REPORTAGE-Pour beaucoup de républicains, Trump parle vrai

le
0
    par Steve Holland et Amanda Becker 
    MANSHESTER, New Hampshire/WATERLOO, Iowa, 10 décembre 
(Reuters) - D onald Trump dit les choses "comme elles sont", 
affirme Barb Stensland, évoquant la dernière sortie du favori de 
la course à l'investiture républicaine pour la présidentielle de 
2016 aux Etats-Unis, qui a soulevé un tollé en proposant 
d'interdire provisoirement à tous les musulmans de se rendre aux 
Etats-Unis.  
    "Il nous faut quelqu'un qui dit la vérité. Nous voulons des 
réponses", insiste-t-elle. Cette commerçante de 68 ans, 
interrogée à Grundy County, dans l'Iowa, est loin d'être seule à 
apprécier la proposition que l'homme d'affaires a formulée après 
la fusillade de San Bernardino, commise par un couple 
d'extrémistes islamistes.   
    Selon un sondage Bloomberg Politics/Purple Strategies 
PulsePoll, près des deux tiers des électeurs qui se disent prêts 
à voter républicain lors des primaires sont de cet avis et plus 
d'un tiers ajoutent que les propos de Trump vont les inciter à 
voter pour lui. 
    "J'ai passé une année au Vietnam et je devais me méfier 
constamment des embuscades du Vietcong. Quand je suis rentré aux 
Etats-Unis, en 1969, je n'avais plus à m'en soucier, mais, 
maintenant, il faut se méfier des attentats, des décapitations, 
des bombes, des massacres et j'en passe... Tout cela dans mon 
propre pays. C'est absurde !", s'indigne Dave Copson, un ancien 
combattant de Loudon, dans le New Hampshire. 
     
    "TROP DÉCALÉ" 
    Pour Patricia Tollenger, militante républicaine de Bedford, 
toujours dans le New Hampshire, le double attentat du marathon 
de Boston, commis en 2013 par les frères Tsarnaev, deux 
extrémistes originaires de Tchétchénie, a démontré les failles 
de la législation sur l'immigration.  
    "Comment ont-ils pu passer ? J'en ai assez de ces infiltrés. 
Ce qui rend Trump séduisant à mes yeux, c'est qu'il s'agit d'un 
homme d'action", souligne-t-elle, ajoutant toutefois que son 
choix n'est pas encore arrêté.  
    Beaucoup d'électeurs de l'Iowa et du New Hampshire, qui 
seront les premiers à se prononcer lors des primaires, 
respectivement le 1er et le 9 février, estiment en revanche que 
les propos de Trump l'ont définitivement discrédité.  
    "Trop décalé", juge Peter Weeks, ancien maire républicain de 
Portsmouth (New Hampshire). "C'est contraire à tous ce que les 
Etats-Unis défendent", renchérit Charles Tenney, qui se dit 
partisan du Grand Old Party. "N'importe qui vaut mieux que 
Trump", ajoute Robert Janssen, un agriculteur à la retraite de 
Grundy County.  
    "Ça m'effraye un peu parce qu'il est têtu, mais ce que ne 
nous avons fait jusqu'ici ne marche pas", estime quant à elle 
Renae Hickemeyer", commerçant au même endroit.  
     Avec 27% d'intentions de vote, Donald Trump dispose de 12 
points d'avance sur Marco Rubio, son plus proche rival, selon 
RealClearPolitics.com, qui a fait la moyenne de plusieurs 
sondages récents.      
        
 
 (Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant