REPORTAGE-Près de Mossoul, la bataille contre les puits de pétrole en feu

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    par John Davison 
    KAYYARA, Irak, 24 novembre (Reuters) - Le visage noirci, le 
casque recouvert de suie, Hussein Saleh regarde brûler les puits 
de pétrole de Kayyara, sa ville natale dans le nord de l'Irak, à 
60 km au sud de Mossoul.  
    Ils crachent une épaisse fumée qui masque le Soleil.  
    Comme lui, des dizaines d'employés de la North Oil Company 
(NOC), la compagnie pétrolière irakienne du Nord, enfilent leurs 
vestes et bleus de travail, mettent en route leurs lances à eau 
et bulldozers en prévision d'une nouvelle journée à combattre 
les incendies déclenchés dans leur fuite par les djihadistes de 
l'organisation Etat islamique.  
    "Je travaille dans le pétrole depuis trente ans et je n'ai 
jamais vu ça", confie l'employé âgé de 57 ans. "Daech a placé 
des explosifs sur les têtes de puits et les a fait sauter." 
    Les équipes ont pour mission de réduire le brasier, contenir 
l'incendie pour enfin boucher le puits. Il faut plusieurs jours, 
précise Saleh. Depuis octobre, les hommes de la NOC ont rebouché 
sept ou huit puits, mais une douzaine sont encore en feu.  
    "On utilise de l'eau, de la terre, tout ce qu'on peut pour 
contrôler l'incendie. Ce sont de grosses équipes, jusqu'à 150 
hommes sur un seul puits", dit Ahmed Hidayat le chef d'équipe.  
    "On terrasse les alentours au bulldozer pour pouvoir 
approcher et quand on est assez près, on rebouche. On essaie de 
poser une nouvelle tête de puits plutôt que cimenter, car sinon 
il faudrait forer à nouveau." 
     
    LE DANGER DES MINES 
    Le travail est dangereux. Il faut se protéger des flammes et 
fumées toxiques mais se méfier aussi des mines et autres 
explosifs artisanaux disséminés par les islamistes.  
    Pendant que les hommes travaillent autour d'un puits, une 
explosion retentit près d'eux. Des démineurs de l'armée viennent 
de détruire un IED, un engin explosif improvisé. 
    "Un policier a été blessé il y a cinq jours. Il a mis un 
pied en dehors de la route et marché sur une mine. C'est un peu 
effrayant", raconte Hussein Saleh.  
    Mais les employés de la NOC, dont certains n'ont plus 
travaillé depuis deux ans parce qu'ils vivaient dans les zones 
contrôlées par l'Etat islamique, se disent heureux de toucher à 
nouveau un salaire, plus une prime de risque de 50 dollars par 
jour.  
    Pour Saleh, c'est aussi un devoir : "Il faut qu'on travaille 
pour le bien de l'Irak. Daech a détruit le pays, détruit le 
peuple, détruit l'islam." 
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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