Résultats mitigés des groupes européens au 4e trimestre

le
1
LES RÉSULTATS DU 4E TRIMESTRE EN EUROPE N'ENTHOUSIASMENT PAS LE MARCHÉ
LES RÉSULTATS DU 4E TRIMESTRE EN EUROPE N'ENTHOUSIASMENT PAS LE MARCHÉ

par Joseph Sotinel

PARIS (Reuters) - Les groupes européens ont publié des résultats mitigés au quatrième trimestre, et leurs dirigeants ont fait preuve d'une grande prudence sur leurs prévisions pour 2016, dans un contexte économique perturbé par de nombreux facteurs, comme la faiblesse de l'économie en Chine ou la surproduction de pétrole.

Les entreprises cotées sur l'indice européen du STOXX 600 sont presque aussi nombreuses à avoir surpassé les attentes des analystes pour leur quatrième trimestre qu'à ne pas les avoir atteintes (46,4% des entreprises ayant déjà fait part de leurs résultats ont surpassé le consensus sur leur chiffre d'affaires, 56,5% d'entre elles ont surpassé les attentes sur leurs résultats, selon une étude Thomson Reuters datée du 10 mars).

De leur côté, les sociétés du CAC 40 ont, contre toute attente, dégagé en 2015 des bénéfices nets part du groupe en baisse de 12,8% par rapport à 2014 malgré un chiffre d'affaires total en hausse de 1,6%, selon des données compilées par Reuters.

Alors que l'Europe ne procure par énormément de croissance, les divergences entre différents secteurs, et différentes entreprises, deviennent flagrantes, commente Louise Kernohan, Senior Investment manager chez Aberdeen.

"Les entreprises qui ont trop investi doivent maintenant passer à la banque, ou couper leur dividende, et ce n'est jamais une bonne nouvelle", explique-t-elle.

Au niveau sectoriel, les chiffres d'affaires des groupes pharmaceutiques, par exemple, ont surpassé les attentes dans seulement 29% des cas, alors que les valeurs technologiques ont fait mieux que le consensus dans 67% des cas.

DES PERSPECTIVES 2016 TRÈS PRUDENTES

"Les résultats ont également déçu du côté des pétrolières et des matières premières, mais les valeurs de ces deux secteurs ont paradoxalement très bien résisté sur le plan boursier", note Dylan Baron, gérant actions chez Quilvest AM.

Selon lui, ce décalage s'explique par l'attente de bonnes nouvelles à moyen terme sur ces secteurs.

Si l'excès d'offre de pétrole et la surproduction de matières premières en Chine pourrait se stabiliser à moyen terme, les perspectives restent ternes en Europe.

"Pour retrouver un peu d'optimisme, les entreprises et les analystes auront besoin d'être rassurés sur la vigueur de la croissance américaine et chinoise. Ils voudraient voir également des réformes structurelles s'opérer en Europe et une remontée très graduelle des taux d'intérêt aux Etats-Unis", énumère Dylan Baron.

"Une des variables qui manque est clairement l'investissement", ajoute Malik Haddouk, Directeur de la Gestion Diversifiée chez CPR Asset Management. "Quand les grands groupes recommenceront à investir, cela rassurera tout le monde".

(Avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • guerber3 il y a 9 mois

    La bourse ne tient pas compte de l' économie, elle reçoit son P.Q. et cela lui suffit...!!!