Représailles américaines contre la Russie sur l'Ukraine

le
3
REPRÉSAILLES AMÉRICAINES CONTRE LA RUSSIE SUR L'UKRAINE
REPRÉSAILLES AMÉRICAINES CONTRE LA RUSSIE SUR L'UKRAINE

WASHINGTON/PEREVALNE Ukraine (Reuters) - Les Etats-Unis ont lancé lundi de premières représailles diplomatiques contre la Russie en réaction à l'intervention militaire russe en Ukraine, dans la région autonome de Crimée.

Le Pentagone a annoncé la suspension par les Etats-Unis de toute leur coopération militaire avec la Russie tandis que les services du représentant américain au Commerce ont annoncé le gel de négociations commerciales entre les deux pays.

Barack Obama a accusé la Russie de violer le droit international et la souveraineté de l'Ukraine et il lui a reproché de se placer du "mauvais côté de l'Histoire".

Barack Obama a réuni pendant plus de deux heures ses principaux conseillers en matière de défense et de sécurité nationale pour réfléchir aux moyens par lesquels les Etats-Unis et leurs alliés pourraient "isoler davantage" la Russie, a dit un responsable de la Maison blanche.

Les parlementaires américains, qui réfléchissent eux aussi à des sanctions, souhaitent que les pays européens prennent des mesures similaires afin de garantir l'efficacité de ces initiatives.

Réunis lundi à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne n'ont fixé aucune date butoir et n'ont donné aucune précision sur les mesures de rétorsion qu'ils pourraient être amenés à prendre contre Moscou.

Ils ont cependant mis en garde la Russie contre des "mesures ciblées". Les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Huit se réuniront jeudi à Bruxelles pour un Conseil européen extraordinaire consacré à la crise ukrainienne, où des décisions pourraient être annoncées.

L'examen de la situation en Ukraine a donné lieu à de vives passes d'armes au Conseil de sécurité de l'Onu, où la Russie a affirmé que l'ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch avait adressé une lettre à Vladimir Poutine pour lui demander une intervention de l'armée russe pour rétablir l'ordre dans son pays.

LA BOURSE DE MOSCOU DÉVISSE

Les menaces de rétorsions internationales contre Moscou ont eu leurs premières conséquences sur le plan financier. La Bourse de Moscou a chuté lundi de près de 11% et les sociétés russes ont perdu en valeur près de 60 milliards de dollars. La Banque centrale russe a puisé 12 milliards de dollars dans ses réserves pour soutenir le rouble qui a perdu 2,5%.

A la Bourse de Chicago, spécialisée dans les matières premières, le cours des contrats à terme sur le blé a augmenté de plus de 5% et ceux portant sur le maïs d'environ 4%, la région de la mer Noire étant une importante zone d'exportation de céréales.

Les forces russes basées à Sébastopol, aidées par des unités venues de Russie, ont pris durant le week-end sans tirer un coup de feu le contrôle des points stratégiques de Crimée, République autonome d'Ukraine où les Russes de souche sont majoritaires et qui voit d'un mauvais oeil le pouvoir pro-occidental issu de l'insurrection à Kiev.

Le président ukrainien par intérim, Oleksander Tourtchinov, a affirmé que la présence militaire russe continuait de s'accroître dans la région et a exhorté Moscou à mettre un terme à son "agression".

La Flotte russe de la mer Noire a démenti tout ultimatum adressé aux forces ukrainiennes de cette région pour exiger qu'elles se rendent d'ici mardi matin, rapporte l'agence Interfax.

Des responsables ukrainiens ont affirmé que la Russie massait des forces sur sa rive du détroit de Kertch, qui la sépare de la Crimée. Selon des gardes-frontières ukrainiens, les forces russes ont commencé à débarquer des camions de soldats en Crimée après avoir pris le contrôle du poste-frontière ukrainien.

Des journalistes de Reuters qui se sont rendus par la suite au terminal de ferry en Crimée n'ont décelé aucune activité inhabituelle.

PRISONNIERS DE FAIT

Le représentant de l'Ukraine à l'Onu, Iouri Sergueïev, a déclaré que la Russie avait envoyé environ 16.000 hommes en Crimée depuis le 24 février, en plus des troupes déjà stationnées dans cette région autonome servant de base à la Flotte russe en mer Noire.

A Perevalne, à mi-chemin entre Simferopol, la capitale de la Crimée, et la mer Noire, plusieurs centaines de soldats russes ne portant pas d'insignes et appuyés par des véhicules blindés encerclent deux bases militaires, à l'intérieur desquelles se trouvent prisonniers de fait des soldats ukrainiens ayant refusé de se rendre.

La tension ne se limite toutefois pas à la Crimée puisque des manifestations pro-russes ont éclaté ces derniers jours dans plusieurs villes de l'est russophone de l'Ukraine.

Pour la deuxième fois en trois jours, les pays membres de l'Otan doivent se réunir mardi à la demande de la Pologne, pays voisin de l'Ukraine. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui a rencontré son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier lundi à Genève selon un diplomate russe, aura un entretien mardi à Madrid avec la représentante de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, rapporte l'agence RIA Novosti.

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a dit qu'elle tentait de mettre sur pied un groupe de contact international pour tenter de désamorcer la crise. D'après l'Allemagne, la chancelière Angela Merkel a convaincu Vladimir Poutine d'accepter une telle initiative.

(Lidia Kelly, Alissa de Carbonnel, Mark Felsenthal, Jeff Mason; Bertrand Boucey pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • v.sasoon le mardi 4 mar 2014 à 09:14

    Ukraine: l'ex-ambassadeur américain Jack Matlock critique Obamahttp://fr.ria.ru/presse_russe/20140304/200635421.html

  • brinon1 le mardi 4 mar 2014 à 09:14

    OUI mais AVANT 62 la Crimée n'était pas Uktrainienne... ce n'est pas si loin.

  • M6418959 le mardi 4 mar 2014 à 08:08

    Cela s'appelle une annexion, comme pour l'Autriche en 39/45