Retour progressif de la titrisation en Europe

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Décriée, la titrisation permet pourtant aux banques d'octroyer plus de crédits à leurs clients.
Décriée, la titrisation permet pourtant aux banques d'octroyer plus de crédits à leurs clients.

Dans les esprits, « titrisation » reste synonyme de « crise financière ». Et pourtant, la Commission européenne vient d'alléger les règles applicables aux assurances et aux banques pour que ces dernières aient davantage recours à cette technique permettant de booster le crédit.

Mesure de relance ou retour progressif de la finance folle ? La Commission européenne a décidé vendredi d'assouplir la réglementation bancaire européenne sur la titrisation des crédits. Ainsi, certains types d'actifs titrisés seront désormais considérés comme suffisamment fiables pour entrer dans le calcul des ratios de liquidité des banques. Cette mesure s'inscrit dans la logique inverse des règles de Bâle III et des directives européennes CRD qui ont redéfini le marché bancaire suite à la crise financière de 2008.

Une titrisation saine

Pour rappel, la titrisation consiste, pour une banque, à octroyer un crédit de manière traditionnelle à des particuliers, des entreprises ou des institutions, puis à transformer la somme prêtée en titres négociables sur les marchés financiers. Ainsi, la banque à l'origine du crédit n'a plus à supporter ce crédit dans son bilan comptable et transfère le risque de défaut aux acteurs du marché financier.

Pas de panique pour autant ! Les actifs titrisés en question sont loin d'avoir le profil de risque des subprimes qui avaient déclenché la dernière crise financière. Les banques européennes n'avaient déjà pas ou peu participé à l'élaboration de crédits à haut risque avant la crise, et le but n'est pas de retomber dans les travers d'une époque trop laxiste en matière de réglementation. Les crédits concernés ici sont ceux de la tranche la plus « sûre » et dont le risque de défaut est très faible.

Objectif : relancer le crédit

Cette mesure s'inscrit dans le cadre de la relance économique voulue par les institutions européennes depuis quelques mois. En permettant à certains crédits d'être titrisés, et donc sortis du bilan des banques, les établissements financiers sont incités à octroyer plus de crédits à leurs clients. L'objectif est simple : financer davantage l'économie réelle qui peine à retrouver son dynamisme d'antan.

Cet assouplissement réglementaire vient donc compléter les efforts réalisés par la BCE, dont le but est déjà d'inciter les banques à ouvrir leurs lignes de crédit auprès des entreprises grâce aux taux de refinancement très faibles et aux fameux « TLTRO ».

Xavier Bargue

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  • fquiroga le lundi 13 oct 2014 à 18:16

    Ils n'auraient donc rien compris.....

  • gacher le lundi 13 oct 2014 à 17:41

    les banques ont largement de quoi accorder des crédits. le probléme c'est que personne de solvable ne demande de crédit. si on remet en route la titisation avec des arguments bidons, c'est que l'on veut accorder des crédits à des personnes qui ne peuvent rembourser. La titrisation permet de refiler la patate chaude dans un package entouré de bons sentiments et de produits valable que l'on mettra en évidence, enoubliant les patates chaudes au milieu

  • pierry5 le lundi 13 oct 2014 à 17:41

    Si je comprends bien, on va remplacer le système de Bad Bank par un système de particuliers, entreprises.....défaillants. Les principes de subprimes de 2008 n'ont rien à envier à ce système.

  • angel001 le lundi 13 oct 2014 à 17:40

    bis repetita

  • retornaz le lundi 13 oct 2014 à 17:38

    Si les banques jouent le jeu, why not mais il faut qu'elles réinjectent les fonds dans des prêts et non les utiliser pour se créer des fonds propres, ou pire, s'en servir pour les placer dans des actifs (à risque) existants.

  • c.debarg le lundi 13 oct 2014 à 17:38

    ah ! les banques !