REPORTAGE-Premier bilan positif pour le centre pour migrants de Paris

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    * Objectif : éviter la reconstitution de campements sauvages 
    * Pari réussi, selon la mairie et Emmaüs France 
    * 1.253 personnes accueillies au 24 novembre 
    * 700 hommes hébergés, la moitié renvoyés vers des centres 
en province 
 
    par Chine Labbé 
    PARIS, 1er décembre (Reuters) - Pour Osman, cette énorme 
"bulle" gonflable blanche, jaune et grise, posée depuis trois 
semaines dans le nord de Paris, constitue une halte salutaire 
sur le chemin de l'exil.  
    Après une orientation dans ce "sas", ce Soudanais de 19 ans, 
passé par la Libye et l'Italie, sera logé quelques jours dans 
une "halle" de 400 places, où il partagera une cabane en bois 
avec trois autres demandeurs d'asile. Le temps que l'Etat lui 
trouve un hébergement plus pérenne.  
    C'est ici, dans le 18e arrondissement de Paris, qu'a ouvert 
le 10 novembre dernier le centre de premier accueil pour 
migrants voulu par la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo. 
    À quelques encablures des quartiers où se sont succédé ces 
18 derniers mois des campements sauvages, donnant lieu à plus de 
30 évacuations et 22.000 mises à l'abri, selon la mairie. 
    "L'objectif était d'éviter la reconstitution des campements 
de migrants et d'offrir un dispositif de premier accueil", 
explique Bruno Morel, directeur général d'Emmaüs Solidarité, qui 
gère le centre.  
    Un pari réussi, selon le maire du 18e arrondissement.  
    "Il n'existe plus de campements de personnes migrantes à 
Paris", assure Eric Lejoindre. "Il y a encore des hommes seuls 
qui dorment à la rue, mais pas de campements." 
    A deux kilomètres au sud de ce centre, dans le 19e 
arrondissement de Paris, plus de 3.800 migrants campaient encore 
récemment. Les tentes ont désormais disparu.  
    "Le dispositif parisien a amélioré la situation", confirme 
Pierre Henry, directeur général de France terre d'asile. "Mais 
il est trop tôt pour tirer un bilan. C'est une offre qui est 
nécessaire et souhaitable. Est-elle suffisante? Je ne le pense 
pas", ajoute-t-il, mettant en garde contre un possible report 
des campements vers la proche banlieue.  
    Au 24 novembre, 1.253 personnes s'étaient présentées dans la 
"bulle" d'accueil du centre parisien, posée sur le site 
d'anciens entrepôts de la SNCF. Des hommes surtout (1.000), mais 
aussi des femmes (24), des familles (une cinquantaine) et des 
mineurs isolés (160). 
     
    BESOIN D'APAISEMENT 
    Ici, les migrants sont orientés en fonction de leur profil : 
à gauche, les femmes, les familles et les mineurs, envoyés vers 
d'autres structures dans l'attente de l'ouverture d'un second 
centre en janvier à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne); à droite, les 
hommes seuls, qui pourront trouver refuge cinq à dix jours dans 
la "halle". 
    Là, les migrants vont et viennent entre leurs cabanes en 
bois, réparties en huit villages de 50 places. Certains dorment, 
d'autres boivent du thé. Un groupe d'Afghans regarde du football 
américain à la télévision.  
    "Par rapport à tous les parcours difficiles qu'ont eu ces 
personnes, on sent qu'il y a vraiment une réponse à un besoin 
d'apaisement", se réjouit Bruno Morel, qui espère désormais 
pouvoir les aider à "élaborer un projet". 
    C'est dans le village bleu, au rez-de-chaussée - chambre 2, 
lit 3 - qu'Osman déposera son sac à dos noir.  
    Cet ancien chercheur d'or, qui aspire à étudier les langues, 
a demandé l'asile à Marseille. Mais faute de logement sur place, 
il est venu à Paris, à la recherche de ce "centre humanitaire" 
dont l'existence commence à être connue parmi les migrants.  
    "Je suis arrivé dans ce centre après cinq jours passés 
dehors, près d'un pont", raconte-t-il en arabe.  
    Tala, l'une des 500 bénévoles du site, l'accompagne dans la 
halle. Là, l'un des 120 employés d'Emmaüs Solidarité lui donne 
des draps, une serviette, du dentifrice, un shampooing, une 
brosse à dents et quelques autres objets indispensables.  
     
    VOCATION À ESSAIMER 
    Un cadenas lui est également remis pour ranger ses effets 
personnels dans une armoire. Pour le reste, un "magasin", 
approvisionné via des collectes en mairie et le réseau Emmaüs, 
est à sa disposition. 
    Comme Osman, 700 hommes majeurs avaient été hébergés ici à 
la date du 24 novembre. Plus de la moitié (356) avaient été 
réorientés, à 75% vers des Centres d'accueil et d'orientation 
(CAO) en province.  
    Ce matin, un bus a emmené 20 demandeurs d'asile en 
Franche-Comté. A 14H, un nouveau bus doit en emmener 35 autres à 
Bobigny, en Seine-Saint-Denis.  
    "C'est un peu stressant, on se demande ce qu'on va trouver", 
dit Thierno, un Guinéen de 57 ans. "Je n'ai pas d'exigence", 
ajoute-t-il toutefois. "C'est un nouveau départ." 
    Comme à Calais, la plupart de ces individus sont éligibles à 
l'asile. Ils viennent d'Érythrée, de Somalie, du Soudan, et 
surtout d'Afghanistan, pour près de 40%. 
    La mairie de Paris craignait une saturation du dispositif 
durant les premiers jours. "Finalement, ça a été plutôt fluide", 
avec environ 85 arrivées par jour, se félicite Bruno Morel.  
    Certains migrants rencontrés par Reuters racontent s'être vu 
refuser l'accès faute de places, mais ils ont pu revenir le 
lendemain ou le surlendemain, assure Emmaüs Solidarité.  
    Les autorités espèrent que ce centre fera des émules, et que 
d'autres capitales de régions voudront s'en inspirer.  
    "C'est nécessaire que sur l'ensemble des chemins de 
l'immigration on trouve ce type d'équipement", estime Eric 
Lejoindre. "Si dans quelques mois, il n'y a plus de campements 
dans les rues, la fluidité est là, les personnes sont 
accueillies et bien accueillies, je pense qu'on pourra dire que 
ça a fonctionné. Alors ce sera un bon exemple à suivre." 
 
 (édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M1765517 il y a une semaine

    Réussite du dispatching en province quelle magouille !

  • mark92 il y a une semaine

    Je ne donne plus aux sois disantes organisations humanitaires. Les migrants sont logés nourri avec 2 500€ pour retour au pays mais on laisse mourir des SDF dans la rue ?? Pas belle la république socialo

  • bern1616 il y a une semaine

    que des hommes planqués vos femmes!