Reprise au Maroc des négociations de paix sur la Libye

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(Avec commentaire de l'émissaire de l'Onu §2) SKHIRAT, Maroc, 5 mars (Reuters) - Les négociations entre les différents groupes qui se disputent le pouvoir en Libye ont repris jeudi à Skhirat, au Maroc, sous les auspices des Nations unies, dans le but de mettre fin aux combats et de former un gouvernement d'union nationale. "On a le sentiment qu'il est possible de parvenir à un accord, et c'est déjà quelque chose de très important parce que ces derniers mois, ce n'était pas le cas", a commenté l'émissaire des Nations unies sur la Libye Bernardino Leon après cette première séance de discussions. Dans cette ville côtière proche de Rabat, la capitale marocaine, les délégués des différents groupes ont rencontré séparément les médiateurs des Nations unies. "Les principaux acteurs sont ici, tous ceux qui ont été invités sont venus, c'est un bon signe", a déclaré le porte-parole de la mission de l'Onu sur la Libye, Samir Ghattas. Deux gouvernements et deux parlements rivaux se disputent le contrôle de la Libye depuis l'été dernier, lorsque les miliciens de l'"Aube libyenne" ont pris le contrôle de Tripoli, la capitale. Le gouvernement du Premier ministre Abdallah al Thinni, seul reconnu par la communauté internationale, et la Chambre des représentants élue en juin dernier ont trouvé refuge dans l'est du pays. A Tripoli, l'"Aube libyenne" a formé son propre gouvernement et rétabli l'ancien parlement, le Congrès général national (CGN). Les délégués venus de Tripoli ont déclaré jeudi à Skhirat que l'un des points les plus délicats des négociations était le rôle de Khalifa Haftar, un ancien général de Mouammar Kadhafi, nommé chef des forces régulières par le gouvernement Thinni. Le général Haftar s'est lancé en mai dernier dans la bataille en jurant de débarrasser la Libye des milices islamistes, dont plusieurs appuient le gouvernement de Tripoli. Juste avant le début des discussions au Maroc, le gouvernement Thinni a annoncé qu'il suspendait pour trois jours ses frappes aériennes. Les avions des deux camps avaient mené ces derniers jours plusieurs raids. La Libye a annoncé mercredi soir l'arrêt de sa production dans onze champs pétroliers en raison des attaques des combattants islamistes, qui ont pris mardi le contrôle des champs de Bahi et de Mabrouk, à 200 km au sud de Syrte. Les deux principaux ports pétroliers du pays, Ras Lanouf et Es Sider, ont aussi été fermés en raison des affrontements. La production actuelle de la Libye est tombée à environ 400.000 barils par jour, contre 1,6 million de barils avant la guerre de 2011 qui a renversé Mouammar Kadhafi. (Aziz El Yaakoubi avec Ahmed Elumami à Tripoli, Ayman Al-Warfalli à Benghazi et Lamine Chikhi à Alger; Guy Kerivel pour le service français)

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