Rescapée de Chevaline, la fille de 7 ans est sortie du coma

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SORTIE DU COMA POUR LA FILLETTE DE 7 ANS RESCAPÉE DE LA TUERIE DE CHEVALINE
SORTIE DU COMA POUR LA FILLETTE DE 7 ANS RESCAPÉE DE LA TUERIE DE CHEVALINE

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - La fillette de sept ans grièvement blessée lors de la tuerie de Chevaline, en Haute-Savoie, est sortie du coma artificiel dans lequel elle était maintenue au CHU de Grenoble et sera entendue par les enquêteurs dès que son état le permettra, a déclaré dimanche à Reuters le procureur de la République d'Annecy.

La soeur cadette de Zainab al Hilli, Zeena, quatre ans, qui a échappé au drame en se cachant sous les jambes de sa mère, a regagné le Royaume-Uni dimanche, a précisé par ailleurs Eric Maillaud.

Les enquêteurs français et britanniques poursuivaient leurs investigations dimanche, en France et en Grande-Bretagne, avec pour pistes de travail, "sérieuses, intéressantes", la thèse d'un différend familial, une crime lié à la profession du père des fillettes "ou éventuellement ses origines irakiennes", a-t-il ajouté.

Zainab, qui a été blessée par balle à l'épaule et souffre de graves fractures au crâne après avoir été violemment frappée, a été opérée à deux reprises au CHU de Grenoble où elle a été héliportée mercredi dernier, jour des faits.

Elle doit sa survie au cycliste, ancien membre de la Royal Air Force, qui l'a découverte peu avant 16h00 sur un parking isolé des hauteurs d'Annecy, à côté du break BMW où son père, Saad al Hilli, 50 ans, sa mère Iqbal, 47 ans et une femme de 77 ans dont on ignore pour l'heure le lien avec la famille, ont été retrouvés abattus de deux balles dans la tête.

LA SOEUR AÎNÉE SOUS SÉDATIFS

Le corps d'un cycliste de passage, originaire de la région et âgé de 45 ans, sans doute au mauvais endroit au mauvais moment, a également été retrouvé près de la voiture.

Le témoignage de la fillette, si tant est qu'elle se souvienne des faits, est jugé capital par les enquêteurs.

"Elle est sortie du coma artificiel. Elle est sédatée. Elle va mieux, son état continue à s'améliorer petit à petit", a dit le procureur. "Elle pourra être entendue, mais dans quel délai ?", s'est-il interrogé, précisant que les enquêteurs attendaient le feu vert des médecins.

Prostrée sous les jupes de sa mère, à l'arrière du véhicule, Zeena, sa soeur, n'avait été remarquée par les enquêteurs que huit heures après les faits. Entendue par les enquêteurs, elle n'a livré aucune information déterminante.

Rejointe par un oncle et une tante à Grenoble, où elle était hospitalisée également, mais dans un autre établissement que le CHU, la fillette de quatre ans a été rapatriée dimanche par avion. Elle a été prise en charge à son arrivée par des policiers et des représentants des services sociaux, a dit Eric Maillaud, qui ignore son lieu de résidence.

L'oncle et la tante, qui ont rencontré les juges d'instruction, sont restés au chevet de sa soeur aînée à Grenoble.

Une information judiciaire pour "assassinats et tentative d'assassinats" a été ouverte vendredi.

LE FRÈRE ENTENDU PAR LES ENQUÊTEURS

Les perquisitions se poursuivaient dimanche au domicile de la famille al Hilli, dans la banlieue cossue de Claygate, au sud de Londres.

Saad al Hilli était ingénieur à Surrey Satellite Technology (SSTL), une entreprise de satellites basée dans le Surrey, près de sa résidence. Selon la presse britannique, il travaillait sur un contrat secret en relation avec l'industrie de défense britannique.

La police britannique s'est refusée à tout commentaire sur ces informations, ainsi que sur le passé de Saad al Hilli, qui était, selon certains médias, connus des services de sécurité et sous surveillance.

"Je n'ai pas d'information particulière sur le secteur dans lequel il travaillait", a dit Eric Maillaud. "Les perquisitions ne sont pas terminées".

S'agissant d'un différend financier lié à un héritage avec son frère Zaid, qui s'était présenté spontanément jeudi aux policiers britanniques, le procureur rappelle que l'intéressé le nie catégoriquement.

"Le frère a indiqué qu'il s'entendait bien et qu'il n'avait pas de conflit", a-t-il dit.

Zaid al Hilli a été entendu samedi en qualité de témoin par les enquêteurs en Grande-Bretagne et son audition se poursuivait. "On a besoin de l'entendre très longuement", a indiqué le procureur.

En France, les gendarmes ont entrepris dimanche matin un nouveau "ratissage", plus large, du périmètre du crime, un parking isolé de la route forestière de La Combe d'Ire, sur la commune de Chevaline.

"On essaie de voir comment ceux ou celles qui ont commis les faits ont pu arriver et repartir", a dit Eric Maillaud.

Le cycliste qui a découvert les corps a dit avoir vu une 4X4 verte ou de couleur sombre croiser sa route, ainsi qu'une moto.

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