Reporter de la chaîne allemande ARD interdit d'entrée en Turquie

le , mis à jour à 21:19
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 (Actualisé avec responsable turc §§ 4, 5) 
    BERLIN, 19 avril (Reuters) - Les autorités à l'aéroport 
d'Istanbul ont refusé mardi à un journaliste allemand arrivant 
du Caire d'entrer sur le territoire turc pour se rendre à la 
frontière syrienne, a rapporté la chaîne de télévision publique 
allemande ARD. 
    Le journaliste Volker Schwenck, qui travaille pour ARD, a 
annoncé sur Twitter son interpellation et diffusé sur ce réseau 
social une photo de la lettre lui signifiant son interdiction 
d'entrée, remise par les autorités turques. 
    "Dernier arrêt Istanbul. Entrée refusée en Turquie. Une 
notification portant mon nom. Je suis journaliste. Un 
problème?", écrit Volker Schwenck sur Twitter. 
    Un responsable turc a confirmé dans la soirée que le 
journaliste allemand avait été interpellé et qu'il serait 
prochainement expulsé de Turquie. 
    Volker Schwenck a délibérément ignoré une mesure qui le 
déclarait persona non grata en Turquie, a ajouté ce responsable 
sans autre précision. 
    Lors d'une conférence de presse à Berlin avec le président 
palestinien Mahmoud Abbas, la chancelière allemande Angela 
Merkel a déclaré qu'elle suivait cette affaire qui était 
"naturellement une source de préoccupation".  
    Le ministère allemand des Affaires étrangères a dit être au 
courant qu'un Allemand s'était vu refuser l'accès à la Turquie. 
Des diplomates sont en contact avec cette personne, ainsi 
qu'avec les autorités turques, a ajouté le ministère à Berlin. 
    Les relations entre l'Allemagne et Ankara sont tendues  
depuis que, ce mois-ci, la Turquie a officiellement demandé à 
Berlin de poursuivre en justice un humoriste allemand qui, à la 
télévision, a tourné en dérision le président turc Recep Tayyip 
Erdogan. 
    Jan Böhmermann a récité sur la chaîne publique ZDF un poème 
laissant entendre que le chef de l'Etat turc brutalisait les 
petites filles, regardait des vidéos pédophiles et se livrait à 
des actes de bestialité. 
    Les médias allemands ont critiqué la décision de la 
chancelière d'autoriser les procureurs à engager des poursuites 
contre Böhmermann, l'accusant de ne pas protéger la liberté 
d'expression. 
 
 (Markus Wacket et Andreas Rinke; Eric Faye et Guy Kerivel pour 
le service français) 
 
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