Reprise : « Les poings dans les poches »

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« Les poings dans les poches » de Marco  Bellocchio.
« Les poings dans les poches » de Marco  Bellocchio.

Réalisé en 1965, le film engagé de Marco Bellocchio annonce les événements de 1968.

Italie, 1965. Un an après Prima della rivoluzione, de Bernardo Bertolucci, c’est au tour de Marco Bellocchio de réaliser, à vingt-six ans, Les Poings dans les poches. Les deux titres sont réputés dans l’histoire et la mémoire cinéphiliques pour avoir radicalisé le mouvement moderne du cinéma engagé avec Rossellini et annoncé les événements de 1968. De fait, on trouve la même attaque caractérisée du canon narratif dans les deux films, le même malaise poisseux émanant des personnages, la même volonté de secouer la forteresse bourgeoise chez de jeunes gens qui en sont issus, le même sentiment de suffocation et d’aspiration à un changement d’air politique. Chez Bellocchio, tout passe par le noyau familial et par l’élégance d’un style qui esthétise ses abymes. Et plus précisément par une inspiration en partie autobiographique. Tourné dans la maison de la mère du cinéaste, le film est marqué par la figure d’un fils incontrôlable qui évoque le cas du frère jumeau de Marco Bellocchio, atteint d’une forme de folie qui le rendait violent. Dans Les Poings dans les poches, Bellocchio pousse très loin ces réminiscences intimes. Il fait d’Alessandro, le jeune homme de bonne famille interprété avec l’opacité requise par Lou Castel, un épileptique et simple d’esprit qui réagit à la putridité incestueuse de la famille dont il n’est surtout pas exempt, par la solution du matricide et du fratricide.

Film italien de Marco Bellocchio. Avec Lou Castel, Paola Pitagora, Marino Mase, Liliana Ger...

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