Retour en grâce du FESF auprès des investisseurs

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par Natalie Harrison

LONDRES, 21 mars (IFR) - Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a bouclé mercredi avec succès sa troisième émission de la semaine, un emprunt de quatre milliards d'euros à cinq ans qui s'est assuré un franc succès et montre que le vent a tourné favorablement pour le fonds de sauvetage européen.

Le FESF a émis lundi 1,5 milliard d'euros à 20 ans et un peu moins de deux milliards d'euros à six mois le lendemain. La demande pour les deux émissions syndiquées, perçues comme un test de l'intérêt des investisseurs, a atteint 17,6 milliards d'euros, tandis que la demande pour la troisième émission a représenté 12,8 milliards d'euros.

Les émissions à cinq et 20 ans ont été sursouscrites à peu près trois fois. Le spread de la troisième émission s'est resserré à 38 points de base alors qu'il était à titre indicatif d'une quarantaine de pdb.

Le produit de cet emprunt est destiné à la Grèce et à l'Irlande.

"Ce qui est important pour les investisseurs, c'est qu'on a pu mettre sur pied un programme de financement clair pour la Grèce", a répondu Christophe Frankel, directeur financier du FESF, lorsqu'on lui a demandé pourquoi les investisseurs étaient devenus plus compréhensifs envers le FESF en tant qu'émetteur.

Il a ajouté que les 96 milliards d'euros que le fonds devra lever pour la Grèce durant les trois prochaines années sont moins indigestes que les marchés ne le craignaient.

"Lever autour de 32 milliards d'euros par an est tout à fait réalisable; le MES (Mécanisme européen de stabilité) pourrait prendre le relais en cours de route; nous en saurons plus d'ici la fin de la semaine prochaine", a expliqué Christophe Frankel.

Le FESF pâtit des incertitudes quant à son statut et à sa capacité à soulager d'autres pays en difficulté de la zone euro à l'avenir.

LE FESF A FAIT DU BON BOULOT

"La taille du livre (d'ordres) est très impressionnante; l'émetteur aurait même pu émettre beaucoup plus mais il est limité à quatre milliards d'euros", constate pour sa part Clemens Popp (UniCredit). "Cela montre tout simplement comment l'humeur a changé vis-à-vis d'émetteurs européens comme le FESF depuis la fin de l'année dernière. Cela montre aussi qu'il y a eu un effet de report sur le cinq ans à partir des LTRO de la BCE".

L'emprunt de trois milliards d'euros à trois ans du FESF émis en janvier avait suscité une demande de 4,5 milliards d'euros dans des conditions de marché difficiles, avec un rendement italien à 10 ans de plus de 7% et son homologue espagnol prenant 20 points de base à 5,6%. Aujourd'hui, le rendement italien est à moins de 5% et l'espagnol autour de 5,24%, selon Tradeweb.

En novembre, le FESF avait tout juste pu couvrir un emprunt de trois milliards d'euros à 10 ans, en dépit d'un spread bien plus élevé que ceux des émissions précédentes.

"Il y a à l'évidence de grandes incertitudes entourant le FESF", observe Clemens Popp. "La question la plus fréquente porte sur son remplacement par le MES. Toutefois, le FESF s'est répandu en explications sur ses intentions et cette émission montre qu'il s'y est très bien pris parce qu'après une période difficile l'an dernier, les investisseurs se sont laissé convaincre".

Selon Christophe Frankel, il reste au FESF à lever une quarantaine de milliards d'euros cette année. "Cela veut dire qu'il faudra venir sur le marché obligataire de façon beaucoup plus régulière", note-t-il. "Avril est un mois difficile en raison des vacances de Pâques mais s'il y a une bonne opportunité de marché et nous en profiterons".

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Danielle Rouquié

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