Reprise des manifestations contre Compaoré à Ouagadougou

le
0

(Actualisé avec détails, déclarations) OUAGADOUGOU, 31 octobre (Reuters) - Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés vendredi dans le centre de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, pour demander la démission du président Blaise Compaoré qui a décidé de se maintenir au pouvoir malgré les violences intervenues la veille. L'armée a annoncé jeudi la dissolution de l'Assemblée nationale et la mise en place d'un gouvernement de transition à la tête du pays pour une durée de 12 mois. Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987, avait auparavant dissous le gouvernement et s'était dit prêt à des discussions sur une période de transition jusqu'à la fin de son mandat prévue en 2015. Le général Honoré Traoré, chef des forces armées, avait annoncé la tenue de négociations avec toutes les formations politiques du pays en vue de constituer un gouvernement intérimaire chargé d'organiser des élections démocratiques dans le délai d'un an. Cette annonce a été qualifiée de coup d'Etat militaire par Bénéwendé Sankara, une des figures de l'opposition. "Le départ de Compaoré est une condition et elle n'est pas négociable. Pendant 27 ans, Compaoré a roulé tout le monde dans la farine. Encore maintenant, il est en train de nous rouler et de tromper le peuple", a-t-il dit sur RFI. "Nous ne le voulons plus. Nous voulons qu'il quitte le pouvoir. Il n'est pas notre président", a déclaré à Reuters un manifestant. Les protestataires se sont rassemblés sur la place de la Nation dans le centre de Ouagadougou et devant le quartier général de l'armée. Les manifestations se sont développées dans la capitale après la tentative du gouvernement de procéder à une modification constitutionnelle qui aurait permis à Blaise Compaoré de briguer un nouveau mandat. Selon la loi fondamentale rédigée en 2000, un chef de l'Etat ne peut pas accomplir plus de deux quinquennats. Au moins trois personnes ont été tuées dans les manifestations de jeudi après que les locaux de l'Assemblée nationale et ceux de la télévision publique ont été saccagés. (Joe Penney; Pierre Sérisier pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant