Reprise des discussions intercoréennes à Panmunjom

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par Ju-min Park et Tony Munroe SEOUL, 23 août (Reuters) - Des conseillers du numéro un nord-coréen Kim Jong-un et du gouvernement sud-coréen ont repris dimanche les discussions entamées la veille dans le village frontalier de Panmunjom pour tenter d'apaiser les tensions dues à des échanges d'artillerie. La rencontre avait débuté samedi peu après l'expiration de l'ultimatum de Pyongyang, qui exigeait l'arrêt des messages de propagande sud-coréens diffusés par haut-parleurs à la frontière. Aucun incident militaire n'a toutefois été signalé le long de la "zone démilitarisée" (DMZ). Les délégués, qui ont échangé des poignées de mains devant les caméras de télévision, ont réfléchi aux moyens à mettre en oeuvre pour dissiper les tensions et améliorer les relations bilatérales, dit la présidence sud-coréenne dans un communiqué. "Les deux parties font l'objet d'intenses pressions pour que quelque chose en sorte", a commenté Jeon Young-sun, professeur à l'Institut pour l'unification de l'université Konkuk de Séoul, soulignant la durée inédite de la rencontre. Le conseiller de la présidente sud-coréenne Park Guen-hye pour les questions de sécurité nationale et son ministre de l'Unification ont rencontré samedi Hwang Pyong So, conseiller militaire de Kim Jong-un, et un haut responsable en charge des affaires inter-coréennes, Kim Yang Gon. "Le Sud et le Nord ont convenu d'avoir des contacts en lien avec la situation actuelle des relations Sud-Nord à 18h00 à Panmunjom", avait annoncé quelques heures plus tôt le conseiller adjoint à la sécurité nationale sud-coréen dans une déclaration à la télévision. KCNA PARLE DE LA "REPUBLIQUE DE COREE" Pyongyang avait adressé une proposition de rencontre vendredi et Séoul y avait répondu samedi par une contre-proposition demandant la présence de Hwang Pyong So, a-t-il ajouté. L'agence de presse nord-coréenne KCNA a annoncé la tenue de la rencontre en nommant le Sud "République de Corée", une reconnaissance rare qui contraste avec le ton belliqueux de ces derniers jours. A l'origine du contentieux, la Corée du Nord reproche au Sud de diffuser de la propagande anti-nord-coréenne à l'aide d'énormes haut-parleurs situés dans la partie méridionale de la DMZ. Séoul explique que ces émissions ont repris en représailles aux blessures de deux soldats sud-coréens par des mines antipersonnel qui auraient été placées dans cette zone par les Nord-Coréens. Ces derniers démentent ces accusations. Les deux soldats ont subi des amputations de jambes. "La situation dans la péninsule coréenne est désormais proche d'une guerre en raison des provocations imprudentes faites par les faucons de la guerre de l'armée sud-coréenne", estimait ces derniers jours l'agence KCNA. L'armée du Nord a ouvert le feu à plusieurs reprises en direction des haut-parleurs pour tenter de les détruire, jeudi, et le Sud a répliqué par une trentaine de tirs d'artillerie. Aucune victime n'a été signalée. Les deux Corées sont toujours théoriquement en état de guerre depuis le conflit de 1950-53, qui s'est achevé par un armistice, mais pas de traité de paix. (Pierre Sérisier, Eric Faye et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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