Reprise sous tension des négociations sur la R&D de Sanofi

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REPRISE SOUS TENSION DES NÉGOCIATIONS SUR LA R&D DE SANOFI
REPRISE SOUS TENSION DES NÉGOCIATIONS SUR LA R&D DE SANOFI

par Noëlle Mennella

PARIS (Reuters) - Sanofi présentera mardi prochain un nouveau plan de restructuration que les syndicats promettent déjà de combattre, car si le groupe pharmaceutique accepte de réduire d'une vingtaine le nombre des suppressions nettes de postes, il ne prend aucun engagement formel de ne pas licencier.

L'intersyndicale du laboratoire, qui manifestait jeudi à Toulouse, espère mobiliser à nouveau les salariés la semaine prochaine contre cette réorganisation de la Recherche & Développement enclenchée à l'automne 2012 mais retoquée en mars par la justice pour des questions de procédure, et que Sanofi pourrait mettre en oeuvre dès mars 2014.

Selon un document interne dont Reuters s'est procuré une copie, Sanofi prévoit 187 suppressions nettes d'emplois dans sa R&D en France, contre 207 précédemment: 349 postes disparaîtraient et il y aurait 453 transferts géographiques, en grande majorité dans d'autres régions, tandis que 162 postes seraient créés.

Quant à l'avenir du site de Toulouse, qui a cristallisé la grogne des syndicats mais aussi des politiques, il est toujours en question. Le groupe ne s'engage pas à y conserver des activités de recherche pendant au moins cinq ans et propose de n'y maintenir que 360 des 617 salariés, contrairement aux recommandations d'un rapport demandé par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

De plus, Sanofi, selon les syndicats, a finalement renoncé à son projet de créer à Lyon un centre mondial de recherche dédié aux maladies infectieuses, qui regrouperait l'ensemble des chercheurs de ses filiales Pasteur et Merial et ceux du site de Toulouse.

PROTÉGER TOUS LES SITES FRANÇAIS

Interrogé par Reuters, Sanofi a réaffirmé la nécessité de restructurer sa R&D en France d'ici 2015 pour "assurer la pérennité à long terme du groupe et l'activité de ses 26 sites industriels sur le territoire français".

Le groupe, dans un courrier électronique, ajoute qu'il souhaite toujours créer à Lyon un pôle mondial de recherche contre les maladies infectieuses mais qu'il privilégie pour l'heure l'option qui lui permettra une mise en oeuvre la plus rapide possible, "en capitalisant sur les infrastructures existantes à Marcy l'Etoile et Neuville", également dans le département du Rhône.

A la CGT, Thierry Bodin, coordinateur du syndicat, estime que la priorité de Sanofi est de transférer dès 2014 les activités de recherche sur les maladies infectieuses actuellement implantées à Toulouse.

A la CFDT, Stéphane Galiné, délégué central de la branche R&D, estime que "Sanofi veut se débarrasser à terme de sa recherche en France pour avoir une recherche 100% externe que lui permettraient des rachats de produits très avancés à de petites sociétés de biotechnologies".

"La direction nous a dit qu'il y aurait des licenciements au bout du bout car ils savent que certaines personnes refuseront de quitter Toulouse ou Montpellier et qu'il n'y a pas de poste pour eux", a-t-il ajouté.

Aujourd'hui, Sanofi emploie près de 28.000 salariés en France, dont 5.000 dans la R&D. En 2012, le groupe a investi 1,8 milliard d'euros dans cette branche en France, soit près de 40% du total de son budget mondial de R&D.

"Ce budget est stable depuis cinq ans, alors que le chiffre d'affaires en France n'a cessé de décliner. Sur les six dernières années, les ventes sont passées de 3,9 milliards d'euros en 2006 à 2,8 milliards en 2012", précise le groupe.

Edité par Dominique Rodriguez

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