait été la première à préconiser un recul de l'âge de départ à la retraite pour équilibrer à terme les régimes de retraite. Elle avait proposé de repousser le curseur jusqu'à 63 ou 65 ans, s'attirant alors les foudres de Nicolas Sarkozy au prétexte qu'une telle mesure ne figurait pas dans son programme de campagne. «Tous nos voisins ont choisi, à l'horizon 2035 ou 2040, de reculer l'âge légal de départ à 66 ou 67 ans, a-t-elle expliqué. On ne pourra pas résoudre les problèmes que nous connaissons avec des mesures du type de désindexation des pensions. Nous devons lancer le débat sur des orientations claires à moyen terme et la question de l'âge légal devra être reposée.»

Un trou de 20 milliards

Les mesures conservatoires à court terme, qui doivent être arrêtées par les partenaires sociaux pour sauver les régimes complémentaires de la banqueroute, ne suffiront pas. Le mal est plus global. Le Conseil d'orientation des retraites (COR) l'a d'ailleurs clairement indiqué en décembre en chiffrant à 20 milliards d'euros le besoin de financement de l'ensemble des régimes en 2020. Et il devrait le refaire le 23 janvier en publiant un nouveau rapport, bien plus complet, sur «l'état des lieux du système français».

La réforme à venir, en tout cas, ne pourra être que globale. Pour la présidente du Medef, l'âge de départ ne devra pas être la seule variable d'ajustement. «C'est une combinaison optimale entre recul de l'âge de départ et allongement de la durée de cotisation qu'il convient de trouver», assure-t-elle. Non sans souffler quelques orientations plus générales sur les dépenses sociales qui lui tiennent à cœur et qu'elle répète à l'envi dès que l'occasion se présente.

«Je suis frappée de voir que le gouvernement n'aborde jamais la question, a-t-elle donc fustigé. François Hollande nous dit qu'il va devoir baisser de 60 milliards d'euros les dépenses publiques sur le quinquennat mais ne donne jamais les modalités ni les pistes pour y parvenir.» Pour elle, c'est pourtant on ne peut plus clair, la solution passe aussi par «une réforme du financement de la protection sociale, de l'Assurance-maladie».

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  • noaction le vendredi 25 jan 2013 à 12:21

    les regimes salariés devraient arreter de compenser les deficits des autres regimes ... Ce serait déjà un bon debut pour reduire le déficit ....... !

  • heimdal le mardi 22 jan 2013 à 21:40

    Ben ouais mais les retraités ils votent à droite ,Parisot ,alors camenbert !

  • kejocol le jeudi 17 jan 2013 à 17:39

    au lieu de repousser l'age de la retraite, il faudrait, ds un but equite et de justice ( tiens, je parle comme NEU NEU) que tous les francais soient egaux face a l'age de la retraite, cad , un age unique pour tous. qui pense que la SNCF travaille plus peniblement qu'un macon ou un ouvrier du prive en equipe.? bien qu'on nous dit que ce ne sont pas les memes caisses de retraites, c'est l'etat qui paie et l'etat ce sont les contribuables.

  • dugan le mercredi 16 jan 2013 à 14:57

    Pour faire simple, il faut abattre les futurs retraités du privé et SURTOUT sauvegarder les REGIMES SPECIAUX ... qui se renflouent dans les caisses du privé !

  • psdi le mercredi 16 jan 2013 à 14:46

    Lors d'une nouvelle séance de négociations, les syndicats ont rejeté hier le plan de rigueur proposé par le Medef afin de réduire le déficit des régimes de retraite complémentaire ARRCO-AGIRC.

  • mcarre1 le mercredi 16 jan 2013 à 14:29

    Par contre, quand on voit le nombre de gens qui ne retrouvent plus de travail passé 50 ans, ceux-ci auront des retraites de misère après avoir survécu 10 ans avec les minimas sociaux.

  • paulin17 le mercredi 16 jan 2013 à 13:58

    Ca fait longtemps qu'on le dit que les pensions de retraites sont deconnectées de la rentrée d'argent en face et qu'on paye aujourd'hui les retraites à crédit! Si on payait en fonction de recettes, la pension moyenne serait d'environ 350e!! Ce n 'est donc plus possible de continuer ainsi, droite ou gauche au gouvernement....

  • psdi le mercredi 16 jan 2013 à 12:54

    A 65 balais avec la vitesse d'évolution de l'informatique et des modes de management, ça va devenir de plus en plus dur pour les gens car on ne leur change pas le disque dur?.

  • mcarre1 le mercredi 16 jan 2013 à 12:49

    Mitterand avança la retraite de 65 à 60 ans. Admettons! Depuis, l'espérance de vie a gagné 7 ans. Il est donc logique, puisqu'on travaille environ la moitié de sa vie, que l'on cotise 3,5 années supplémentaires (avec donc 3,5 ans de plus à la retraite). Mais c'est compter sans le papy-boom. Donc la retraite à 64 ou 65 ans, c'est hélas un minimum.

  • M1945416 le mercredi 16 jan 2013 à 12:11

    a quand l'égalité privé public??? ou au moins que les cotisations du privé servent le privé, le public a qu'a gérer ses propres cotisations et se débrouille avec...d'accord aussi avec rieonard, moi aussi j'aurai plus si j'avais pu gérer mes cotisations