Reprise du procès civil pour Jérôme Kerviel

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NOUVEAU VOLET DANS LE PROCÈS CIVIL DE JÉRÔME KERVIEL
NOUVEAU VOLET DANS LE PROCÈS CIVIL DE JÉRÔME KERVIEL

PARIS (Reuters) - Le procès civil de Jérôme Kerviel reprend mercredi devant la cour d'appel de Versailles, qui devra se prononcer sur la responsabilité de l'ex-trader dans la perte de 4,9 milliards d'euros subie par la Société Générale en 2008.

Ce procès ouvre un nouveau chapitre dans un dossier qui a viré à la bataille de procédures depuis la découverte du trou dans les comptes de la banque, les deux parties tentant de faire valoir des lectures radicalement différentes de l'histoire.

Dernier rebondissement en date: le Conseil des prud'hommes de Paris a condamné la semaine dernière la Société générale à verser plus de 450.000 euros à son ex-courtier, licencié d'après lui "sans cause réelle ni sérieuse".

Par là, les prud'hommes ont offert une première victoire judiciaire à Jérôme Kerviel et à ses avocats, lesquels entendent démontrer que la banque a couvert les prises de risque de son employé avant de le présenter au public comme un coupable idéal.

A l'inverse, la défense de la Société générale affirme qu'il a agi seul, au mépris des règles de la banque, et doit donc en assumer la responsabilité.

Toute la question soumise ces trois prochains jours à la Cour d'appel de Versailles est là: qui est responsable des pertes abyssales et, par voie de conséquence, qui est censé régler la note ?

A l'origine, l'ancien opérateur de marché avait été condamné à cinq ans de prison dont trois fermes et à verser à la Société Générale l'équivalent de l'intégralité des pertes en guise de dommages-intérêts.

La Cour de cassation a confirmé en 2014 le volet pénal de l'affaire - la peine de prison - mais rejeté la somme demandée par la Société Générale, en lui reprochant d'avoir failli dans ses mécanismes de contrôle. D'où le procès de Versailles.

Devenue plus complexe au fil des procédures, cette affaire ne se joue pas seulement devant les juges. Dans les médias aussi.

En janvier, le site Mediapart et le journal 20 Minutes ont publié l'enregistrement clandestin des propos d'une ancienne magistrate du parquet de Paris qui a suivi l'affaire Kerviel et qui met en cause sa hiérarchie et la banque.

Selon des extraits de retranscriptions, Chantal de Leiris affirme que la Société Générale connaissait les agissements de son ex-trader et qu'elle a "manipulé" l'enquête.

Se fondant sur des faits qu'elle présente comme nouveaux, la défense de Jérôme Kerviel réclame auprès de la Cour de révision une reprise du procès à zéro - la justice a décidé en mars dernier de reporter sa décision sur la question.

(Simon Carraud, édité par Yves Clarisse)

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