Résidences secondaires : le prix du rêve près de Paris

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Si la crise avait fait fuir les acquéreurs et chuter les prix de 15 à 20%, l'activité repart mais sans pression sur les prix pour le moment. Des idées pour prendre le vert en fonction de votre budget.

Une haute façade de pierre coiffée d'un toit d'ardoise, des fenêtres à petits carreaux et volets blancs, une pergola envahie par la glycine... il n'en fallait pas plus à Sylvie et Marc, un couple d'enseignants parisiens, pour «craquer». Une acquisition qu'ils ont réalisée il y a trois ans et qu'ils ne regrettent pas. Même s'ils ont dû retrousser leurs manches pour réparer les outrages du temps infligés à cette demeure.

«Ici, on est à 70 km de Paris, dans la vallée de l'Automne, une région de l'Oise que nous avons découverte par hasard à l'occasion d'un week-end chez des amis», se remémore Sylvie. Depuis, qu'il vente ou qu'il pleuve, ils y viennent. «C'est vital pour nous de nous ressourcer après le stress d'une semaine de travail.» Une motivation que l'on retrouve chez tous ceux qui caressent le rêve d'un petit havre de paix à la campagne. Et dans un rayon de 100 à 200 kilomètres autour de Paris, hameaux, villages et bourgades offrent un patrimoine bâti très riche et souvent très abordable. D'autant que les prix se sont, au mieux, stabilisés à 10 ou 15% de moins que leur niveau d'avant la crise. C'est le cas de la Normandie.

«Depuis un an, ce segment de marché redémarre, indique Isabelle Lemaistre, de l'agence du même nom, de la parcelle de terrain jusqu'à la belle demeure, la demande est de retour mais les budgets dépassent rarement les 350.000 ¤.» Un budget un peu étroit pour Honfleur, sauf à dénicher une petite maison de ville comme celle qui vient de se vendre il y a quelques jours. Sur quatre niveaux, elle disposait de 110 m2 habitables et d'un jardin de 100 m2, le tout vendu en trois jours 275.000¤. Une autre n'a guère mis plus de temps à trouver preneur. En plein centre-ville (130 m2) avec garage, jardin de curé sans vis-à-vis, elle s'est négociée 490.000 ¤. La périphérie est plus porteuse. À Gonneville-sur-Honfleur, chemin des Monts, un secteur très recherché, une longère de 130 m2 avec jardin de 1500 m2, à l'intérieur très design, cherche propriétaire pour 400.000¤.

«Le marché se tient bien pour les biens en bord de mer, mais les délais de vente se sont allongés. Il n'y a plus de coup de c½ur mais des achats raisonnés. Les acquéreurs visitent beaucoup, discutent les prix, ce qui est plus facile aujourd'hui qu'il y a deux ans car nous avons plus de biens sur le marché », remarque Gérard Saint-Albin de l'agence Pierre Flore. Sur le haut de gamme, « la clientèle est de retour, surtout pour des biens ne dépassant pas 1 à 1,5 M¤ mais l'offre manque », confirme Luc Seffray de l'agence Emile Garcin de Deauville. Le centre-ville est de plus en plus recherché. À Deauville, près du cinéma Morny, une belle anglo-normande de 180 m2 est à vendre 1,040 M¤. À Tourgeville, une chaumière typiquement normande de 200 m2 et 1 000 m2 de terrain vient de se négocier 1 M¤. On peut cependant trouver moins cher, comme cette atypique maison située aux Roches Noires avec vue sur mer, proposée 650.000¤. Plus au nord, Étretat voit aussi son marché se réveiller. «On y voit de nouveau des budgets à plus de 300.000¤», note François Valin de Century 21.

Des secteurs prisés

Plus près de Paris, Pacy-sur-Eure, Vernon, Gisors restent des secteurs prisés, même si, aujourd'hui, les acquéreurs viennent davantage y chercher la résidence principale que la résidence secondaire. Compter autour de 250 000 ¤ pour une maison sans prétention. Plus au sud, « le Perche offre un bâti de qualité entre 200 000 et 350 000 ¤ », précise Sandra Nourry d'Orpi Immo 3000 qui officie à Bellême et Rémalard. Mais le ticket d'entrée peut être moins onéreux. Une fermette percheronne de 90 m2 plus combles aménagés vient de partir à 160 000 ¤.

Au sud de Paris, d'Orléans à Tours en passant par Blois, la vallée de la Loire figure aussi au rang des destinations très prisées, tout comme la Sologne, en particulier l'axe de l'A71 (La Ferté-Saint-Aubin, Lamotte-Beuvron, Salbris...). «Depuis 2010, la clientèle est de retour mais n'achète qu'à prix raisonnable », indique Guillaume Chassaigne de l'agence Mercure. En périphérie d'Orléans, une longère à colombages de 240 m2 avec 1,4 ha de terre est actuellement à vendre 395.000¤. À Lamotte-Beuvron, une autre sur 6 ha et 450 m2 habitables, s'affiche 540.000¤. Toujours au sud, mais proches de Paris, des secteurs comme Étampes, Milly-la-Forêt ou Fontainebleau ont aussi leurs adeptes. « Du temps de mon père, notre activité était à 50-80% en résidence secondaire, se souvient Olivier Chaigneau de l'agence éponyme, aujourd'hui, elle ne représente plus que 10 à 15%.»

Malgré tout, les acquéreurs font un timide retour dans des budgets compris entre 300.000 à 400.000 ¤ pour 130 m2 et un bout de jardin. À Morêt-sur-Loing, la résidence secondaire n'est pas non plus le c½ur de cible. Pour autant, on y trouve des biens de qualité. Une rare longère de caractère (120 m2 et 1 100 m2 de jardin) y est à vendre à 445.000¤.

Dans le département voisin de l'Yonne, les valeurs chutent sensiblement. «Autour de 250.000¤, on trouve des propriétés de moyenne gamme avec plusieurs hectares de terrain», vante Sabine Mannevy, de l'agence du même nom. À Bléneau (40 km de Montargis), une longère avec 2000 m2 de terrain s'est même vendue 113.500¤.

Plus à l'est, des secters de la Marne comme Montmirail sont à explorer. «On a enregistré jusqu'à 30% de baisse après la crise», confirme Stéphane Paquet de Century 21. Une longère briarde de 60 m2, mais avec du potentiel (130 m2) et tout à refaire, s'est négociée 99.000 ¤. Une autre de 80 m2 avec 77 m2 de grenier aménageable et trois boxes à chevaux vient de partir à 149.000 ¤.

Dans l'Oise, Chantilly et Senlis demeurent des valeurs sûres. «Ici, les acquéreurs veulent des propriétés à moins d'une heure de Paris», confirme Philippe Cassou de l'agence Marc Foujols. À Chantilly, en lisière de forêt, une propriété de 400 m2 avec dépendances et maison annexe sur 2000 m2 de terrain clos s'est négociée 990.000 ¤. Mais, «entre Senlis et la forêt d'Halatte, je viens de vendre une maison de 150 m2 et 1000 m2 de terrain à 490.000¤», note le patron de l'agence Signature Immobilier. «Dans le Beauvaisis, le marché fonctionne surtout en dessous de 200.000 ¤ », avoue Hervé Aubry du Cabinet Fontaine. Des prix auxquels on accède plus facilement du côté de Crèvec½ur-le-Grand où un corps de ferme en brique et ardoise (100 m2 habitables plus dépendances sur un terrain de 2300 m2) s'affiche à 152.000 ¤.

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