Reprise des combats en Syrie après l'échec de l'accord USA-Russie

le
0
 (Actualisé avec Kerry et Ayrault au Conseil de sécurité, 
déclaration russe § 4-5 et 15 à 18) 
    par Tom Perry et John Davison 
    BEYROUTH, 21 septembre (Reuters) - Deux jours après la fin 
du cessez-le-feu, les combats font à nouveau rage mercredi 
autour d'Alep et d'Hama, principaux fronts de la guerre civile 
syrienne, où des raids aériens ont fait une douzaine de morts, 
dont quatre membres du personnel médical.  
    L'armée syrienne a annoncé lundi la fin de cette trêve 
négociée par les Etats-Unis et la Russie qui était en vigueur 
depuis le 12 septembre et, dans les heures qui ont suivi, le 
bombardement d'un convoi humanitaire de l'Onu a fait une 
vingtaine de morts près d'Alep, la grande ville du Nord. Les 
Etats-Unis l'ont imputé à l'aviation russe, mais Moscou nie 
toute implication de ses forces.   
    Washington assure toutefois que la trêve "n'est pas morte", 
mais l'initiative russo-américaine, qui sera sans doute le 
dernier effort de paix sous la présidence de Barack Obama, 
semble prendre le même chemin que les précédentes: les 
diplomates s'y accrochent alors que les belligérants la foule au 
pied.    
    S'adressant aux membres du Conseil de sécurité de l'Onu, le 
secrétaire d'Etat John Kerry s'est dit convaincu qu'il reste un 
moyen de "mettre fin au carnage" et a réclamé l'immobilisation 
immédiate de tous les avions.  
    Son homologue français, Jean-Marc Ayrault, qui a déploré 
"l'entêtement" du régime de Bachar al Assad dans "sa fuite en 
avant militaire", a proposé pour sa part un nouveau mécanisme de 
surveillance d'un futur cessez-le-feu pour permettre une 
évaluation commune des violations de la trêve et des obstacles à 
l'accès humanitaire. 
     
    LES FORCES PRO-ASSAD PROGRESSENT DANS LA RÉGION D'ALEP 
    Dans la nuit de mardi à mercredi, les combats les plus 
intenses se sont déroulés dans les zones qui commandent l'accès 
à Alep. Le siège des quartiers Est de la ville tenus par 
l'opposition armée est pratiquement continu depuis juillet.  
    Selon la presse publique et la chaîne de télévision du 
Hezbollah libanais, qui est engagé aux côtés de Damas, l'armée a 
repris une usine d'engrais dans le secteur de Ramoussah, au 
sud-est de la ville. L'Observatoire syrien des droits de l'homme 
(OSDH) confirme et ajoute qu'elle poursuit sa progression dans 
un quartier d'habitation.  
    Des raids aériens ont été menés toute la nuit en prévision 
d'une offensive, "mais les tentatives de percée du régime ont 
échoué", a assuré un rebelle d'Alep interrogé par Reuters via 
internet. 
    De source militaire syrienne, on indique que des insurgés se 
regroupent au sud et à l'ouest d'Alep ainsi qu'à Hama. "Nous 
allons certainement viser tous ces rassemblements et les 
regroupements auxquels ils procèdent", a-t-on ajouté. Sept 
secteurs des alentours d'Alep ont en outre été bombardés par 
l'aviation syrienne, indique l'état-major.  
    L'un de ces raids aériens a coûté la vie à quatre membres du 
personnel médical et à neuf combattants à Khan Touman, localité 
aux mains de l'insurrection située au sud-ouest d'Alep, rapporte 
l'OSDH.  
    Les victimes appartenaient à l'Union des organisations de 
secours et soins médicaux (UOSSM), qui a confirmé la mort de 
quatre de ses employés, et à l'alliance islamiste Djaïch al 
Fatah (Armée de la conquête), constituée autour du groupe Ahrar 
al Cham et de l'ex-Front al Nosra. 
    Les forces syriennes ont par ailleurs lancé une vaste 
offensive dans la province occidentale d'Hama. "Il s'agit d'une 
attaque très intense, préparée par l'aviation russe, mais, grâce 
à Dieu, elle a été repoussée par les frères", a déclaré à 
Reuters Abou al Baraa al Hamaoui, un chef du Djaïch al Fatah. 
    L'armée a, selon lui, subi de lourdes pertes et quatre chars 
ont été détruits. De source proche de l'insurrection, on signale 
qu'une autre offensive gouvernementale a également été repoussée 
dans le secteur d'Handarat, au nord d'Alep.  
     
    LAVROV EXIGE UNE ENQUÊTE  
    Un avion syrien s'est par ailleurs écrasé au cours d'un raid 
contre des positions de l'Etat islamique (EI) près de Damas et 
le pilote a pu être récupéré, selon l'armée. L'agence Amak, voix 
de l'EI, affirme que l'appareil a été abattu par des membres du 
mouvement. 
    Le bombardement du convoi humanitaire a exacerbé les 
tensions déjà très vives entre les Etats-Unis et la Russie.  
    "Nous tenons le gouvernement russe pour responsable des 
frappes aériennes dans cet espace, étant donné que leur 
engagement dans le cadre de (l'accord de) cessation des 
hostilités était de mettre fin (...) aux opérations aériennes là 
où circulait l'aide humanitaire", a déclaré mardi Ben Rhodes, 
conseiller adjoint de la Maison blanche à la sécurité nationale. 
    Selon deux responsables américains interrogés par Reuters, 
deux bombardiers russes Soukhoï Su-24 survolaient le convoi 
humanitaire au moment où il a été touché. 
    Le ministère russe de la Défense a quant à lui affirmé 
mercredi qu'un drone américain Predator se trouvait dans le 
secteur au moment des faits et Sergueï Lavrov, chef de la 
diplomatie, a réclamé une enquête indépendante. 
 
 (avec Andrew Osborn à Moscou et Michelle Nichols et John Irish 
aux Nations unies; Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant