Reprise mi-figue mi-raisin dans les usines automobiles françaises

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REPRISE EN DEMI-TEINTE DE L?ACTIVITÉ DANS LES USINES AUTOMOBILES FRANÇAISES
REPRISE EN DEMI-TEINTE DE L?ACTIVITÉ DANS LES USINES AUTOMOBILES FRANÇAISES

par Gilles Guillaume et Gilbert Reilhac

PARIS/STRASBOURG (Reuters) - Le travail a repris cette semaine dans les principales usines automobiles françaises, qui connaissent en ce début d'année des fortunes contrastées selon qu'elles ont décroché ou non la fabrication de nouveaux modèles.

Les chiffres de production de véhicules en France pour 2013, qui seront connus à la fin du mois, devraient refléter une poursuite de la tendance baissière observée depuis plusieurs années. Sur neufs mois, seuls 1,06 million de véhicules légers -voitures, camionnettes et fourgons- ont été produits, soit 18% de moins que pendant la période correspondante de 2012.

"L'activité en cette rentrée est moyenne, mais une moyenne plutôt vers le bas que vers le haut", commente Dominique Chauvin, représentant syndical CFE-CGC chez Renault. "Ce qu'on entend, c'est que globalement il n'y aura pas de très gros engagements en matière de production dans les usines au premier trimestre."

Si le planning détaillé des sites n'est pas encore connu, les usines Renault de Flins et de Maubeuge tirent leur épingle du jeu grâce à la demande pour la nouvelle Clio 4 et pour le Kangoo et sa version Mercedes, Citan.

La situation est plus contrastée à Sandouville et Douai, où 2014 sera une année charnière: la première va passer de la production de voitures à celle d'utilitaires et se prépare à fabriquer cette année le nouveau fourgon Trafic, et la seconde devrait accueillir d'ici l'automne le nouvel Espace aux côtés de l'actuel Scenic.

SAMEDIS TRAVAILLÉS CHEZ PSA À MULHOUSE

"Les usines qui ont de nouveaux modèles ont toujours produit davantage que celles qui ont des voitures en fin de cycle, mais dans le contexte actuel de morosité des ventes, c'est plus vrai que jamais", commente un expert du secteur.

Chez PSA Peugeot Citroën, Mulhouse et Sochaux ont ainsi débuté l'année avec une activité relativement soutenue grâce à plusieurs nouveautés, tandis qu'à Rennes, où 1.400 postes ont été supprimés dans le cadre du plan social en cours, l'usine tourne toujours au ralenti avec neuf jours de chômage partiel en janvier.

A Mulhouse, tous les samedis de janvier seront au contraire travaillés sur la ligne d'assemblage du 2008, le petit crossover dont le succès a dépassé les attentes. Mais des plages horaires supplémentaires ont été annulées sur l'autre ligne, celle des C4 et des DS4, a-t-on appris de source syndicale.

Au total, la production à Mulhouse ne devrait atteindre que 230.000 unités cette année, puis descendre à 195.000 en 2015 et à 190.000 en 2016, selon les prévisions de la direction. L'année 2017 pourrait inverser à nouveau la tendance avec l'arrivée d'une nouveau modèle.

Mulhouse passera donc cette année en dessous de la barre de 250.000 unités fixée par la direction du groupe pour garantir le maintien de deux lignes de production sur un site. Les conclusions d'une étude sur la possibilité de passer à une production monoflux seront connues en mars.

DES EMBAUCHES CHEZ DAIMLER À HAMBACH

A Sochaux, c'est la 3008 restylée qui tire la production et pourrait justifier la création d'une équipe de nuit partielle. L'usine attend également un nouveau rebond d'activité avec la sortie, au printemps, de la version break de la Peugeot 308.

La production à Poissy est soutenue de son côté par la demande pour la 208 mais aussi par le transfert de l'activité de l'usine d'Aulnay, qui n'assemble plus de voitures depuis l'automne dernier. Sur une de ses deux lignes, Poissy tourne ainsi en ce moment avec trois équipes.

Chez Toyota à Valenciennes, le travail a repris dans une configuration standard de deux équipes avec un niveau d'activité qualifié de "normal".

Chez Daimler à Hambach, le niveau de production de l'usine Smart a permis de commencer l'année avec un effectif stable de 1.500 salariés.

Le site mosellan, qui produit pour le monde entier la version deux-places de la petite voiture du groupe, prévoit même d'embaucher 200 personnes cette année en vue du lancement, au quatrième trimestre, de la troisième génération du véhicule, issu pour la première fois d'une coopération avec Renault.

Edité par Dominique Rodriguez

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