Retardée, la rigueur serait pire selon Didier Migaud

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Retardée, la rigueur serait pire selon Didier Migaud
Retardée, la rigueur serait pire selon Didier Migaud

PARIS (Reuters) - Le redressement des comptes publics français nécessite des mesures immédiates, faute de quoi la rigueur serait non seulement pire mais imposée de l'extérieur par les marchés financiers et les partenaires européens de la France, a dit mardi le président de la Cour des comptes, Didier Migaud.

Dans un audit publié lundi, la Cour estime nécessaire de trouver six à dix milliards d'euros de plus en 2012 et 33 milliards en 2013, sans compter le coût de contentieux fiscaux européens qui pourrait s'élever à cinq milliards d'euros.

"Il y a danger si la France ne respecte pas ces objectifs, il y a danger, si un traitement n'est pas appliqué dès aujourd'hui, à devoir avoir un traitement beaucoup plus douloureux, beaucoup plus lourd demain et surtout de se le voir imposer par les créanciers et les partenaires européens", a dit Didier Migaud sur Europe 1.

Le président de la Cour des comptes a souligné que le dernier gouvernement de droite avait laissé un à deux milliards d'euros de dépassements de crédits mais que c'était du même ordre de grandeur que les années précédentes. Il manque cependant par ailleurs des recettes en raison de calculs trop optimistes, relève-t-il aussi.

Didier Migaud explique qu'il faudra, si on partage les 33 milliards à trouver en 2013 à parité entre impôts nouveaux et économies, lever 16,5 milliards d'impôts nouveaux, ce qui suppose d'aller au-delà d'un travail de réduction des exemptions fiscales.

"Il y a un travail à faire en priorité sur les niches fiscales et sociales. Est-ce que la marge est à hauteur des 16,5 milliards ? Nous n'en sommes pas convaincus, c'est pour cela que nous disons, peut-être faudra-t-il à un moment donné recourir à des impôts à assiette large", a-t-il dit.

Le gouvernement de gauche refuse pour l'instant toute hausse de la TVA, un impôt à la consommation. Une solution pour le gouvernement pourrait être de relever la CSG, ou cotisation sociale généralisée, un impôt prélevé en pourcentage sur tous les revenus au bénéfice de la Sécurité sociale.

Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

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  • M1178616 le mardi 3 juil 2012 à 12:06

    Et si les gens de droite décidaient de manifester dans la rue comme ces socialos ne se sont pas privés de le faire....

  • jean-p86 le mardi 3 juil 2012 à 11:11

    Si la cour des comptes ne servait à rien, il faudrait dissoudre cette "niche" (plaisanterie: son rapport était si attendu que rien n'a encore été fait)On se moque de nous.